gruyeresuisse

10/11/2019

Graziella Antonini : le geste et l'attention

Antonini.jpgIl existe dans l'oeuvre de Graziella Antonini des visibles hétérogènes apparemment incompatibles. Néanmoins loin de plans d'illusions ce sont des réalités qui se répondent d'une série à l'autre.

 

Antonini 3.jpgLa grande diversité des thèmes, lieux, genres (portraits, paysages) cherche à retenir ce qui est difficile à verbaliser. La "vraie" vie n'est jamais saisie de manière académique. La photographe ne cherche pas à témoigner d'un état particulier qu'il soit psychologique ou social dans ses voyages fictifs ou réels.

Antonini 2.jpgLa narrativité n'est pas plus le  centre de telles propositions. Graziella Antonini  préfère un "vois là" à un simple "voila" - dans le sens d'un "voila j'ai fait l'image" (Beckett). La créatrice réfléchit à ce qu'elle fait et ne se laisse pas glisser dans la facilité du langage. Elle la coupe sans se soucier des tenants ou aboutissants conceptuels. Et c'est là l'essentiel.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/11/2019

Sarah Carp : les images nécessaires

Carp.jpgSarah Carp, "Renaissance", Galerie Focale, Nyon, du 16 novembre au 22 décembre 2019. Sarah Carp et Delphine Schacher, "En Résonnance", Galerie du Théatre du Crochetan jusqu'au 7 février 2020.

 

Il existe dans le travail de Sarah Carp une émotion à fleur de peau. Toutefois l'artiste - pour lui donner plus de force - sait trouver des biais qui sous l'effet d'un certain éloignement la rendent plus intense et duale. La solitude, l'abandon transparaissent mais sont épaulés par des flux opposés de tendresse et de douceur. La beauté de la nature supplée à la puissance vitale.

 

En un jeu de motifs la création produit le plus sobrement possible l'attente d'un espoir qui parle d'accueil et de persévérance. L'artiste donne une perspective autant poétique que symbolique à ses prises. S'y cache toujours un trait d'union.

 

Existe le rapport de l'image et du récit, de l'expérience personnelle et générale dans une telle recherche artistique. L'oeuvre reste puissamment métaphorique. Tout ce qui a priori semble anodin devient signifiant dès que l'observation devient attentive ou se laisse emporter par ce que chaque image propose de partage dont la créatrice varie les approches.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

07/11/2019

Marion Baruch l'attentive

Baruch.jpgMarion Baruch, "Résonances", Galerie Laurence Bernard, Genève, du 16 novembre 2019 au 11 janvier 2020.

Pour sa seconde exposition personnelle à la galerie Laurence Bernard, Marion Baruch ouvre toujours son travail de poésie et d'interrogation dans une forme d'appréhension du vide par effets de subtils rehauts.

Baruch 2.png

C'est une manière d'aborder l'inconnu de l'ici même et de l'ici bas et leurs rivages que l'artiste aborde comme une exploratrice qui aperçoit une terra incognita. Elle cerne des horizons mystérieux, des "côtes" farouches mais parfois avenantes et hospitalières.

 

 

Baruch 3.pngL'artiste les atteint par penchant et par inspiration en une forme de sympathie avec tout ce qui reste. La découverte est au rendez-vous. Preuve que Marion Baruch reste une curieuse qui attend quelque chose sans raison raisonnable voire qui se jette dans le vide vers des ondes profondes et leurs échos accueillants.

Jean-Paul Gavard-Perret