gruyeresuisse

15/06/2019

Je ne vois que toit (IL)

Divoy bon non.jpgEdéage avancé - Madame rêve 

 

Cherchant "benoîtement" dit-elle - mais le doute est permis -des information sur le dimorphisme sexuel chez les tipules (ce qui révèle une curiosité il faut le reconnaître des mieux placée) Michèle Divoy est tombé - de "haut", c'est-à-dire des deux étages de sa maison sous l'eau) sur un texte des plus scientifique.

Divoy bon 2.pngDes chercheurs patentés (sinon par le désir) ont découvert "le premier cas de stridulation copulatoire" chez le tipule, insecte mâle qui, n'en doutons pas, et des plus attentifs voire des plus affectifs.

Son pénis sert de vibromasseur chanteur dont les ondes excitent sa partenaire durant la fornication. Cet édeage baryton ou ténor bref qui fait de l'insecte un chanteur d'opéra (entendons dans ce mot sa racine : "ouverture") ne cesse de faire rêver la curieuse plus habituée au menu fretin masculin qui bat "à contre temps" dit-elle des mesures au glissando douteux.

Divoy.jpgEt voilà la reine des cimes enneigées avide d'entendre enfin lors du plus sublime hymen résonner sa voute céleste d'un chant grégorien. Cela devrait entrainer outre Quiévrain comme en deçà comme au bord du lac Léman un regain du chant choral. Et ce dans les plus brefs délais. Mes semblables mes frères effectuons un tel et noble effort :  hourrah pour nos compagnes aux gammes boy insectivores. Il ne s'agit plus de noyer le poisson.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret.

Deux collages de Michèle Divoy.

 

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Je ne vois que toit (XLVIII)

Divoy bonbon,bon.jpgGambergerie

 

Toute réflexion faite je m’étiole. Quand je le dis à Pépette elle feint la surprise. Mais depuis qu'elle m'a retrouvé elle soigne ma décrépitude et ma fin. Comment lui en vouloir ? C'est sa matière de se venger de tout le mal que je lui ai fait. "Allons, allons un peu de nerf" dit-elle en sortant de son sac viennoiseries ou gâteaux secs. Et d'ajouter : "C'est moi qui les ai faits". Elle croit sans doute me rassurer. Mais un goût acide laisse préjuger des substances mortelles qu'elle ajoute en secret.

Divo suite.jpg"Mange, mange" répète-elle-elle. Je m'exécute sans me faire prier tandis que in petto elle récite la sienne en espérant que le glyphosate fasse son effet. L’estomac plein j'ai la bouche pâteuse. Lorsqu'elle reste nous nous enfermons jusqu’au lendemain chacun avec ses rêves. Dehors des chiens crèvent et à l'étage du dessus un jeune couple s'envoie en l'air, tandis que du dedans ses gâteaux me désherbe. En bonne âme et infirmière elle patiente, attendant la trépas de celui qui fut son assassin en herbe.

Divoy suite 2.jpgNous adorions les champs où nous gardions les vaches en réfléchissant à tout et rien et rêvant de l'amour. Par inadvertance nous y avons succombé comme deux enfants ivres. Mon état d’innocence fut donc entravé par une autre nécessité d'autant qu'à ma demande elle me montra si souvent ses affaires que les miennes finirent en feu. Enfin vous voyez ce que je veux dire. Mais sitôt fait elle a pleuré de rage et de dépit. Mon halètement lui fut insupportable. Ce n'était pour moi que le premier chapitre d'un roman sans importance. Je faisais mes gammes mais à l'époque bien chanter m'importait peu. Je souffrais de bronchite avec plein de petits sifflets.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Photos de Michèle Divoy.

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14/06/2019

Je ne vois que toit (XLVII)

Cauda 3.jpgHarpe au max

Affreux, vieux et lacânier, trou duc sans bord, clos sur ce qui n'a pas de fin, pensé pendant la Seconde Guerre Mondiale et né sur un strapontin de cinéma au moment de la guerre froide. Décolonisé dans les années 60 au décorum unidimensionnel, ses géniteurs, vue l'époque, n'eurent nul besoin de financer ses fiançailles. Quand au baptême de sa marmaille elle fut un bas thème avant que de péchés empêtré il aille à confesse vu le retour en masse des aubes spirituelles. Le voici des plus des Sisyphe obscènes roulant des hosties comme des pierres en se tirant au bal comme un pied. A l'indécis nul n'est Delon, ni lui. Qu'importe les ruptures de ligaments du talent. Il soulève à bout de bras des chais de faux rhums des halles et s'habille en soutane puisque depuis quelques décennies le tout aryen est noir.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Peinture de Jacques Cauda

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