gruyeresuisse

02/07/2015

Le lyrisme de Katharina Grosse

 

 

Grosse.jpgKatharina Grosse «Sieben Stunden, Acht Stimmen, Drei Bäume», Museum Wiesbaden, Galerie Mark Muller, Zurich

 

 

Frontières, limites extrêmes, seuils mais aussi cœurs ouverts deviennent pour Katharina Grosse une manière d’explorer ce qui tient à l’incessant devenir de son « moi » et du monde. Trop d’artistes les confondent avec le néant et les  maintiennent à distance.  Katharina Grosse s’y refuse. Elle transforme la peinture en cérémoniel coloré et lyrique. Elle divague parmi des ruines,  se retire ou se perd auprès des vagues. En surgit par effet onirique une mystique sensuelle qui transmute causes et effets.

 

Grosse 2.pngL’œuvre échappe au morcellement sinistre et à la mollesse des temps. Elle crée un univers où  la peinture devient la présence  miraculeuse entre le poids d’un passé nécrosé et la vanité d’un avenir douteux. Ce présent poétique est la reprise des images écoulés et connues par une présence qui leur porte secours et en répond quel que soit leur poids de douleur et de joie, de solitude ou de partage. Katharina Grosse transforme la vision en destin. S’y traverse des frontières. Le cœur palpite sur la musique du vent en une danse de vie plus que de mort. Il s’agit de vivre d’air et de lumière. Entre le dehors et le dedans.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

30/06/2015

Bandes et Sarabandes de Lynn Bianchi


Bianchi.jpgPartant de la tradition classique de la photographie Lynn Bianchi cherche le langage le plus proche possible des sensations et de la perception de l'existence. L'artiste transpose le fantasme par les interférences entre l'érotique et la nutrition. En ses narrations les femmes sont nues et d’affamées mangeuses de pâtes. Abandonnées à leur appétit elles ne perdent en rien de leur grâce pleine d'humour que leur morphologie soit longiligne ou épaisse.



Bianchi 2.jpgDu décharnement à l'obésité les femmes trouvent une dimension aussi drôle que sacrée. Elles deviennent des spectres nus  faisant front à l’éternité dont elles sont dispensées si ce n’est par la blancheur dans laquelle l'artiste les immortalise.  Leur signification échappe à tout pathos et dépasse de mille lieues une simple illustration d’une farce. Les bacchanales deviennent les féeries fantômales de notre essentielle inquiétude ou angoisse.  Elles font de nous ce que nous sommes : des êtres triviaux, superbes et dérisoires qui ne mangent plus pour vivre mais vivent pour manger. Beau pied de nez à l’anorexie organisée.


 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Des œuvres de l'artiste sont présentes au Musée de l'Elysée, Lausanne.


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26/06/2015

Les « extra-vacances » de Katja Schenker

 

Katja_Schenker 3.jpg

Katja Schenker, Temps Suspendu, Galerie Mitterrand, Paris , jusqu’au 11 juillet.

 

Pour ses performances comme pour toutes ses créations Katja Schenker part souvent d'objets, de matières ou de « paysages » quotidiens qu'elle soumet à des métamorphoses fascinantes. Les images créées restent des interrogations formelles où entrent en résonances des squelettes du monde, des monochromes de rochers, des failles et des étendues dans des oasis de lueurs où s’abreuvent des méditations profondes.

 

Katja_Schenker.jpgDe chaque création, photographie, dessin, installation tâtonnent des impasses où se contorsionnent des épopées virtuelles, d’incrédules chorégraphies, des structures et des surfaces monumentales où la rebelle « danse » là où jubilent ses extravagances qui fécondent émois et doutes. Pêle-mêle dans les étreintes que propose Katja Schenker le monde s’imbibe aux buvards des formes et des heures. La silhouette de l’artiste se fond avec ses lieux, ses matières, leurs assemblages pour d’inédites escapades où le songe se pétrit loin des logiques anémiées des formules apprises.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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