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18/12/2016

Thomas Huber et les femmes fontaines

Huber.jpgThomas Huber, « Extase », Centre Culturel Suisse de Paris, du 21 janvier au 2 avril 2017, livre « Trésor irrévérencieux », et « A l’horizon », Galerie Louis Carré, du 20 janvier au 25 février 2017.

Pour la première fois Thomas Huber propose une exposition entièrement réalisée in situ, composée de dessins, d’aquarelles et de grandes peintures murales. La configuration picturale ne se détourne ici jamais d’éros. Il en devient le fondement multiple et un pour une expansion du monde.

Huber 2.jpgRefusant de se soumettre à cette incoercible "absence de rapports" (Beckett) entre l’art et le corps. Eros se décline sous diverses métaphores qui ne méprisent pas toute tendance réaliste. L’éros est offert selon des traces libérées des contraintes spécifiques de la spatialité picturale admise. Mais la littéralité est remplacée par des dérives hallucinatoires et humoristiques. Les lieux communs sont détournés en divers écoulements où la surcharge baroque garde un rôle à jouer pour l’exaltation de la jouissance où la femme devient fontaine. De jouvence. Le regardeur a parfois l'impression de se situer non devant, mais dedans loin du chemin du retour à la vieille naïveté comme à l’illusion de vivre en pays conquis.

Jean-Paul Gavard-Perret

13/12/2016

Vika Struk : nouvelles donnes

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Vika Struk a déjà assimilé l’histoire de l’art et de la photographie qui est devenue son medium. Elle ne cesse d’en proposer diverses versions dans une esthétique plurielle mais néanmoins toujours reconnaissable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Hyper douée elle peut jouer sur divers « angles » de vue. Le réel est là, mais il est tout autant repris, corrigé, découpé, révisé de trames. Struk 5.jpgParfois l’artiste appuie sur un effet de suggestion provocante, parfois elle cultive le retrait à la recherche non du réel mais d’un pur langage.

 

 

 

Le plus souvent elle s'intéresse à ce qui brûle l'apparence pour ne retenir que des épures ou fragments souvent ironiques par ses interventions intempestives.

 

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Des rondeurs s'enveloppent les unes dans les autres selon un géométrisme astucieux. Vika Struk projette la photographie vers une autre voie en l'excluant de la représentation de la nature ou de la réalité afin de créer d’estimables quintessences qui rappellent parfois l’art de Mondrian, Lissitzky, Moholy-Nagy et qui transforme l’art du portrait en une crise de la figuration tout comme vers la recherche d’une intimité. Vika Struk.pngExiste aussi une ouverture là où parfois les personnages sont renvoyés à une solitude irrévocable ou au secret de leur identité verrouillée.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vika Struk, exposition Corridor Elephant, Paris, décembre 2016.

 

10/12/2016

Delicatessen : Claire et Philippe Ordioni

Ordioni 2.pngClaire et Philippe Ordioni cherchent les métamorphoses du portrait par l’éclosion d’une forme de fantasmagorie parfois monstrueuse mais le plus souvent baroque. La figuration est tamisée en bonne distance entre le rêve et le réel. Tout devient drôle ou inquiétant. En primitifs du futur les deux créateurs imaginent qui ne doivent leur salut qu’en sombrant dans une schizophrénique visuelle pour faire face à un monde lui-même mentalement et psychiquement affectés. Au leurre répond le simulacre.

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Ordioni 3.pngChoisissant leurs modèles au fil des rencontres ou de leurs amitié, Claire  et Philippe les scénarisent : chaque modèle incarne au mieux « son » monstre grâce à l’alchimie des deux artistes. Pour l’heure Philippe Ordioni n’a pas réussi (si on le croit) le modèle parfait citant pour le confirmer une phrase de Diane Arbus : « Je n’ai jamais réussi à réaliser la photo que je voulais prendre, elle est toujours soit pire, soit meilleure ». Il pousse pourtant la folie plus loin puisque le corps y est engagé de manière frontale. Tout est captivant, fantastique. L’univers de « Delicatessen » n’est jamais loin mais en plus onirique.

Jean-Paul Gavard-Perret

Claire et Philippe Ordioni, « Portraits baroques », « Divas baroques », « Icônes baroques », Arnaud Bizalion Editeur, 2016, chacun 18 E.