gruyeresuisse

10/05/2016

Pascal Berthoud : surimpression, images mentales

 


Berthoud.jpgPascal Berthoud, « Sail me on a magic river », Galerie Elizabeth couturier, Lyon, du 26 mai au 25 juin 2016

 

 

 

 

 

Berthoud 3.jpgCharnelles au plus haut point mais tout autant mystiques les œuvres du Genevois Pascal Berthoud permettent de faire miroiter la possibilité, de trouver sinon une île du moins une réponse (ni univoque, ni définitive) à la question du sens et ce qu’elle cache. L’artiste en sait probablement un maximum sur la question mais il fait une certaine impasse sur ses propres joies, peines, repères et préfère proposer un réservoir d’approches intempestives à coup d’images mentales.

 

 

 

Berthoud 2.jpgPascal Berthoud rappelle que la peinture est la recherche d’un nouveau langage qu’aucun grammairien de l’image n’a encore fixé. L’artiste montre comment la langue plastique peut détrôner les images clichés et les métaphores décolorées. Le créateur acidule l’émotion et brouille les grilles d’interprétation. Par rapport aux modalités traditionnelles de l’art, Pascal Berthoud contribue de manière déterminante au développement de la recherche d’un langage pluri-expressif dans un mouvement dialectique dont la peinture est la caisse de résonance. La culture populaire et l’expérimentation s’y croisent. Elles donnent lieu à des hybridations pour le moins étonnantes dans le tangage et certains excès capables de produire une unité et une dissémination.

Jean-Paul Gavard-Perret

03/05/2016

Spores et chimères, le miroir du merveilleux : Jean Jeanneret

 

Jeanneret.jpgJean Jeanneret, « RVB », Espace L, Genève, 20 mai - 2 juilllet 2016.

Issus de l’Ecole de Photographie de Vevey: Jean Jeanneret lie le médium photographique à la technologie informatique comme à l’acrylique. Elles lui permettent la recherche d’un affinage vers une simplicité et un minimalisme où formes et couleurs primaires prennent toute leur force. En surgissent des sensations extrêmes en une sorte de graphisme tout en rythmes et luminosités dégagés du narratif.


Jean_JEANNERET.jpgIl y a là une représentation coupée de ses racines. La « chorégraphie » proposée est aussi brute que poétique. Au regardeur de trouver une histoire, d’accorder un sens à ce qui est proposé en des langueurs naissantes, des coulées de matières innommées et absentes de tout rapport d’évidence. Chaque œuvre devient un essaim de possibilités là où tout peut jouer en tant que leurre pour séduire le regardeur par spores, chimères et en lignes de fuite et d’extase.

Jean-Paul Gavard-Perret

01/05/2016

Pauline Beaudemont : les objets du désir

 

Beaudemont.jpgPauline Beaudemont, « Caravan », Aargauer Kunsthaus, du 30 avril au 7 juillet. A venir : « A pudding that endless screw agglomerates” Polish Institute, Berlin. “Bourses Déliées”, Halle Nord, Genève.


Pauline Beaudemont multiplie les combinaisons d'éléments et sujets disparates avec recours à des matériaux humbles ou sophistiqués. Le tout dans une parfaite impeccabilité qui n’empêche pas la drôlerie. La jeune artiste pourrait passer pour une post dadaïste et surréaliste dans son travail des objets tant l'art reste pour elle expérimental et propose divers renversement de l’horizontalité et de la verticalité.


Beaudemont 2.jpgLa plasticienne demeure avant tout libre et indépendante des étiquettes. La mutation est perpétuelle en ses approches, si bien que les objets trouvent une poésie inaccoutumée, imprévue et jouissive. Elle pousse autant au rêve qu’à la méditation là où se concentre un certain minimaliste et un art du concept dans tous ses états. Partisane sincère du beau la créatrice saute par-dessus les pièges de la simple ironie. Et l’utilisation éventuelle de ses objets ne représente que l’état latent de leurs rayonnements. Chaque pièce prend la forme du désir et agit de la sorte sur notre contemplation.

 

Jean-Paul Gavard-Perret