gruyeresuisse

11/11/2019

Leila Ricci : le renversement des idées

Ricci 2.jpg

Leila Ricci oriente son travail photographique vers un certaine abstraction afin de redéfinir la perception du réel. Les notions du haut et du bas echappent afin que l'état des choses soit entraîné dans des saisies insolites voire mystérieuses.

 

 

 

Ricci 3.jpgC'est une manière de déranger l'ordre et le décor. Le sens artistique est mis en évidence par les éléments architecturaux extérieurs comme intérieurs. De telles prises "renversantes"  préservent de l'usure du temps. La photographe lui accorde une patine et des axes originaux. Dans l'évidence d'un solstice aussi net qu'erratique.

Ricci 4.jpgElle propose des basculements et parfois elle greffe des trous dans ses photographies afin de pérenniser cette mutation et rendre des révolutions cinétiques au plan fixe. Le réel reprend vif, les édifices gondolent par la manière dont Leila Ricci multiplie les points de vue possibles où les murs et le décor acquièrent une nouvelle "respiration".

Jean-Paul Gavard-Perret

10/11/2019

Graziella Antonini : le geste et l'attention

Antonini.jpgIl existe dans l'oeuvre de Graziella Antonini des visibles hétérogènes apparemment incompatibles. Néanmoins loin de plans d'illusions ce sont des réalités qui se répondent d'une série à l'autre.

 

Antonini 3.jpgLa grande diversité des thèmes, lieux, genres (portraits, paysages) cherche à retenir ce qui est difficile à verbaliser. La "vraie" vie n'est jamais saisie de manière académique. La photographe ne cherche pas à témoigner d'un état particulier qu'il soit psychologique ou social dans ses voyages fictifs ou réels.

Antonini 2.jpgLa narrativité n'est pas plus le  centre de telles propositions. Graziella Antonini  préfère un "vois là" à un simple "voila" - dans le sens d'un "voila j'ai fait l'image" (Beckett). La créatrice réfléchit à ce qu'elle fait et ne se laisse pas glisser dans la facilité du langage. Elle la coupe sans se soucier des tenants ou aboutissants conceptuels. Et c'est là l'essentiel.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/11/2019

Sarah Carp : les images nécessaires

Carp.jpgSarah Carp, "Renaissance", Galerie Focale, Nyon, du 16 novembre au 22 décembre 2019. Sarah Carp et Delphine Schacher, "En Résonnance", Galerie du Théatre du Crochetan jusqu'au 7 février 2020.

 

Il existe dans le travail de Sarah Carp une émotion à fleur de peau. Toutefois l'artiste - pour lui donner plus de force - sait trouver des biais qui sous l'effet d'un certain éloignement la rendent plus intense et duale. La solitude, l'abandon transparaissent mais sont épaulés par des flux opposés de tendresse et de douceur. La beauté de la nature supplée à la puissance vitale.

 

En un jeu de motifs la création produit le plus sobrement possible l'attente d'un espoir qui parle d'accueil et de persévérance. L'artiste donne une perspective autant poétique que symbolique à ses prises. S'y cache toujours un trait d'union.

 

Existe le rapport de l'image et du récit, de l'expérience personnelle et générale dans une telle recherche artistique. L'oeuvre reste puissamment métaphorique. Tout ce qui a priori semble anodin devient signifiant dès que l'observation devient attentive ou se laisse emporter par ce que chaque image propose de partage dont la créatrice varie les approches.

 

Jean-Paul Gavard-Perret