gruyeresuisse

15/03/2021

Aurélien Fontanet : la ville à l'envers

Fontanet 2.jpgAurélien Fontanet, Centre de la photographie de Genève, à partir du 10 mars 2021.
 
 La réalité, le quotidien restent paradoxalement ce qui hante le travail d'Aurélien Fontanet. Formé à la HEAD, Haute Ecole d’art et de design de Genève, Aurélien Fontanet pratique la photo depuis l’adolescence, utilisant l’appareil comme un "carnet de notes". Ces images se veulent avant tout depuis toujours des reportages. Le directeur du Centre de la photographie de Genève Joerg Bader propose au "Courrier"  de publier sur deux pages une sélection de clichés d’Aurélien Fontanet, en remplacement de l’exposition prévue dans ses murs en début d’année.
 
Fontanet 3.jpgLes images sont issues d’un corpus de quelques 3000 clichés, qui témoignent de l’extrême précarité provoquée à Genève par la crise pandémique. Le photographe observe les actions menées à Genève en faveur des oublié(e)s de la crise. Entre autres la Caravane de solidarité mise sur pied par Silvana Mastromatteo, pour distribuer des aliments aux plus démuni(e)s pour ensuite étendre ce travail à la problématique du logement.
 
Fontaner.jpgDans ses travaux au Brésil le photographe faisait preuve d'une panoplie de couleurs. Ici il a choisi le noir et blanc pour donner une identité et une dignité indispensables aux S.D.F. et afin de faire prendre conscience de la précarité avoisinante et grandissante. "Apporter son soutien aux minorités est devenu pour moi une évidence" écrit celui qui pour faire bouger les choses a choisi les images.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

12/03/2021

Les mots et leur matière : Gilles Furtwängler

Furtwangler.jpgGilles Furtwängler, "Mon parfum, c'est l'odeur du bois qui brûle", Skopia, Genève, du 21 mars au 1er mai 2021.
 
A Lausanne et à Johannesburg Gilles Furtwängler interpelle par ses oeuvres le regardeur. Il s'adresse à lui en l'invectivant (non sans humour)  Interpellations, questions, vérités ou contre-vérités, cynisme, absurdité, contradictions tout est bon pour les coups de semonce qui s'ensemencent sur la surface des supports.
 
Furtwangler 2.jpgTout est mis en forme pour une communication objective et abstraite, ironique et morale, avant tout poétique où les textes jouent par effets de lignes, de caractères, d'extension ou d'écrasement. Mais le créateur pratique aussi des prestations orales sur le même principe. La base des textes et des mots provient des écrits de l'auteur mais aussi de tout ce qu'il entend et parfois écoute.
Furtwangler 3.jpgLe tout dans un volontaire exercice de banalité bien choyé dans les conversations de comptoirs (lorsque les bars sont ouverts) et qui - écrit Fürtwangler - "nivellent les hiérarchies, rapprochent l’art et la chirurgie dentaire, l’art et le massage suédois, l’art et la dette mondiale et la plomberie". Bref l'artiste parle plus d'humour que d'amour ce qui n'empêche pas le second - en tant que pulsion bien naturelle - d'être un rien privilégié.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

09/03/2021

Décomptes de fée - Ericka Beckman

Beckman.jpgEricka Beckman, "Cinderella"; Médiathèque -  fonds d'art contemprain de la ville de Genève, mars 2021/
 
Ericka Beckman (1951) est une réalisatrice américaine qui commence à faire des films dans les années 1970 au sein du cadre de "The Pictures Generation". Ses films traitent de la relation entre les gens et les images, et de la façon dont les images structurent la perception des personnes d'elles-mêmes et de la réalité.
 
Beckman 2.jpgSon film de 30 minutes en narration non-linéaire Cinderella (1986) reste son chef d'oeuvre. Le personnage du conte de fées devient une partie d'un jeu comme une métaphore des restrictions de la société sur les femmes. Les personnages se déplacent dans la chorégraphie en mouvement constant en interagissant avec leur environnement d'une histoire politique qui leur mène une vie dure.
 
Beckman 3.jpgÀ l'instar d'autres créations des artistes de Pictures Generation, les films de Beckman se concentrent sur la manière dont les stéréotypes forment l'image de soi d'un individu élevé sur les médias de masse. Là où tout devient une chorégraphie activiste et poétique d'un nouveau genre.
 

Jean-Paul Gavard-Perret