gruyeresuisse

27/06/2019

Guy Bourdin : les renversantes

Bourdin.jpgAvec Guy Bourdin la femme est - quoique décadrée - présente dans tous ses détails. Elle devient veilleuse des songes dont la recherche photographique est là pour célébrer la sensualité et la beauté entre ombre et lumière d'où elle émerge en féeries inspirées et ironiques.

Bourdin 2.jpgChaque mise en scène devient une « invitation au voyage » baudelairienne. Le photographe crée des pièges moins pour égarer les modèles que le voyeur. La femme est un diamant serti dans un écrin de paysages ou dans un décor sophistiqué, autel érigé par l’artiste afin de célébrer sa beauté.

Bourdin 3.jpgL’harmonie érotisante est incluse dans le faisceau des forces contraires de montré et du caché. Elles fusent et infusent en une acuité sensorielle accrue, une montée de température, l’assouplissement des articulations et l’apparition des égéries qui s’abandonnent, conquises et délivrées de leur rôle dont elles jouent néanmoins. Et Guy Bourdin idem.

Jean-Paul Gavard-Perret

Guy Bourdin : L’Image dans l’Image, Campreron centre d’art; L’Isle-sur-la-Sorgue – France. Du 6 juillet au 6 octobre 2019

21/06/2019

Je ne vois que toit (LVI) Suite et fin.

Bauthiias.jpg"Tu me laisse finir comme ça ?" (Beckett)

En brave porcelet, il aura écrit pour se soustraire au monde dans une solitude vaste mais seulement après de longues années pour accomplir ses devoirs (plus ou moins mal) car il faut beaucoup de temps pour que le monde intestinal fasse moins de bruit dans sa chute.

Finalement l’absence se conjugue en gazouillis d'oiseau. Chaque ligne (telégraphiée) qu'il a laissé n’est que l'amorce d'une extension. Certes elle ne possède pas la longueur de celles qui traversaient l'océan avant que les satellites servent de sacerdoces aux squelettes des sereins gars que nous sommes.

Bauthies 2.jpgL'espace est en question sous une lune en négatif ou en germination rousse. Quel nom lui donner ? Le nom qui manque et qui remplit tout la boîte cranienne de son vide. L’écriture y disparaît peu à peu en soupirant sans se synthétiser dans une seule phrase. Ses repères grammaticaux ne pourrait espérer fabriquer une perspective linguale au temps qui passe.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Oeuvres de Marie Bauthias : Par(v)oi(e)s de distraction(s), Editions Dumerchez, 2019.

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20/06/2019

Je ne vois que toit (LV)

Divoy.jpgL'"a" quand ? là où ?

 

Il faut chercher le petit "a" de l'amour dans le corps de la femme. Il cause le désir. Néanmoins sa propriétaire attend de l'homme des mots pour le dire.  De l'aleph jusqu'à z. Mais depuis que le malaise dans la civilisation (le père n'existant plus et la castration s'évanouissant) a changé d'objet, bricoler l'âme-son ne suffit plus à faire discourir le pécheur en eau trouble ou limpide. L'objet prend le pas sur l'essentiel. Ce n'est plus le symbolique qui est important, mais le bijou, la perle du culte. Ravie sans appâts rances elle captive. Captive d'histoires d'O elle ravit. Poisson (rose) s'envole. Puis s'endort dans le lit de la rivière ou dans le bocal sur le buffet. Qu'importe s'il pleure, nul ne voit pas ses larmes.

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage Michèle Divoy.

 

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