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25/11/2016

Suspens et rythmiques : Eliane Gervasoni


Gervasoni.jpgEliane Gervasoni « Come potrei cacciare, se prime non designassi ? » (Gasparelli Arte Contemporanea), « L’espace efface le bruit » Galerie de la Ferme de la Chapelle, Genève, du 8 octobre au 27 novembre 2016.

 

Eliane Gervasoni poursuit son expérience de l’analyse poétique visuelle en actes d’espace. L’artiste La créatrice « marque » comme aux fers lieux et supports qu’elle investit. Elle a dessiné à l’encre blanche des lignes qui « percent » des feuilles Canson noir (140 x 180 cm). S’opère la constitution d’une spatialisation géométrique et rythmique.

Gervasoni 2.jpgChaque œuvre est un agencement d’alignements rigides et rectilignes vecteurs de vertiges. Eliane Gervasoni en détermine les séquences afin de porter à un niveau supérieur de plénitude. En incidence interne avec le support et son grand vide initial les « incisions » deviennent des sonorités visuels d’un «poème » suspendu dans l’ouvert. Il participe d’un accord paradoxal à l’existence. L’artiste refonde l’imaginaire plastique. Par effet retour notre horizon et notre paysage intérieurs se transforment par mutations.

Jean-Paul Gavard-Perret

22/11/2016

Marco Glaviano du cliché au néo-futurisme


Glaviano.jpgChaque narration ou portrait sexy du photographe Marco Glaviano convoque, presque malgré nous, une foule de « clichés », au double sens de « photographies » et de « stéréotypes », lieux communs, images répétées et ingérées quotidiennement au point de conditionner nos réactions. Mais l’artiste italien reprend ces images flottantes pour constituer d’autres prises plus intelligentes, perfides, sidérantes, déconstruites parfois dans un néo-futurisme assumé.

 

Glaviano 2.jpgSous l’aspect globalement lisse et séduisant de ses photographies aux poses un peu surjouées jaillissent souvent des détails, auxquels on ne prend pas garde mais qui transforment complètement la perception de la photographie :  l’"objet" vu en suggère un autre.Glaviano 3.jpg Si bien que l’appareil photo devient une arme - apparemment inoffensive - mais qui entretient toutefois, des connivences avec l’arme à feu. Certes elle ne tue pas : elle produit même l’inverse : elle cicatrise par divers types d’opérations - entendons ouvertures. Et les métaphores des montages n’ont rien de sinistres : ce sont des farces mais pas du bluff.

Jean-Paul Gavard-Perret

Carmen Calvo : l’avant et l’après

 

Calvo.jpgCarmen Calvo, « L’histoire d’une de mes folies », Bartschi et Cie, Genève, 24, rue du Vieux


Pour « L’histoire d’une de mes folies » - troisième exposition personnelle à la galerie - Carmen Calvo présente des collages, photographies, dessins, sculptures et deux installations preuve. L’artiste ne cesse d’explorer divers médias et manipulations techniques pour, « reprendre » histoires et souvenirs jadis perdus ou sur lesquels le silence s’est imposé aux femmes espagnoles. Elle a cherché dans les images de la culture populaire de quoi construire ses photographies peintes, ses portraits transformés et des objets qui pour l’artiste possèdent une âme.

Calvo 3.jpgPour l’assurer, le passé « présentiel » (Deleuze) devient un garde fou afin que l’après soit bien différent de l’avant. L’artiste fait jouer le réel/virtuel en une thématique de la présence à distance. L’art devient un instrument d'extraction de l'apparence à partir d’une forme empruntée et reprise. Objets et images (réinterprétés en vue d’illustrer et de défendre les obsessions de la créatrice) sont intégrés dans les circuits reliant, par l’énergie d’émotions remises en scène, l'action. Son propos et son but restent un départ sans retour au moment où pourtant le repli semble de rigueur.

Jean-Paul Gavard-Perret