gruyeresuisse

08/07/2016

Damiers de Viviane Rombaldi-Seppey


Rombaldi.gifViviane Rombaldi-Seppey , « Entre les Lignes », du 7 au 29 juillet 2016, Dubner Modern, Lausanne.

Constructiviste à sa manière Viviane Rombaldi-Seppey joue dans ses dernières œuvres d’une forme de cinétisme. Surgit une fable optique plus que séduisante là où la structure s’anime de caprices qui bousculent les ensembles comme s’il s’agissait aussi de les ironiser par précision et impeccabilité.

Rombaldi 2.jpgPar les formes qui reviennent se créent des damiers suspendus et dynamiques. Ils portent au delà de l'illusion par celle qu'ils créent et qui aiguisent une rêverie soumise à de subtiles variations entre resserrement et ouverture selon une étendue mobile et immobile.

J-Paul Gavard-Perret

07/07/2016

Olivia Locher : péchés de gourmandises


Locher 3.pngGourgandines ou bonnes vivantes les modèles d’Olivia Locher prennent la vie par le bon côté - même si parfois une glace à l’italienne vient tâcher leur poche revolver. Mais chaque fois le vert est dans fruit : car les modèles sont pubères et sacrifient aux désirs quelle qu’en soit la texture (chair ou crème).

 

 

Locher.pngEn chambre ou sur une plage plus d’un tour est joué. La bouche donne aux sucs un art de la symbiose. D’autant qu’aux péroraisons plastiques Olivia Locher préfère les marches à suivre surtout lorsqu’elles peuvent être ratées par celles qui les suivent en jouant les méduses dans le détour de corpus qui ne sont en rien christiques. Et des corps puces : ils n’ont rien de Christi.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:35 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2016

Anne-Lise Coste : les sacrées et les profanes

 


Coste.pngAnne-Lise Coste, Pussy Drawing Riot, Nieves, Zurich, 48 p., 2016.


Zurichoise d’adoption, héritière – à sa manière de Silvia Bachli – Anne Lise Coste cultive l’insolence primesautière avec l’air de ne pas y toucher. Le dessin semble fragile, aporique : mais « tout » y est. Souvent liés à des mots ces dessins semblent lâchés de manière instinctive et à la hâte pour réveiller le regardeur. Mais à la rapidité de l’exécution se superpose une réflexion en amont. Les acryliques sur toile avec leurs contours ou leurs pleins en noir sont une merveille de naïveté feinte qui témoignent de toute une connaissance de l’histoire de l’art.

Coste2.pngIl en va de même avec ses sculptures ou ses « constructions ». Là encore elles sont faussement de bric et de broc. Par exemple une tour est construite de bâtonnets de bois. Elle est posée sur une chaise faiblement éclairée qui transfigure l’ensemble en architecture du futur. L’éphémère a valeur d’éternité.

 

 

Coste3.pngAvec chaque médium Anne-Lise Coste matérialise des rêves étranges et pénétrants, cyniques, drôles et érotiques. Objectif ou non, le hasard y fait la nique à la réalité. Surgissent de ces alliances des images du troisième type (mais où le mâle est exclu). L’artiste n’est en rien une romantique qui rêve d’inonder à l'eau de rose des dunes émouvantes. De la moindre toison la plasticienne fait une vision. Elle provoque errances et interrogations en des montages intempestifs. Les vérités admises y deviennent inaudibles et le réel se franchit vers un dedans que nous trouverons jamais sur une carte - fût-elle du tendre.

Jean-Paul Gavard-Perret