gruyeresuisse

20/08/2020

Hans Schärer : grandeur de l'art, faiblesse des croyances

Scharer.jpgHans Schärer, "Les Erotiques", Galerie Anton Meier, Genève, du 28 août au 9 septembre 2020.

Exposées dans leur intégralité en 2014 au Musée d’art d’Aarau et en 2015 au Swiss Institute de New York, les aquarelles érotiques de Hans Schärer présentées à Lausanne ont été réalisées à la même époque que ses fameuses Madones. Elles en sont les reflets inversés et non sans force visionnaire.

Loin des pendus qui ne descendent jamais de leur gibet et restent verticaux, les "érotiques" préfèrent la position couchée. Mais elles ne possèdent rien de gisantes. Contrairement aux "Madones" elles ne semblent que de matière. Mais ne nous y trompons pas : leur âme sert de résistance sinon de l’inexistant du moins à ce qui n'existe pas encore. Mais chaque héroïne rappelle que tout vient à point pour qui sait attendre.

Jean-Paul Gavard-Perret

18/08/2020

"Ouille", la revue qui ne manque pas de piquants

Ouillz 3.jpgVoilà une revue ou plutôt un numéro qui n'aurait pas eu de justification en Suisse. Certes, le pays étant une Confédération, cela aurait pu sembler lui aller comme un gant. Mais ce que cette revue anoyme dénonce, les cantons helvétiques en font l'économie. Il y a là une bonne leçon d'inconduite pour un certain centralisme et ce, dans une liberté de ton qui se moque de classifications idéologiques.

 

Ouille.pngLa revue libère des espaces comme elle se dégage de la poix des signatures et cela est plus qu'une belle satisfaction. Ici ce qui compte ce ne sont plus elles mais ce qui se dit. Et d'une certaine manière cela change tout. Exit postures et impostures. Exit toute croyance aux noms qui restent la cautèle d’un petit chatouillis narcissique ou de starification.

Ouille 2.jpgIl s’agit d’assurer uniquement la puissance des textes eu égard à une solidarité qui se crée d'un texte à l'autre au sein de leur diversité. Les responsables dans leur refus de participer à l’imbécillisation du plus grand nombre ont donc choisi un parti-pris essentiel et rarissime. Il sépare des manipulations rituelles données par la nomination. Se trouve donc une issue aux gorges et plumes de paons. Histoire de rappeler que ce qui vient à l’esprit n'est pas des idées mais des animaux égarés.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ouille, n°1, L'Imprimeur, Condom, juillet/aout 2020.

(2 dessins de Jacques Cauda présent mais caché dans ce numéro)

La revue est notamment disponible dans nombre de commerces de Condom, dans le Gers, dont La Librairie Gourmande, Le 1 pour tous, Le Chat pitre, et Le Sillon, et qu'elle le sera prochainement à Paris à la librairie Anima, 3 rue Ravignan, ainsi qu'aux galeries Yvon Lambert, 14 rue des Filles du Calvaire, et Art's Factory, 27 rue de Charonne.

 

15/08/2020

Erika Zolli la Janus

Zolli 2.jpg

Dans ce projet, l'artiste italienne Erika Janus a créé treize représentations d'elle-même. "Chaque image exprime un concept qui m’est fondamental: des forces et des faiblesses qui, à travers l’art photographique, sont mises à nu pour être observées par un œil qui se rétracte" écrit-elle.

 

Zollo.jpg

 

 

 

 

 

Pour elle, l’autoportrait -  pardoxalement - invite à sortir de soi. Celle qui s'y oblige devient étrangère à elle-même. C'est une manière de s'identifier à une zone d'ombre là où le sensible et l'intellect se mêlent afin de  créer une sorte de point de chute pour baigner dans l'inconscient.

 

 

 

Zolli 3.jpgDans ce but l'artiste Janus a choisi des mises en scènes aux couleurs vives un rien surréalistes. Le géométrisme est de rigueur dans tout un jeu d'oppositions pour souligner ce qu'il en est de l'être et de son double. Au voyeur d'en discerner l'énigme au sein de divers éléments. Origamis, engrenages, verres en cristal, têtes de paon, chacun à leur manière, animent les métamorphoses.

Jean-Paul Gavard-Perret

Erika Zolli, "Metamorphosis of Self"