gruyeresuisse

04/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVIII)

Cauda.jpgGuère il héros

Matelassier de l'histoire tu manques désormais de ressort, même si tu as fait ce qu'il faut et pris le deuil de la Mer morte. Désormais tu connais ta fin et dois retenir ton souffle, devenir exsangue comme l'immensité et te situer au degré zéro de l'ardeur.

La seule faculté requise est l'inaptitude à toute rhétorique à embellir l'almanach racorni du passé. L'émiettement devient ta gloriole. Il fait retourner le monde aux premières heures de son immobilité. Tout souffre de tout sauf d'un défaut de mémoire.

Cauda 3.jpgSa blessure est écœurante lorsque la pensée ne songe plus qu'à son corps. L'usage d'une seule métaphore serait d'ailleurs ignoble. Le vent passe entre les lignes jadis habitables. Un seul moment cristallin constitue l'histoire du jour. La détresse de l'esprit est superflue tant il fait froid. La conscience dans son givre propose l'énigme déplorable du réel et boude toute étincelle.

 

Cauda 2.jpgEncore un effort, Bordel ! L'être et le néant ont la même pointure. Le songe suit le rythme de tes ombres. Sa flamme chaste ne brille que pour ton cœur impassible qui braille dans la glace. Elle voudrait divulguer les secrets les plus chauds du charbon. Mais les légendes ne lui tiennent plus d'ogives ou de concept de brasero.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Œuvres de Jacques Cauda

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03/06/2019

La folie Keiichi Tanaami

Tana 3.jpg

Keiichi Tanaami – Tears of Dreams, Nieves, Zurich 2019.

L’animation, la sérigraphie, les illustrations de bande dessinée, les collages, les films expérimentaux, les peintures ou encore les sculptures, tout est bon à Keiichi Tanaami. Il  œuvre depuis plus de 50 ans dans le Pop Art pour créer une oeuvre polymorphe afin de faire comprendre la chaos du monde dans une puissance visuelle jubilatoire.

 

Tana 2.jpgCes dernières années, l’artiste de 82 ans s’est attelé à retranscrire des passages de sa vie, créant uniquement à partir de ses propres souvenirs, mais le propos est toujours le même : une critique jouissive du monde à travers ses décors que l'artiste déconstruit avec une intelligence rare.

 

 

Tana.pngOn y apprend à faire la soupe de  Blanches-neiges avec des restes de nains entre humour et diversité noire là où le Pop-Art est mâtiné de surréalisme. Il y a là du Wager et du cabaret des félicités. Cela fuse de tous les côtés et par tous les trous. La vie se concentre en face sociale et politique où l'imaginaire est à son zénith.

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (XXXVII)

pent.pngPentathomme

L'homme est opaque et obscur. C'est une fois vidé qu'il devient blanc et translucide. En cela il n'est pas sans rappeler le pentatome des baies avec ses fossettes et ses barillets ovés. Bref il est du genre punaise sinon des quartiers du moins des fossés. Je peux l'assurer faisant partie de l'espèce. Au commencement nous nous éloignons rarement de nos mères mais dès que l'on commence à marcher tout pousse à nous en éloigner.Pent 2.jpg Toutefois ne nous y trompons pas chacun s'arrête là où sa mère veut qu'il fasse halte. Elle fait bonne garde surtout lorsqu'il s'agit d'un de ses mâles. Et lorsqu'il est unique sa tendresse doit moins rassurer qu'inquiéter. Même s'il s'agit a priori de le protéger des orages. Cela mériterait un examen sévère. Mais l'insensé ne se croit pas capable de la prouesse clairvoyante de s'en séparer. Une telle singularité ne peut inspirer que de la méfiance envers le pentatome qui se nomme homme mais n'est que punaise. A force d'enculer des mouches on se contente de peu.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Dessin de Pierre Zabzucchi pour "Nouveaux portraits d'insectes" de Jean-Henri Fabre, Le Castor Astral, 2019.

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