gruyeresuisse

13/01/2018

Michael Hilsman s'amuse

Hisman bon 2.jpgMichael Hilsman, "New Pictures", Galerie Sébastien Bertrand, Genève, à partir du 23 janvier 2018.

Tout en préservant ses invariants symboliques (formes phalliques et rotondités) Michael Hilsman fonce désormais vers une figuration de plus en plus marquée. Mais la théocratie de cette dernière est revisitée par une vision surréaliste.

L'artiste semble s'amuser en revisitant les souverains poncifs entre autres du portrait et de la nature morte. Les vieux genres se mettent à prospérer de manière drôle et paroxystique. Le portrait par exemple est partiellement et volontairement "raté" par confusion des plans au moment où la nature morte semble redevenir vivante : le poisson n'y est plus noyé.

Hisman bon 3.jpgMichael Hilsman ramène la peinture à un bouillon de culture. Elle crée autant du connu que de l'inconnu afin d'inventer de nouveaux rapports par tout un jeu ironique de manipulation des limites sans le moindre retour au dogmatisme de la représentation et de ses règles. L'artiste a compris que la déconstruction n'avait plus rien à déconstruire. Il convient de passer à quelque chose de plus sérieux : le jeu.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/01/2018

Sylvain Granon : atmosphères, atmosphères

SGranon.jpgylvain Granon, « Peintures », Galerie Lignes Treize, Carouge, du 13 janvier au 10 février, 2018.

 


Sylvain Granon aime les merveilleux nuages. Il s’approche d’eux comme de la nature lors des moments intermédiaires. Il leur offre une halte, une présence nocturne et nuptiale. Il préfère les hantises aux empreintes et aux traces. Il retient des atmosphères quand la lumière devient tendre, fruit du crépuscule près d’un vieil arbre

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Du sombre jaillissent en caresse des clartés profondes. Le réel se fend et parfois laisse imaginer le sexe d’un corps féminin. S’éprouve la sensation de la limite dans l’espace et dans le temps. Restent un recueillement, une douceur apaisante mais sauvage, insaisissable. Tout est de l’ordre de l’effluve que le soleil couchant habille d’une touche de carmin.

 

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Les œuvres de Sylvain Granon fuient toute définition statique. Le réel fuit, s’esquive, échappe au profit de la solitude, du silence, de la sensation et de la spiritualité. Sous les feuillages sourds, face à la fureur du monde existe une enclave de paix. Tout est mutation dans la nuit turbulente. Mais il faut rester discret sur ses raz de marée.

Jean-Paul Gavard-Perret

06/01/2018

Andrea Mastrovito et les efflorescences

Mastrovitoo bon.jpgAndrea Mastrovito, « Le jardin des Histoires du Monde », du 18 janvier au 16 mars2018, Art Bärtschi & Cie, Genève.

 

 

Mastrovitto2.jpgL’ex punk bergamasque Andrea Mastrovito crée un univers aussi enchanteur (mais pas toujours) que signifiant et poétique à travers le dessin, la peinture, les installations en papier impressionnante de féerie. Fasciné par l’histoire, il la revisite, s’imprègne des mythes, des religions, des hommes, puis en révèle des épisodes qu’il reprend et mixe pour les transformer en une sorte d’atemporalité là où l’imaginaire règne en maîtresse de cérémonie.

Mastrovitto3.pngSa série de dessins sur bois « jardin des Histoires du Monde » a été réalisée dans sa ville natale. Sera aussi projeté son long métrage « NYsferatu - Symphony of a Century » aux cinémas du Grütli. Il contient de plus de 35000 dessins. L’artiste y fait revivre le « Nosferatu » de Murnau selon des problématiques contemporaines.

Mastrovitto.pngDans cette exposition comme ce film se retrouve implicitement l’arte povvera par l’utilisation du papier. Mastrovito le métamorphose parfois en trois dimensions au sein par exemple de ses châteaux comme dans « N’importe où hors du monde ». Rien ne demeure figé en de telles fresques murales ou non. Les œuvres obsèdent la curiosité là où les points de vue sont multipliés. Le spectateur est transformé en rêveur : l’art s’arrache à la fixité au sein de bourrasques de couleurs ou par le noir et blanc. Le ciel et la terre semblent s’inverser dans un déploiement d’une fête nocturne ou lumineuse.

Jean-Paul Gavard-Perret