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20/04/2019

François Fiedler le pariétal

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Proche d'une observation moléculaire du monde François Fiedler est à la recherche d'images primitives et sourdes proches d'un art pariétal d'un nouveau genre là où un brutalisme et un minimalisme jouent de concert. Soumises aux intempéries ses oeuvres sont confrontées à la violence de la nature avec laquelle elles vivent un temps plus ou moins long pour en subir les affres.

 

 

 

 

Fiedler 2.jpgExiste l'apothéose (discrète) de lignes, de courbes, de fuites. Ce qui prouve que la nature n'a pas plus horreur de l'art que du vide. Le premier se débat dans son propre jus. Si bien que de cosa mentale il s'échappe en prenant une autre route où se suspend en partie sa matérialité et se réalité. Toute une vision se reconstruit et se réfléchit là où volumes et couleurs se calculent et se vivent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

François Fiedler, "Matières", Galerie Maeght, Paris jusqu'au 17 mai 2019.

11/04/2019

Barbara Polla et les femmes en mouvement

Polla shaun_gladwell.jpgLa galeriste française Magda Danysz et la Suissesse Barbara Polla (Analix Forever, Genève) sont complices depuis longtemps. La seconde est  curatrice de la nouvelle exposition de la galerie Danysz où est présentée une série de vidéos en hommage - et quel hommage ! - aux femmes. Avec « Fucking Beautiful » (2017) la galerie réunissait six artistes femmes vidéastes. "Moving Women" élargit le propos : 4 femmes (Dana Hoey, Clare Langan, Yapci Ramos et Lee Yanor), et 4 hommes (Laurent Fiévet, Shaun Gladwell, Erwin Olaf, Mario Rizzi) créent des visions de femmes en mouvements : parfois sûres d'elles parfois soumises au doute eu égard à leur position en divers eaux troubles ou tours  d'écrou.

Polla Dana_hoey_danysz.jpgL'ensemble crée beaucoup d'émotions de nombreux registres. Dans la vidéo de Shaun Gladwell, de l'océan dépasse un visage de femme casquée en aviatrice. Il s'agit de celui d'une célèbre pilote ("double psychique" du vidéaste) partie à la recherche de son mentor disparu en mer. Le même esprit préside à la vidéo de Clare Langan où une mère et sa fille s’embrassent, nagent, fusionnent à la surface de l’eau. Parfois néanmoins le portrait de la femme est plus violent ou douloureux mais toujours nourri de réel : aux boxeuses, fières, invincibles de Dana Hoey font place des femmes hantées ou engluées en des situations plus difficiles (camp de réfugiés, en Jordanie chez Mario Rizzi).

Polla lee_yanor_.jpgChaque film est d'une beauté perturbante et ouvre bien des portes. La convergence de diverses luttes passe par la poésie visuelle où s'inscrivent divers parcours et un appel à l'amour loin des tartes à la crème des leçons de conduite. Le féminisme devient un humanisme au sens profond du terme ; il est à la fois existentiel et politique, le tout avec élégance et loin des enfumoirs brumeux. L'engagement n'a rien de claironnant : il passe par le corps des femmes et les droits qui leur reviennent  au sein de diverses situations. Celles-ci produisent des chroniques vertigineuses mais tout autant accessibles là où les "embarquements" intensifient l'espace et élargissent l'aura des femmes.

Jean-Paul Gavard-Perret

Collectif, "Moving Women", Galerie Danysz, Paris, du 13 avril au 16 mai 2019.

31/03/2019

L'érotisme "abstrait" d'Isabelle Walberg

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Née à Oberstammheim la sculptrice Isabelle Waldberg (1911-1990) appartient à la mouvance de l’abstraction. Première femme directrice d’atelier de sculpture à l’E.N.S.B.A. de Paris, son travail possède une envergure internationae. Sa première exposition fut organisée par Peggy Guggenheim à New York en 1944.

 

 

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Intellectuelle elle fit partie du "Collège de sociologie" de Georges Bataille et au cercle des surréalistes exilés à New York pendant la Seconde Guerre mondiale. Son abstraction permet néanmoins de découvrir des êtres hybrides mi-humains, mi-végétaux et, plus tard, des autoportraits qui célèbrent la féminité par la représentation de l’intimité, selon une verticalité particulière. Elle donne à la corporéité et à l'érotisme féminin un visage original.

 

Walberg 2.jpgSes œuvres véhiculent diverses métaphores entre onirisme et réalité.Chaque sculpture est un contre-pied, un paradoxe. Les corps révèlent des saveurs inconnues en un gynécée où les figues ne tombent pas forcément des arbres entre des collines ou colonnes charnelles. L’affabulation ou le rêve érotique sont présents mais s'y inscrivent d'autres enchantements et ramifications là où l'artiste fixe des dérives pour en connaître les secrets et les faire partager au moment où elle devint le princesse des nuées du Deuxième Sexe soudain premier.

Jean-Paul Gavard-Perret