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27/12/2016

Pascale Miller : avec le temps

 

Miller 2.pngPascale Miller sait capter la femme selon divers points de vue. Jaillit la sourde ou la lumineuse incandescence du corps et de la vie la plus fragile dans l’intensité du temps. La photographe le remonte parfois comme dans sa série « Le Souvenir de Lily » dont l’érotisme subtil est magnifiquement scénarisé. Mais parfois une simple silhouette prenant la route (ou la voie ferrée) dépasse le réel pour atteindre un univers poétique.

 

Miller 3.jpgDe chaque épreuve surgit un mouvement, un équilibre. Le corps devient autant une ombre, une tache blanche ou un fruit qui accordent au passage du temps et jusqu’à l’absence « en marche » une présence universelle et une pulsation de l’intime au sein d’éléments premiers.

Miller 4.pngL’existence ménage ses appuis sur le sol, monte d’un corps incertain voire caché en une écume d’ombre. Du réel Pascale Miller ose brader la ressemblance au profit d’une apparition de l’insaisissable. Par l’infime la présence est accru. Le corps « unique » apparaît dans une succession d’instants où le blanc surprend le noir comme celui-ci s’empare du premier. Il en va de même lorsque les couleurs font irruption. Dans les deux cas l’artiste déplace le centre de notre émotivité visuelle vers quelque chose de plus profond au sein d'un éternel retour, d'un éternel départ.

Jean-Paul Gavard-Perret

Pascale Miller, exposition à Corridor Elephant, Paris, décembre 2016 - janvier 2017.

18/12/2016

Thomas Huber et les femmes fontaines

Huber.jpgThomas Huber, « Extase », Centre Culturel Suisse de Paris, du 21 janvier au 2 avril 2017, livre « Trésor irrévérencieux », et « A l’horizon », Galerie Louis Carré, du 20 janvier au 25 février 2017.

Pour la première fois Thomas Huber propose une exposition entièrement réalisée in situ, composée de dessins, d’aquarelles et de grandes peintures murales. La configuration picturale ne se détourne ici jamais d’éros. Il en devient le fondement multiple et un pour une expansion du monde.

Huber 2.jpgRefusant de se soumettre à cette incoercible "absence de rapports" (Beckett) entre l’art et le corps. Eros se décline sous diverses métaphores qui ne méprisent pas toute tendance réaliste. L’éros est offert selon des traces libérées des contraintes spécifiques de la spatialité picturale admise. Mais la littéralité est remplacée par des dérives hallucinatoires et humoristiques. Les lieux communs sont détournés en divers écoulements où la surcharge baroque garde un rôle à jouer pour l’exaltation de la jouissance où la femme devient fontaine. De jouvence. Le regardeur a parfois l'impression de se situer non devant, mais dedans loin du chemin du retour à la vieille naïveté comme à l’illusion de vivre en pays conquis.

Jean-Paul Gavard-Perret

13/12/2016

Vika Struk : nouvelles donnes

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Vika Struk a déjà assimilé l’histoire de l’art et de la photographie qui est devenue son medium. Elle ne cesse d’en proposer diverses versions dans une esthétique plurielle mais néanmoins toujours reconnaissable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Hyper douée elle peut jouer sur divers « angles » de vue. Le réel est là, mais il est tout autant repris, corrigé, découpé, révisé de trames. Struk 5.jpgParfois l’artiste appuie sur un effet de suggestion provocante, parfois elle cultive le retrait à la recherche non du réel mais d’un pur langage.

 

 

 

Le plus souvent elle s'intéresse à ce qui brûle l'apparence pour ne retenir que des épures ou fragments souvent ironiques par ses interventions intempestives.

 

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Des rondeurs s'enveloppent les unes dans les autres selon un géométrisme astucieux. Vika Struk projette la photographie vers une autre voie en l'excluant de la représentation de la nature ou de la réalité afin de créer d’estimables quintessences qui rappellent parfois l’art de Mondrian, Lissitzky, Moholy-Nagy et qui transforme l’art du portrait en une crise de la figuration tout comme vers la recherche d’une intimité. Vika Struk.pngExiste aussi une ouverture là où parfois les personnages sont renvoyés à une solitude irrévocable ou au secret de leur identité verrouillée.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vika Struk, exposition Corridor Elephant, Paris, décembre 2016.