gruyeresuisse

25/06/2021

Philippe Thireau : King-Kong de Lausanne

Thireau.jpgSans nous faire prendre les lanternes magiques pour des vessies - du moins pas tout à fait - Philippe Thireau crée en Malevitch littéraire, un roman noir sur fond noir même si tous ses narrateurs lui adressent in petto un  "Ne me laisse pas ici parmi les ombres". L'auteur, sans forcément, les écouter les sauve plus ou moins car tous, de près ou de loin, sont une partie de lui-même. Et ce dans leurs dérives en boues sociales plus que terre fixe, en film lent où tout le monde s'agite, en film d'action où rien ne se passe.
 
Thireau 2.jpgEntre Paris et Lausanne, la belle pulpeuse Abricot dégagée des pièges du marieur fou et Gabon sorte de surmoi de l'auteur renvoient à de courbes histoires qui réanimeront bien des souvenirs aux passionnés de sinécures comme des cures de ciné. Il ne faut pas pour autant compter sur Thireau pour en devenir le saint prêtre. Il construit des galères méphistophéliques dont les piliers de la sagesse ou de la folie sont Jean-François Stévenin et Jean-Luc Godard (en danger). Nous aurions pu rêver pire et l'auteur nous balade entre Mercedes 190 et machine de projection (Victoria5 B que les spécialistes apprécieront). A mesure que la frontière franco-suisse s'approche, tout va à vau l'eau (du Léman).
 
Thireau 3.jpgGrésillent le réel et le rêve, l'éros et ce qui le tue. L'auteur d'un tel pôle hard permet par l'image fixe de découvrir le mouvement et la vitesse à travers des flous et des angles de vue fascinants massés - à la limite de la décence - avec ironie avenante. Existe en noir sur blanc ce qui crée une poésie viscérale de l'être et du monde, de la vérité par le mensonge. Si bien que Thireau devient un chamane comique. Il transforme le grain cinématographique en brillance farcesque pour enchanter le réel même lorsque tout le désenchante. Existe ici non seulement un oeil ironique qui caresse le monde mais le regard qui l'approfondit par tout ce qui dans la fiction pouffe et fait résistance.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Philippe Thireau, "Cinéma Méphisto", Coll. Bleu Turquin, Editions Douro, 2021, 88 p., 15 E..

14/03/2021

Laque L'aimant - Saines lues brique âme montre oeufs

Divoy 2.jpgAmbre assad
Saoul l'haut dû lit d'eau ce des dou âne l'home svouite home ho bu fait an pire houx reste au ration. Fan  tommette leurre juin antre part en thèse. Champ pionne con posante dû pro jet deux sons suce dix pas tronc koike en paic riz ode mens truelle. Quint porte. L'entre prise car tonne an fa si lit thé deux soux mission en terre rein mi né he anse en gland thé. L'an ployée cent barre guigner mais an Seine son corre médit calle Ysée. Sous daim leu rat port d'eux viens y média. Sept caté chaise en pêches nue le ment la con fession. Come parasart leu cas fouillage du mon dentier ai f assez  "Hune ma Chine come toua hele l'avis roue git. Queue tue an soie benne hi" deale âme ment a prêt kil lut penne etre hé an hure leu ment  de six reines.

Divox 5.jpgL'avis haie tailleur
De Colette thé après T, ma melon plaie torrique, colle an dés chie ré, jarre tel ex hi B , la mare et challe à morse aout rance. L'écrit et les sous pires anse bord d'aile fée grain C  la mort halle. Sont mack rôt pâques beau, deu  or sympa sciante. Hune meuh te ai tas ça tisse fer. Lez bancs d'heures son musc lez plu qu'a tension né. Braie f ilya dé pré las ha soc huppé. Sans heure eau pourre cent voie hié an l'ère. L'a veine us ha dû pin sure l'aplanche sent tomne hé an happe nez. Han tends dé jet mire ses pince heure deu taies tons kan l'aka teint fée j'aille hire lappe urée. "Hit thé miza este" sous pire telle a vent kils ail ceux con fesser. Avent d'ajout T " Hase soun hase peau si bol ande api beurce dais touillou" an angle haie carco naissant lé d'oeufs lang. 

Jean-Paul Gavard-Perret

Collages de Michèle Divoy

17/01/2021

Jean-Philippe Toussaint : écran noir

Toussaint.pngJean-Philippe Toussaint  bouscule l’apparente logique fictionnelle et théâtrale. Il fomente le peu de conformité à ce que l’on serait en « droit » d’attendre. Progressivement et dans des pots de brume,  le locuteur se perd à la poursuite des espaces devenus incertains puisque sa vue est bouchée eu égard à des architectures intempestives.
 
 
toussaint 2.jpgHandicapé suite à un attentat et ne pouvant prendre une position verticale, ce sombre héros revient en position foetale. Et tout se transforme en un monologue sinon du sourd du moins de celui qui est envahi  de ses ombres portées et par celles inhérentes au ravaudage de l'urbanisme.
 
Toussaint3.jpgLe tout en plaisanteries tragiques de la part de celui qui est victime de divers nochers démoniaques. Sans jamais moraliser - bien au contraire – Toussaint crée l'ouverture des abîmes à la mystique comme à la logique car les deux réduisent l’être en divers types de criminalité contre nature envers l'homme et son  séjour. Mais une fois de plus l'auteur ne se  fait pas d’illusion : on ne sort pas du grand néant, on y rentre. Toutefois la vie est assez sublimement médiocre pour qu’on ait envie avec le poète de la secouer afin que les étoiles se balancent dans leurs anneaux et que les fleurs d'apocalypse secouent leurs chaînes.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Jean-Philippe Toussaint, "La disparition du paysage", Editions de minuit, Paris, 48p., 6,80 E., 2021.