gruyeresuisse

03/04/2022

Geraldo de Barros : vers une nouvelle présence de l'art

Barros.jpgGeraldo de Barros, MAMCO Genève, du  22 février au 19 juin 2022.
 
Peintre, photographe et designer, Geraldo de Barros (1923-1998) est un artiste pionnier de l’art concret brésilien. Economiste de formation, il étudie l'art au milieu des années 1940, tout en travaillant à la Banco do Brasil. Il se fait d’abord connaître comme photographe grâce à la série abstraite "Fotoforma" qu’il expose en 1951 au Musée d’art moderne de Sao Paulo. Atypique de ce travail est absolument novateur et gonflé de murmures atypiques.
 
Barros 3.jpgEt ce travail primé lui ouvre les portes de l'Europe où il rencontre entre autres Max Bill ou François Morellet avec qui il entretiendra des rapports étroits. Réceptif aux théories de la Gestalt Théorie et à la géométrie de l’art concret, il fonde à son retour au Brésil le "Grupo Ruptura" qui a pour but d’accorder les arts brésiliens au mouvement de modernisation que le pays est en train de connaître. Il demande à l'art l’espace du désir qu'il sut inventer loin des chemins connus pour permettre d'apercevoir l'autre côté du réel et du monde.
 
Barros 2.jpgIl participe à la première Exposition internationale d’art concret à Sao Paulo en 1956 ainsi qu’à la grande exposition internationale "konkrete kunst" organisée par Max Bill à Zurich en 1960. Dans le même temps, son intérêt pour les arts appliqués l’amène à fonder "Unilabor", coopérative utopique de construction de meubles modernes. L’exposition du MAMCO revient sur ce parcours en prenant pour point de départ le retour de l’artiste à l’art concret à la fin des années 1970. Eliminant l’usage de la toile et du pinceau, il se tourne vers des matériaux nouveaux dont le formica pour inventer à l'art une nouvelle manière et présence qui hante comme un fantôme. Mais bien vivant.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

31/03/2022

Francky Boy le franc tireur

Franky.jpgFrancky Boy, "La grande évasion", Galerie Sonia Zannettacci, Genève,  24 février - 24 avril 2022.
 
Francky Boy est un artiste peintre sculpteur français autodidacte né en 1954 à Paris. Vit et travaille dans le Val de Marne à Charenton le Pont .Il a emprunté pour le titre de son exposition un titre accrocheur  qui ramène à toute une culture populaire.
 
code-civil-scaled.jpgFace à l’abrutissement organisé des images, l'artiste au lieu de les effacer les rameute pour les court-circuiter en des sortes de caricatures de caricatures. Les scénographies trahissent ce que les menteurs proposent de l'art et du cochon. L’artiste prouve que tout gogo dépend des images que lui font avaler les pouvoirs qui ne rendent jamais leurs transes lucides. 
 
 
 
Franky 2.jpgMais Franky Boy les remplace. C'est là une réflexion  sur l’image avec un sens aigu de l’humour le plus insidieux. L'artiste considère la vie et de l’art comme d’un voyage afin de nous dégager des zones d’épis sûrs des  hallucinations collectives. C’est ainsi qu’en nous rendant  taupes-less face à nos certitudes le créateur fait de nous des voyants provisoires mais des voyants tout de même. Et en avant doute
 
 

Jean-Paul Gavard-Perret

23/03/2022

Albarrán Cabrera : un en deux

Alb.jpgAlbarrán Cabrera, "Things Come Slowly", Galerie Esther Woerdehoff, Genève, Suisse, du 24 mars au 21 mai 2022.
 
Natifs de Barcelone, Anna Cabrera et Angel Albarrán travaillent ensemble depuis 1996 et forment un duo reconnu sur la scène photographique internationale. Ils ont inventé un univers artistique  poétique et sensible où l’émotion du sujet se combine à la beauté du tirage au sein de floraisons.
 
 
Alb 2.jpgSpécialistes des techniques alternatives de tirage et de la conservation des photographies, Albarrán-Cabrera considère ses photographies  comme des objets à part entière. Les deux photographes font appel aux procédés anciens (cyanotypie et autres procédés argentiques) mais expérimentent aussi de nouveaux procédés  qu’ils combinent à des matériaux rares (papiers japonais, pigments et minéraux,  feuille d’or.)
 
 
Alb 3.jpgCes approches sont au service de diverses réflexions sur l’identité, sur les traces que la prise de vue conserve du passé. Les séries interrogent le rapport au temps, à la mémoire, à la philosophie et à la perception de l’image. Le tout entre illusion et réalité là où par la grâce d'une oeuvre féerique où toujours le printemps renaît.
 

Jean-Paul Gavard-Perret