gruyeresuisse

15/12/2014

Mrzyk & Moriceau : les effeuillées roses en noir sur blanc

 

 

 

 Mryzck 2.jpgAvec Mrzyk & Moriceau si les liquettes restent au clou les seins ne demeurent pas sur le sable. Il y à là des verges et dessus de petits bedons, des  glissements maritimes de phallus de Rackham le Rouge, des  rires et torpeurs mais surtout des avis de tempête aux mateurs. Thalassa, viandes belles s'étalent selon des femmes épinglées et  cabrées dans leur régime. Ça fait des oh, des ah. Les groseilles à maquereaux jouent les ablettes plus que les Alma mater dolorosa. Des reins éreintants ruissellent et bien des doigts faiseur de toisons agitent coquillages, fessiers et soieries à poissons. Tout est là.

Mryzck.jpgAu bout c'est arrondi. C'est l'il. C'est en nylon. C'est oui ? Vagin vagine, copain copine. Gobant un certain vide le dessin broute de broc le bric des frocs et des nuques dévissées par des crics où les lignes craquent ou ondulent ouvertes par les clés d'un culte intime.  Filles épinglées ou courbées, seins en plume : le crayon des sacripans ne veut plus les quitter et crache sa purée. Chose faite, chose sue et sucée, ce crayon à nouveau pointe. Le dessin lèche les pensées là où les Marie basses de l'aine ne battent jamais de l'aile.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

Mrzyk & Moriceau : œuvres visibles au Mamco

 

 

 

 

 

Franz Erhard Walther : bandes et sarabandes

 

 

 

Walther 3.jpgL’œuvre de Franz Erhard Walther se déploie entre sculpture minimaliste, art conceptuel, peinture abstraite et performance. L’artiste multiplient manières et matières en impliquant le corps dans de multiples variations et comme « réservoir de possibles ». La réflexion du créateur s’articule sur la question de  ce qu’une oeuvre d’art peut faire comme de ce que l’on  peut en faire - au-delà de son apparence et de sa nature. Dans ce but le plasticien multiple les tensions. Le tissu par exemple est une matière malléable et « architecturante »  qu’il façonne par pliage, dépliage, habillage des formes. Selon Walther  le textile  facilite l’appropriation physique de la sculpture et offre un « retour au point de départ, où rien n’a de forme et où tout recommence à se former ». Walther 2.jpg

 

Le tissu représente donc un processus d’apparition, d’émantation, d’ordre et de possible chaos. Le créateur à la fois  y rassemble le monde et le défait en un principe de discontinuité plus heureux que douloureux où tout reste ouvert et possible.  L’image engendre une sorte ivresse : elle emplit l'espace par une poétique particulière et en mouvement. L’assaut de l’être ne cesse de rebondir par lambeaux et pans physiques. En de telles « scénographies » les corps deviennent des acteurs dans un « actionnisme » qui n’a plus rien de délétère ou mortifère. La vie bouge par bandes et sarabandes et selon divers flux.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret


L'œuvre de Franz Erhard Walther visible jusqu'au 15 janvier 2015 au Mamco.

 

06:03 Publié dans Genève, Images | Lien permanent | Commentaires (1)

10/12/2014

Germaine Richier et la chair

 

 

 

Germaine Richier, Rétrospective, Galerie Jacques de la Béraudière, 7 novembre 2014 - 20 février 2015

 

 

 

Germaine bon 3.jpgSous le réel, il existe non rien mais le rien. L'article à toute son importance : il indique Le Lieu "quelque chose à incommuniquer communique enfin" (Deleuze). Ni abstraction, ni métaphore, mais porte dérobée qui plonge au fond de l'impasse du rapport de l'être à son propre corps et au corps de l'autre Germaine Richier n’a cessé de l’exprimer dans une œuvre à laquelle l’exposition de Genève donne toute son ampleur.

 

 

 






Germaine bon.jpgD'élagages en effacements, de boutures en érections l’œuvre garde sa force d’abrasion essentialiste. Un tel art n’a cessé de faire culbuter hors du corps  de rêve afin de s'incruster  dans la chair par les matières nobles et lui restituer une vérité foncière.  Par ses successives implosions l’œuvre ne referme pas l'être sur son manque : elle en dévoile  les stigmates  où s'échoue le désir.  Ici le fantasme vient buter. Pour une autre histoire. Plus réelle -  plus tragique peut-être ou tout simplement plus  dérisoire parce que profonde - issue de l'endroit où à la source éparse des racines irrigue l'étincelante épine.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret