gruyeresuisse

28/05/2019

Je ne vois que toit (XXX)

Metzer 2.jpgShe mer (Sheila Metzner)

 

 

Elle a peur. Elle est remplie d’angoisse. Elle se tient comme ou contre une statue. Elle désire. Plus tard elle dira pourquoi ai-je photographié la femme sinon pour affronter ce mystère : le regard rend-il visible ce qu’il veut toucher ?

 

 

 

 

Metzer 3.jpgLe sexuel est là mais en impossible miroir. C’est l’appât qui hante. Sans dire qui, quoi. Ni comment. Jamais d’agitation tumultueuse : l’attente, juste l’attention. Sheila apprête ses modèles pour des cérémonies où relever un bras ne signifie pas forcément l’abandon de la jouissance ou la terreur de la pâmoison.

Metzer.jpgL’amour est voué au « suspens ». Comme s’il était inaccessible. C’est le secret de la photographe. Exit le pathos. La sensualité frissonne d’impeccabilité. C’est un carpe diem de la « nostalgia », une danse statique. Avec plus de luxe que de volupté . La femme est en noir. Allongée elle ne peut goûter les prunes de Cythère. Elle reste néanmoins l’élue qui échappe au plus fruste. Sens dire qui, quoi. Ni comment. Elle se tient comme ou contre une statue. Elle sait que l’amour comme l'art fascine sa proie de manière pétrifiante.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Photos de Sheila Metzner.

27/05/2019

Je ne vois que toit (XXIX)

Divoy.jpgNimbes et vie commune

Esto memor. Les nénuphars en haillons blancs somnolaient sur le lac et sous des piles de nuages. Puissance sans doute délicate de leurs amarres dissimulées et grosses de rêve. Le monde était en cercles sombres de parade. Ils pomponnaient le bordel suranné des miasmes pour l'interpréter. Portant leurs barques l'eau était épaisse mélasse. Une soupe où ces yeux de bouillon surnageaient en diadèmes et couronnes.

Les ondes adolescentes les remuaient à peine. Le besoin d'un shoot s'avérait nécessaire devant tant d'étoiles déchues qui flottaient et s'atomisaient en couvre-pots. Sensation d'étain et d'étamine de rien. Il fallut redevenir indigène pour savourer ce plaisir. Les mots repartaient, leur fiction s'en lavait les tiges de ce qu'elle raclait au fond de l'eau. Nous nous faisions Jésus ou vestige en tendant de marcher sur ces plantes aquatiques. Preuve de ne jamais faire confiance aux flash-back : ce sont des parasites qui squattent le temps de leur style brisoti-brisoto.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage de Michèle Divoy.

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Je ne vois que toit (XXVIII)

bar.jpgUn train peut en cacher un autre.

Au dos des dunes ondule Odile divine ondine qui dîne d'un bar à basse calorie. Il y a dans ce  lapin polaise quelque chose de l'amante en glaise et au tessiture en thé citron. Précise comme une horloge on ne peut pas la perdre : elle est toujours dans l'étang. Ce qui fait d'elle une sirène indienne qui reste sur sa réserve. Elle a pourtant l'étoffe d'un chef d'étain. Duraille aux mâles il lui arrive de crier "gare" quoique ne manquant jamais d'entrain. Elle sait qu'il faut que jeunesse se passe. Leurs abus lui semblent tolérables dès qu'ils comprennent - l'ayant reçu sur la tête et s'ils en remettent - qu'un kilo de plomb est sensiblement plus lourd qu'un kilo de sainfoin.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

07:55 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)