gruyeresuisse

28/08/2017

Nathaly Petrova : book-in des effeuillées roses

Petrova.jpgEntre l’idéal et le réel, entre l’imagination et la sensation, Nathaly Petrova crée comme unique point de jonction du monde les morceaux de corps féminins. Ils deviennent symboles et substances. Entre le mythe et le réalisme surgissent l’éros et son exaltation en une éternité éphémère. Les biquettes au besoin deviennent bouc-innés. L’extase se savoure par découpes selon des capitonnages et parfois des décapitations puisque un crâne shakespearien traîne sur une tablette.

Petrova 2.jpgPréférant la petite mort le corps est soumis au dynamisme de la caresse dans des alcôves aux confins du réel entre ordre et « désordre » et en de silencieuses cérémonies secrètes. Une fièvre particulière s’enracine pour le temps des amours et des aventures comme chantait Françoise Hardy lorsqu’elle était naïve. La femme n’est plus une femme mais une suite d’évènements insolubles selon un sentiment qui prend sa source dans la peur de l’impénétrabilité de tout ce qui n’est pas chose mentale...

Petrova 3.jpgLe mystère et la beauté du féminin emprunte des tournures obliques. L’amour y semble un délire gymnique comparable à celui qui fait croire que l’azur du ciel est immense et rond. Dans cet univers trouble, décalé, humoristique, et même dans une certaine gravité la femme n’est jamais maussade. Du moins pas plus que la lune dans les poèmes de Reverdy.

Jean-Paul Gavard-Perret

27/08/2017

Le grand jeu de Charlotte Herzig


herzig 2.pngCharlotte Herzig, « Hits and Misses », Bartschi, Genève, à partir du 31 aout 2017.

La peinture et la lithographie sont les médiums majeurs de Charlotte Herzig. Elle mélange dans ces deux processus le noir et le blanc comme les couleurs.
Les fleurs, les figures géométriques deviennent parfois des moyens de répéter le même geste ou plutôt de le faire varier afin que le contexte soit vu différemment en une sorte de « grand jeu » à la Daumal qu’elle développe parfois avec Andreas Hochuli comme pour « il frutto dentro di me » ou avec diverses collaborations.

herzig.pngL’artiste aime utiliser divers rappels de couleurs en des stratégies ludiques. Certains éléments demeurent néanmoins parfois isolés. D’où cette constellation de travaux influencés par ce dont l’artiste pense au moment où elle peint avant de se focaliser sur un sujet précis. L’objectif est de créer une atmosphère dans lequel le spectateur peut s’inclure au milieu des murs et au sein de paysages qui peuvent rappeler ceux où l’artiste a grandi. Enthousiasme, improvisation, mais aussi travail restent les maîtres mots d’une telle œuvre pleine d’alacrité. Au milieu du bleu turquoise, du violet ou de teintes plus acides, la peinture propose une chorégraphie visuelle, une suite de mouvements qui ravissent le regard par leur harmonie et leur mouvement.

Jean-Paul Gavard-Perret
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25/08/2017

Renate Buser et le cœur des villes

Buser.pngRenate Buser « Monopoli », galerie Gisèle Linder, Zurich, 2 septembre - 9 octobre 2017.


Avec « MONOPOLI », Renate Buser propose ses nouvelles photographies de lieux a priori disparates. S’y perçoit toujours une manière enjouée de saisir le plus banal. S’y détecte comme à l’instinct une histoire autant d’habitants, d’habitus que d’architectures en une revue de détails de constructions de diverses époques. Buser Bon.jpgLa photographe semble en faire une revue de détail et crée une mise en perspectives de divers types de beauté architecturale. Ajoutons qu’elle se sert comme support de style de plaques d’aluminium. Celles-ci confèrent un brillant aux photographies et une sorte de volumétrie particulière.

Buser 3.jpgRenate Buser pense l’architecture comme une prise de position et non comme une collection d’objets. D’où sa poésie secrète. Passant par le détail pour offrir une vue d’ensemble, elle propose une vision accorte, offre ouverture et profondeur toujours avec élégance en rien formatée. S’y éprouvent une circulation, une germination spatiale, un envahissement. Le paysage possède ainsi une magie et une cohérence. Le regardeur ressent le plaisir intérieur d’être dans un élément spatial adéquat. Existe donc une propédeutique idéale à qui veut connaître la poésie urbaine faite autant de patrimoine et de calme que d’existence.

Jean-Paul Gavard-Perret