gruyeresuisse

25/05/2022

Antonio Saura l'impertinent

Saura.jpgAntonio Saura, "Mais où est passée Dora Maar?", Galerie Patrick Cramer, Genève, du 24 mars au 16 juillet 2022.
 
Antonio Saura (1930-1998) est un peintre espagnol marqué d'abord par le surréalisme, avant d'aller vers la peinture abstraite, puis vers un langage plus physique, en se donnant comme sujet le corps féminin et peu à peu, d'autres thèmes sont venus s'y associer. »
 
Saura 2.jpgIl est toujours resté un peintre subversif quoique devenu une personnalité du monde des arts. Au fil du temps sa peinture est de plus en plus complexe. A partir d'une documentation photographique recueillie depuis sa jeunesse il représente des actrices de cinéma, des princes.
 
Saura 3.jpgSes tableaux correspondent à sa définition de la peinture espagnole : "Tout ce que je sais d'elle tient en ceci : qu'elle a inventé très peu de concepts picturaux nouveaux, mais qu'elle a su prendre les modèles venus de l'étranger et qu'elle les a dépassés". Et l'artiste a prouvé qu'en fidélité à l'art de son pays ses oeuvres sont à la fois violentes, saccadées, métissées et gardent un caractère très particulier.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

22/05/2022

James Nachtwey et le pouvoir de l'information

Nat 3.jpgJames Nachtwey, Gowen Contemporary, Genève, du 8 juin au 7 aout 2022.
 
Né en 1948, Syracuse, États-Unis, le photographe James Nachtwey croit au pouvoir de l’information.  Son travail est destiné à se retrouver dans les médias de masse au moment où les événements ont lieu. Si bien que  se créent de petits traités d’archéologie du fugace.
 
Nat 2.jpgLes oeuvres deviennent un dialogue quotidien avec les regardeurs. Mais de telles images peuvent s'envisager en dehors du contexte de l'actualité car partant de l'actualité elles deviennent intemporelles.
 
Nat.jpgLe photographe permet de manière naturelle d'abattre bien des cartes de la société. Ce grand voyageur avait de quoi pratiquer côté exotisme et pittoresque. Mais ses œuvres ne sacrifient jamais à la nostalgie ou au folklore exogène. Elles ne sont pas faites non plus pour rapatrier vers un eden artistique. D'un autre lieu - plus terrestre - elles ouvrent le monde à une profondeur particulière.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

20/05/2022

Roman Selim Khereddine : chienne de vie

Kheredine.jpgRoman Selim Khereddine, "Hard-Won Images",  Espace 3353, Carouge-Genève, du 2 avril au 5 mai 2022.
 
 
Depuis plusieurs années, le travail a de Roman Selim Khereddine porte sur les relations que les humains entretiennent avec les animaux. L’artiste produit principalement des essais vidéo basés sur des images trouvées sur internet. Ces vidéos sont empreintes autant d'empathie que d'humour corrosif.
 
Kheredine 2.jpgHard-Won Images est la nouvelle donne de cette recherche. Elle prend racine   au Maroc et met l'accent sur une interaction entre un homme et son chien filmée au marché canin de Casablanca. L'installation alimente le discours sur les images trouvées avec celui des images « pauvres ». Une réflexion s’établit sur le genre filmique issu de ces vidéos amateur tournées sur smartphone et en un subtil jeu de décalage et de détournement,
 
Kheredine 3.jpgDans les différents mouvements de l'homme et du chien l'artiste représente l’histoire et la trajectoire de la relation entre les humains et les autres animaux. Mais - au-delà le chien  symbolise  toutes les personnes mises en scène et marchandées. C'est donc moins le point de vue de l’animal qu’il s’agit d’adopter, mais de voir le reflet peu flatteur que nous renvoie l’animal face à une humanité dominatrice et prédatrice.
 
Jean-Paul Gavard-Perret