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30/08/2017

Marion Tampon-Lajarriette : l’incontenable

Tampon.jpgMarion Tampon-Jajarriette, « Terrain Fertile », Lancy et Plan-Les-Ouates, du 3 septembre au 31 octobre 2017. « Drawing Room 017 », La Panacée, Montpellier. Solo show, Galerie Laurence Bernard du 13 au 17 septembre 2017.


Tampon 2.jpgLes vidéos de Marion Tampon-Lajarriette travaillent l’image en la « mixant » avec le numérique afin de décomposer puis recomposer le monde en ce qui devient, écrit la créatrice, «l’image-matériau». Le tout en divers jeux de déperdition ou de saturation sous l’effet de la plus grande netteté de l’image ou de son floutage et de son flocage. Adepte des transferts d’informations sur divers supports l’artiste travaille sur la texture visuelle : le numérique – mais pas seulement - permet un tramage pour l’épaississement ou son contraire.

Tampon 3.jpgLa déréalisation n’est néanmoins pas l’objectif de la plasticienne. Elle préfère des compressions, des reprises, des incrustations pour donner aux images un flux particulier S’éloignant des opérations classiques du montage, elle opte pour un territoire mystérieux capable de produire des zones de communication secrètes. Celles-ci renvoient sans doute le regardeur à son inconscient par couplages et reconstructions dans le flot que l’artiste déploie suivant différents plans, échelles et émulsions. Elle propose une nouvelle dialectique du regardeur et de l’objet visuel. Celui-ci ne se veut pas salut mais pointe. Elle introduit dans le regard ce qu’il ignore. Et Marion Tampon-Lajarriette ne cesse de tourner autour de cette problématique pour combler des trous que la production vidéographique habituelle laisse béante. La « projection » trouve là un nouveau sens.

Jean-Paul Gavard-Perret

27/08/2017

Le grand jeu de Charlotte Herzig


herzig 2.pngCharlotte Herzig, « Hits and Misses », Bartschi, Genève, à partir du 31 aout 2017.

La peinture et la lithographie sont les médiums majeurs de Charlotte Herzig. Elle mélange dans ces deux processus le noir et le blanc comme les couleurs.
Les fleurs, les figures géométriques deviennent parfois des moyens de répéter le même geste ou plutôt de le faire varier afin que le contexte soit vu différemment en une sorte de « grand jeu » à la Daumal qu’elle développe parfois avec Andreas Hochuli comme pour « il frutto dentro di me » ou avec diverses collaborations.

herzig.pngL’artiste aime utiliser divers rappels de couleurs en des stratégies ludiques. Certains éléments demeurent néanmoins parfois isolés. D’où cette constellation de travaux influencés par ce dont l’artiste pense au moment où elle peint avant de se focaliser sur un sujet précis. L’objectif est de créer une atmosphère dans lequel le spectateur peut s’inclure au milieu des murs et au sein de paysages qui peuvent rappeler ceux où l’artiste a grandi. Enthousiasme, improvisation, mais aussi travail restent les maîtres mots d’une telle œuvre pleine d’alacrité. Au milieu du bleu turquoise, du violet ou de teintes plus acides, la peinture propose une chorégraphie visuelle, une suite de mouvements qui ravissent le regard par leur harmonie et leur mouvement.

Jean-Paul Gavard-Perret
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26/08/2017

André Butzer : la peinture et rien d’autre

Butzer Bon.pngAndré Butzer, « exposition », Xippas, Genève, du 15 septembre au 28 octobre 2017

 

 

 

 

Butzer.jpgDans l’œuvre de Butzer, au fil du temps, la figuration a disparu au profit de la force pure de la peinture elle-même. L’empâtement et l’emploi de la matière directement du tube à la toile, la rupture avec la couleur sont devenus la marque de fabrique de l’artiste ; ne demeurent que des huiles sur toile en noir et blanc de moyen et de grands formats : jaillissent des espaces minimalistes blancs et verticaux sur fond noir. Au cours de la journée et selon les éclairages le blanc et le noir se chargent de digressions colorées là où le second devient source de lumière dans lequel le premier devient une présence blessante. Ce jeu reste paradoxalement la recherche autour d’un maximum de couleurs puisque le noir et blanc réunissent toutes les teintes existantes.

Butzer 2.jpgExiste la clé à la notion de « N-Bild » inventée par l’artiste. Le « N » fait appel au « Nasaheim », vision utopiste imaginée par André Butzer, mais ce « N » est aussi selon lui est un « nombre d’or » susceptible de trouver un propre chemin dans leurs toiles aux artistes. Celui de Butzer passe par des règles inédites qui se refusent à aucune aune réelle. Le minimaliste de l’artiste exclut le géométrisme et les ressemblances formelles. Les notions de premiers et arrière-plans sont abolis au profit d’un effet de surface inédit. Le travail ouvre à un état critique de la peinture. Mais il n’exclut en rien une émotion là où une telle approche ne peut que désespérer ceux qui tenteraient d’imiter l’œuvre.

Jean-Paul Gavard-Perret