gruyeresuisse

26/09/2016

Angela Marzullo maîtresse idéale

 



AAAMarzullo.jpgAngela Marzullo, « Homeschool », Textes de Anna Cestelli Guidi et Francesco Ventrella, 232 pages, Editions Nero, 15.00 €

 

 

 

 

 

 

 

 


AAAMarzullo 2.jpgL'instruction à domicile constitue une thématique centrale des performances et vidéos d'Angela Marzullo. Partant de textes des années 1960 et 1970 sur le sujet, la Genevoise les met en scène et les fait jouer par ses deux filles en liant l'image et le texte.

AAAMarzullo 3.jpgLes monstrations reposent - sous forme ludique et sérieuse - des questions rémanentes et qui traversent toute société en son rapport à la pédagogie. Digne descendante de Rousseau, l’artiste prouve qu’une telle position reste révolutionnaire pour certains ou réactionnaire idéologiquement parlant pour d’autres. L’artiste dépasse ces (im)postures. Elle met en jeu le corps et l’esprit soumis à un enseignement « maison » qui semble plutôt probant. Chaque tentative venant ébranler un certain ordre reste possiblement positif.

AAAMarzullo 4.jpgDe fait pour Angela Marzullo - et loin de fantasmes ou de présupposés - la pédagogie ne doit pas se penser pour elle-même mais pour ce qu’elle apporte. En plus belle fille de monde elle ne peut donner que ce qu’elle a. Mais il est toujours possible d’en modifier le costume. Le prêt à porter et le sur-mesure restent des réponses possibles. Quel que soit le cadre, il suffit que celle ou celui qui la reçoit n’en soit pas la victime et en tire partie.. Le livre a donc le mérite de desserrer l’étau des idées reçues voire à les réviser. Les mines réjouies des deux « actrices » de la créatrice semblent l’accréditer.

Jean-Paul Gavard-Perret

17/09/2016

Veuve Alvilda : adorable menteuse

 

Alvida 3.jpgVeuve Alvilda dit faire de « petites photographies ». Tout juste si elle n’ajoute pas « sans importance ». De fait la jeune artiste crée des fictions enjôleuses, cajoleuses et démoniaques. Et il n’est pas jusqu’à la notion de genre d’y subir certains détours. Existe une « science » de l’esprit et du corps, de leurs fêtes et de leur ascèse à l’entrecroisement de la nécessité et de l’accident. Ils interagissent pour transformer le réel en chien fou qui dépasse l’illusion platement érotique. Ce qui pourrait se nommer « pornographique » devient une farce à paillettes pour repousser les limites de certains jeux que la littérature établit le plus souvent derrière ses parapets ou paravents japonais.

Alvida.pngLes déterminations changent de cap par le langage plastique d’une telle veuve joyeuse voire un rien clito… A ce titre le monde et sa sexualité peuvent paraître effrayantes mais il y a là une nécessité pour comprendre ceux qui vivent le stupre dans la crasse ou la prostitution. En cette figuration une unité a lieu : elle fait avancer jusqu’à l’histoire des images entre utopie, réalité et quintessence de la « viande » (Artaud). Alvida 2.pngVeuve Alvilda capte un élan scandaleux sans doute aux yeux de la morale des adorateurs du dieu unique : il n’existe plus de hiérarchie. L’homme n’est pas plus le roi de la création que le lion n’est celui des animaux et le chien est autant un frère que n’importe quel humain - et ce sans effet de réincarnation.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Oeuvres visibles chez Corridor Elephant, Paris.

16/09/2016

Les histoires d’O de Céline Peruzzo

 

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Céline Peruzzo,"Cuisses & Palms", galerie Body & Soul, à partir du 17 Septembre.

Enlever son soutien gorge en fin de journée, enfiler son jean après être épilée, ou manger directement de la glace dans le pot tout en se donnant du mal pour maigrir ne suffit plus. Céline Peruzzo réclame plus pour ses femmes. Donc pour elle-même. Son œuvre est moins un faire part qu’une part faite pour parfaire le corps féminin au sein d’une révolte fantaisiste contre la honte, l'incompréhension qui saisissent les fées du logis dès les paradis verdâtres des amours enfantines.

Peruzzo Bon.jpgAu lit de salades frisées la femme doit préférer le sien. Et pour s’y reposer. L’homme ne pourra plus y jouer les alouettes. S’il enlace sa chérie il y a fort à parier qu’elle s’en lasse eu égard aux conseils de l’artiste : Bourguignon ou non le mâle sera un négociant en vain. Et Céline Peruzzo le prouve. Pour une femme il n’y a pas d’histoire d’O dans celle de vaisselle. A Monsieur Propre les nonnes du ménage ne montreront plus leurs seins. Finis l’hypertension, la phlébite. Comme l’Albion l’artiste apprend à filer à l’anglaise et c’est pourquoi ses femmes ont la cuisse belle. Que certains mâles s’en hérissent cela qui ne manquerait pas de piquants.

Jean-Paul Gavard-Perret