gruyeresuisse

16/11/2015

Le rock et ses exterminateurs

 

 

Bataclan.jpgL'extase métaphysique meurtrière des fous de Dieu sert d’alibi à leur asservissement aux théolochiens (que la gente canine me pardonne) dont toute la lumière est une introduction au néant. Il s’agit pour eux d’écraser l’infâme dont un des avatars majeurs est la musique de Satan. Depuis l’été 2015 les décervelés en leur crapulerie « punitive » avaient décidé de frapper fort là où le rock sévit pour le faire rentrer dans la terre. Ils ne peuvent en effet supporter une musique qui les dépasse : depuis son origine elle répond entre autre à la démence moyenâgeuse. Il fallait donc exterminer ceux qui préfèrent la vie au sommeil de lois divines interprétées par des esprits atrophiés.

 

Bataclan 2.jpgA la cruauté des vidangeurs de l’existence, des machines à briser de l’être de la manière la plus lâche et servile le rock répondra non par la force (ils seraient trop contents) mais par sa liberté. Il écorchera encore longtemps les oreilles et la langue de ceux qui font de leur rhétorique obscurantiste un fatras d’immondices. Certes ils ont dû bien s’amuser au Bataclan en faisant sombrer dans la mort les « impies ». Face à de tels funèbres exterminateurs paranoïaques le Rock restera le grand mécréateur garant de la destruction des croyances le plus éculées en déplaçant musique et langage vers la liberté. L’horreur et la cruauté infligées à ceux qui venaient partager une jouissance ne la jugulera pas. Elle répondra à ceux qui au nom d’une « science de dieu » et de la prétendue « lettre » d'un très antique alphabet aphasique vomissent leur bile par une rate épouvantablement refoulée.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

28/09/2015

Facéties et vertiges d’Heinrich Lüber

 

Lueber.jpg« Focus Heinrich Lüber », Centre Culturel Suisse de Paris, à partir du 6 octobre 2015.

Heinrich Lüber poursuit depuis des années un travail de performance qui vise à positionner le corps dans l'espace, créant des relations incongrues avec l’environnement architectural ou naturel. Il crée des mises en scène magistrales en se mettant en scène dans des situations souvent extrêmes - sur des façades d’immeubles, sur des toits, fixé à des structures. Prenant la forme de tableaux vivants, les performances impressionnantes montrent le corps de l’artiste en  différentes postures. Toutes défient toutes les lois de la gravité. L'artiste y semble parfois en lévitation sur une façade d'immeuble par l'intermédiaire par exemple d'une grosse boule blanche qu'il n'effleure que du bout des lèvres.

Lueber 2.jpgDe tels tours de passe-passe, de trompe-l'œil - qui semblent des trompes la mort - donnent l’impression de repousser les limites physiques tout en questionnant avec humour l’état humain. Les performances mettent la perception des spectateurs en suspens là où l’artiste ne cherche jamais à donner de réponses. Heinrich Lüber se veut simplement un conteur d’histoires « courbes ». Elles sont éloignées autant de la pesanteur que de la raison. Le plasticien propose donc un tournant et une alternative nouvelle à la performance dont les figurations prennent une forme de monumentalisation intempestive ou/et de farce.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

05/08/2015

La photographie et ses « doubles » : Lydie Calloud (de l’autre côté de la frontière)

 

 

 

 

 

Calloud.jpgPar ses photographies la savoyarde Lydie Calloud fait planer l’aigre et le doux. En ce sens elles « appuient » sur ce que ses dessins au stylobille proposent. L’image se renverse, sa texture crée des écheveaux et des protubérances. "Portant" du réel chaque prise pénètre un lieu de sa mise en abîme. Entre gouffres et variations il existe bien des prolongements et de « mystifications » puisque l’univers semble sans dessus dessous et sans dessous dessus.  Les mouvements induits sont moins orientés que magnétisés en divers point de fuites. L’œil en est réduit au doute, au paradoxe à l'improbabilité d'un centre ou d'un fonds qui interdit la romance. Le tout en mouvements valétudinaires faits de crêtes, de creux et de germinations. Restent des reliquats rémoulades où les idées grouillent comme des asticots.

 

Calloud 2.jpgLydie Calloud fait glisser dans les coulisses des images : seule cette noblesse oblige face au fade, au frelaté. Nul besoin de glose ou de codex. Le tout par ellipses de plusieurs foyers à la frontière de l’illisible dans de géniales hémorragies de formes dont la transparence est transe lucidité.  L’être est à éjecter du cadre de la spiritualité et de l’animalité. De plus la créatrice fait de l’ego un angle plat. Son absence crée une ouverture. Elle dégage tout ce qui fait centre de gravité ou circonférence circonstanciée. Rares sont donc les œuvres aussi délivrées des verrous de brume. Ce qu’on nomme réalité coulisse dans la viscosité du mental qui s’ouvre au songe en moutonnements grimés, de macérations abstruses et de frôlements d’imprévisibles élytres en opposition aux idéologies de l’art nourries de celles des sociétés à  partir desquelles toutes les colonies pénitentiaires se mettent en marche.   Lydie Calloud quant à elle opte pour la solitude et la liberté.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les œuvres (remarquables) de l’artiste sont visibles à la Galerie Jacques Levy à Paris. Elles mériteraient une galerie en Suisse.