gruyeresuisse

08/12/2017

La légèreté de l’être : Luciana Pampalone

Pampalone 3.jpgLes photos de mode de Luciana Pampalone dépassent très largement le simple cadre marketing. Mannequins, accessoires, mises en scène, etc. tout ramène à l’univers des années d’entre les deux guerres mondiales. Mais c’est moins rétro qu’il n’y parait. Existe un retour au réel d’aujourd’hui. Le noir et blanc des films muets ne manquent ici et paradoxalement jamais de « couleurs ».

Pampalone.jpgL’artiste reste la maîtresse des prises et reprises au charme débordant. Elles dépassent les bornes temporelles. Existe toujours un rire implicite, une vie par le ravissement proposé : les êtres et la nature dansent entre grands espaces et plans rapprochés en une perpétuelle partie de séduction.

Pampalone 2.jpgLes gammes immuables de reconnaissance prennent soudain une allégresse entre les anfractuosités d’un arbre et les mouvements d’une jupe autour de hanches. Se déploie un vertige là où la photographe biffe les précipices. Rien n’a lieu que la dynamique des corps et l’immuable torsion de la beauté de la nature. Pétrification et passage créent un flux au milieu des discontinuités évènementielles et des poses.

Jean-Paul Gavard-Perret

Luciana Pampalone, Robin Rice Gallery, New-York, décembre 2017.

06/12/2017

Les farces et attrapes de Jacqueline Devreux

Devreux 2.jpgPlutôt que de cultiver les constellations apaisantes Jacqueline Devreux s’amuse à ouvrir des béances érotiques sémillantes mais où s’empilent des noirceurs. Dans de dernières lueurs avant l’extinction des feux les femmes cultivent brasiers, jeux, incandescences. Ici point de repos du corps. Il ne dort pas en se couvrant d’un drap : son fleuve serpente en des lueurs propres à créer des troubles chez les insomniaques rêveurs.

Devreux.jpgLes muses en leur corps amoureux s’amusent entre elles et Jacqueline Devreux en capte les résonances. Il existe des enchantements et des farces. Des rondes étranges où se devine un sein ou une jambe. Les silhouettes illuminent les ombres, leurs cheveux emportent des soulèvements qui se renversent sans attendre le matin. Chaque œuvre reste une fête, les corps s’élèvent jusqu’à devenir énigme au gré des courbes et de leurs bordures. Les femmes appellent des clairs de lune pour se moquer des voyeurs qu’elles envahissent de leurs (im)postures en habiles traîtresses. Mais ils n’en ont cure. Même si pour se rincer l’œil un tel bain demeure problématique.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Jacqueline Devreux, « Epicerie Fine », dessins et peintures récentes, Galerie Pierre Hallet, Bruxelles, du 16 décembre 2016 au 4 février 2018.

04/12/2017

Rose Hartman et la pastorale new-yorkaise

Rose-Hartman.jpgRose Hartman a photographié pendant 40 ans les icones de la culture made in New-York. Du moins celles qui s’exhibent au moment des vernissages, défilés de mode, soirées et clubs célébrissimes. Celle qui commença sa carrière au « SoHo Weekly News » est devenue elle-même une artiste clé de ce monde : sa photographie est sortie du reportage pour entrer dans le monde de l’art par son don de l’à-propos visuel et du cadrage.

Rose-Hartman 2.jpgRéputée pour ses incursions au sein du « back-ground » la photographe fut prénommée « L’infâme » titre qui fit la gloire de la commère des images. Mais l’Amérique du moins New-York (ce qui est bien différent) y trouve un récit particulier de la vie de ses célébrités plus ou moins passagères ou frelatées mais parfois incontournables..

Rose-Hartman 3.jpgAu formalisme forcené la photographe préfère la recherche des sensations fortes. Elles débordent de partout en ce dérèglement de « contes » et parfois de règlements de décomptes... Le monde de l’ostentation en prend pour son "rade" sans que l’artiste l’auteur forcément le dégrade. Mais le plus vibrant des hommages trouve là de drôles d’angles d’attaque.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

“Infamous Rose Hartman”, Edelman Arts, New-York, du  20 novembre au 22 décembre 2017.