gruyeresuisse

08/09/2018

Thierry Smets : devine qui vient dîner ?

Smets 2.jpgThierry est bien plus intéressant que Jean-Philippe Smet(s) dit Hallyday. Il est aussi célèbre que le braillard puisqu’il est « mondialement connu dans son petit village de Boneffe (Belgique), la capitale de … de … heu … des champs de blé de sa région ». Agrégé en érotisme il accumule les prix photographiques « le grand prix du 69 » auto-remis à lui-même dans son salon, « la Palme d’or du Concours Brigitte Lahaie de la photographie érotique qui n’existe pas » et le « Grand Prix du public du Festival international de la photo de nu de sa rue en cul-de-sac ».

 

Smets.jpgIl fait donc autorité en manière de blagues et appartient d’emblée aux grands irréguliers de la photographie belge dont le marrant Marcel Marien fut le curseur voire le précurseur. Il pense publier de nombreux ouvrages dont “comment photographier en cachette votre belle-mère quand elle prend sa douche ?” dès qu’il aura convolé en juste noce ou juste en une noce de paille.

Smets 3.jpgMais qu’on ne s’y trompe pas ce Thymthym dont le tee bée, au lieu de jouer avec Milou à la baballe ou - et lorsque son oral est au plus bas - de s’étendre sur un clic-clac avec de belles femmes, préfère que le déclic de son appareil claque. La lumière filtre sur ses ondines aux chandelles dans le plus simple appareil. Les coussins se meurent, les draps s’évaporent. Restent les belles de cas d’X dont l’image défie les paupières. Pas besoin d’enlever leur serviette pour savoir si elles sont filles ou garçon. Le doute n’est pas permis. Dans le creux de leurs hanches coulent une rivière sans retour. Et dès qu’elles font un break, le photographe plutôt que danser le hip-hop, tire leur portait. Ce qui est bien mieux que de se jeter dans le vide lorsqu’elles regardent à la fenêtre.

Jean-Paul Gavard-Perret

https://thierrysmets.myportfolio.com/

Marie Bette : le mou et le dur

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Marie Bette crée des pièces étranges, entre la sculpture et la peinture, posées à même le sol ou accrochés au mur. Elle invente des pièces flottantes, coulantes voir qui se dissolvent. Au besoin elle les immerge pour qu’elles redeviennent une pulpe qui se détend sous l’humidité et se contracte au sec et la chaleur. Chaque pièce est à modéliser de nouveau.


C’est sans doute pourquoi Marie Bette opte pour la cellulose et la gomme arabique pressée dans un moule. « C’est un matériau pratique et léger, qui ne coûte rien et absorbe la peinture, la graisse et la cire » précise l’artiste. C’est aussi une matière poétique dont les couleurs créées par des encres offset d’imprimerie diluée dans de l’huile végétale absorbent la lumière.

 

Bette 2.jpgMais l’artiste ne s’arrête pas là elle explore actuellement du néoprène, du fil réfléchissant, de l’aluminium, de la cire de Babybel, de la toile de jean. Jaillissent des objets toujours singuliers et étranges qui, quoique rigides, peuvent changer de forme pour raison « météorologique ». Une baudruche noire ressemble aux restes d’un divan ou d’un canot de sauvetage. Et le titre de l’œuvre (« Tous les spécialistes du sujet ont disparu ») crée autant une précision qu’un doute.

Bette 3.jpgQuant au monstre marin « Sea Lion Foot » il devient une excroissance organique en céramique. Ce lion de mer - ou ce pied de nez - luit dans l’ombre lorsque la nuit revient à l’aide de pigments phosphorescents. L’artiste trouve là une manière de raconter des histoires énigmatiques aussi féériques que réalistes propices à de nombreuses interprétations.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marie Bette, « Pneumate », Galerie Mezzanin, Genève, du 14 septembre au 5 octobre 2018.

 

03/09/2018

Guillaume de Sardes : entre prétresse et geisha

SBimbo.jpgelon Agnès Giard, «La Bimbo a choisi une carrière d’objet sexuel. C’est équivalent américain d’une geisha parce que, contrairement à ce que les gens croient, cela demande énormément d’efforts pour le devenir.» Et dans sa vidéo « BIMBO » Guillaume de Sardes explore le phénomène et la manière d’entrer en « bimbographie ». Le film est une parfaite marche à suivre. Se voit la métamorphose au moment où une voix féminine monocorde en expose les étapes.

bIMBO 3.jpgEst rappelé implicitement que pour devenir bombe (ou « bombasse » comme disent certains) il faut tout un travail préalable : implants mammaires, piercings, gonflement des lèvres. Et lors des ébats intimes ces geishas made in USA ont appris ce qui plait à leur seigneur et deviennent des gorges profondes - mais pas seulement… Pour illustrer son propos Guilaume de Sardes à fait appel à celle avec qui il collabore souvent : la plasticienne Régina Demina. Habillée en rose bonbon elle ondule lentement devant la caméra. Quoique en rien Bimbo, elle joue le jeu, précise ses divers charmes « comme une hôtesse de l’air fait la démonstration des consignes de sécurité » écrit Agnès Giard. Le texte a été repris tel quel sur un site de « bimbofication » et permet au créateur de poursuivre sa recherche sur les marges de la sexualité au moment où la femme devient plus que jamais fétichisée.

bimbo 2.jpgCe phénomène - comme le note Barbara Polla - reste encore peu étudié tant il est estimé populaire et trivial. Existe dans un tel travail les prémices pour comprendre ce qui pousse une femme à se transformer par sa beauté artificielle et son exhibition pour une paradoxale sous-estimation d’elle-même et à un moyen - peut-être – de rassurer les hommes toujours avides de maman et de putain. Il trouve par ailleurs - et à travers les promesses de sa Bimbo-trophée - un gage et une fierté de posséder une chose et un jouir sacrificiel par celle qui se soumet à sa satisfaction. . Guillaume de Sardes en témoigne « froidement mais de manière explicite.

Jean-Paul Gavard-Perret

«Bimbo», écrit et réalisé par Guillaume de Sardes. Avec : Régina Demina. Voix : Marie Piot. Texte : tumbr. La vidéo a été présentée à Genève chez Analix Forever où l’artiste expose ses photographies.