gruyeresuisse

01/05/2022

Les présences de Fabien Marti

Wilde.jpgFabian Marti, "Vide tentaculaire", Wilde, Genève, du 12 Mai au 1er juillet 2022.
 
Fabian Marty présente la nouvelle série de sculptures en argile ainsi que des œuvres époxy et jet d’encre montées sur l’aluminium. Il poursuit une exploration continue de l’archéologie contemporaine et personnelle à partir de divers procédés en se préoccupant comme créateur ou curateur du design de chaque exposition.
 
Wilde 2.jpgSujets ou motifs viennent de l’histoire de l’art officiel, des civilisations, de l’art populaire. Mais Marti va chercher tout autant les "états" capables d'explorer sciences, littérature, psychologie, perception des phénomènes mentaux et subconscients.
 
L’artiste joue de l'ordre et du désordre. Il crée des déploiements où l’espace semble  indépendant des "objets" qui s'y trouvent. Ne restent que contours, volumes, formes à la tactilité feinte. Il s'agit toujours de combattre le vide sans pour autant que puisse se distinguer de véritables objets mais juste quelques indices plus ou moins évidents de divers types de "présences".
 
Jean-Paul Gavard-Perret

26/04/2022

Eva von Rohr chercheuse d'infini

brand 2.jpgEva von Rohr, "Sculpture - Mouvance infinie", Galerie Marianne Brand, Carouge Genève, du 30 avril au 22 mai.
 
Eva von Rohr accorde à la sculpture toute sa légèreté. La fixité se déplace vers d'autres possibilités. L’image en 3 D gagne de nouvelles dimensions. Elle échafaude une esthétique et une dynamique nouvelle tant la créatrice déborde d’invention et d’énergie même si son approche reste souvent minimaliste.
 
Brand.jpgLes formes se font plus graves et hantées par les dilemmes de leurs propres possibilités. Toutes sont animées d’un profond mouvement intérieur. S’y mêlent librement les signes d'une mémoire imaginaire et poétique. L'art quoique austère reste chaleureux, fertile et cherche à toucher  des éléments fondamentaux que l’on peut partager afin d’entrer en contact avec ce que nous avons tous en commun. Entre autres l'aspiration à ce qui nous dépasse.
 
Brand 3.jpgL'albâtre dans des anneaux de Moebius permet de toucher à l'infini et à l'ineffable par le travail de la matière. Se voulant simples et épurées de telles oeuvres questionnent l'évidence de notre perception. Le tout dans des jeux d'ombres et de lumière. Ils donnent une vision rêvée de l'âme et de ce qu'elle espère.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

06/04/2022

Fanny Gagliardini : textualité de la texture

Gagli.jpgFanny Gagliardini, "Respire", WRP Fondation, Genève, du 7 avril au 29 mai. 

Dans le beau lieu au coeur de Genève de la fondation WRP les textures de "'Respirations" (peintures, sculptures et  constructions) créent un univers très particulier. Jaillissent par voilures, filets et trames de divers types une hantise des lieux. Naît une poésie mystérieuse et prégnante non sans complexité là où l'imaginaire entre en action pour réveiller celui des regardeurs. 

Gagli 3.jpgFanny Galiardini crée toujours un lien ou ce qu'elle nomme une "confidence" entre le visible et l'invisible. Sa création devient une mise en disponibilité de son émotion, face aux battements du monde et de ses variations de lumière en de grandes marées muette où la vie reprend par effet de tension, de lecture et de mouvance.

Gagli 2.jpgL'oeuvre reste toujours un filtre à ce qui tue et un rêve d'harmonie dans un tissage "dedans dehors, dehors dedans" écrit-elle avec justesse. Pans et volumes disent avec émotions ce que les mots ne font pas. Là où sous forme de pudeur, de discrétion "d’anonymisation" décliné sous forme de structures se crée une énergie où la solarité vient à bout de l'ombre dans le jeu et le croisement des couleurs et des matières.  C'est là la parfaite nature et poésie de l'art.

Jean-Paul Gavard-Perret