gruyeresuisse

26/06/2015

Les « extra-vacances » de Katja Schenker

 

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Katja Schenker, Temps Suspendu, Galerie Mitterrand, Paris , jusqu’au 11 juillet.

 

Pour ses performances comme pour toutes ses créations Katja Schenker part souvent d'objets, de matières ou de « paysages » quotidiens qu'elle soumet à des métamorphoses fascinantes. Les images créées restent des interrogations formelles où entrent en résonances des squelettes du monde, des monochromes de rochers, des failles et des étendues dans des oasis de lueurs où s’abreuvent des méditations profondes.

 

Katja_Schenker.jpgDe chaque création, photographie, dessin, installation tâtonnent des impasses où se contorsionnent des épopées virtuelles, d’incrédules chorégraphies, des structures et des surfaces monumentales où la rebelle « danse » là où jubilent ses extravagances qui fécondent émois et doutes. Pêle-mêle dans les étreintes que propose Katja Schenker le monde s’imbibe aux buvards des formes et des heures. La silhouette de l’artiste se fond avec ses lieux, ses matières, leurs assemblages pour d’inédites escapades où le songe se pétrit loin des logiques anémiées des formules apprises.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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Bethan Huws : Les mots dans l’art

 

 

 

Huws bon.jpgReprésentée par la galerie Tschudi à Zuoz (Suisse) Bethan Huws propose « Zone » à la Maison d’Art Bernard Anthonioz de Nogent sur Marne jusqu’au 19 juillet.

 

 

 

Huws.jpgBethan Huws vit joue des connexions intempestives entres mots et images à travers divers médias où le langage est saisi parfois au « pied » de la lettre, parfois capté selon divers types de glissements de sens qui trouvent dans l’art une matérialisation, une construction ou une déconstruction et différents types de métamorphoses. Citations, notifications, mots valises ou voisins sont imbriqués au sein de l’univers plastique afin de souligner les contradictions que mots ou formules génèrent ou dégénèrent : « épouse, épouser, épousseter », etc. par exemple. Dans sa série « Vitrines » des corpus textuels sont scénarisés au sein d’un mobilier «administratif» qui pousse à définir de fait le sens d’une œuvre non sans rapport avec l’esprit de  Marcel Duchamp


Huws 2.jpgL’influence de celui-ci est capital. Elle s’enrichit des croisements répétés avec différents poètes dont surtout Apollinaire grand amateur comme Duchamp de  calembours. Ses références sont réunies dans Research Notes (2007-2008) où Bethan Huws met en exergue les relations entre les œuvres et les textes des deux créateurs. Cette double influence se retrouve dans "Zone"  vidéo réalisée en 2013 à partir d’un poème d’Apollinaire et monté en un collage de séquences «ready made» issues de films documentaires animaliers. Le récitatif du poème est orienté vers l’image et le film vers le texte sans redondance ou pléonasme. Celle qui se plait à rappeler que «les artistes interprètent le monde et, ensuite nous interprétons les artistes»  veut se situer telle une médiatrice entre les deux. Elle accomplit bien plus : étant elle-même artiste et poétesse elle devient médium.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

21/06/2015

Les Spice Girls de Laura Callaghan

 

 

 

Callaghan 2.jpgLaura Callaghan  sans aucun didactisme mais avec un sens du plaisir crée une série de transferts implicites du monde hétéro vers un monde au lesbianisme doux. La femme devient le rempart de l'avenir et le dessin un processus actif capable de laisser naître les sensations les plus diverses et simples au sein du quotidien. L’Anglaise ne met pas vraiment son travail au service d'une idée, d'un projet conçu préalablement : cela vient naturellement car il n’existe pas de plan de création, si ce n'est l’appel à la liberté de la sensation et de l’imaginaire au sein de l'étreinte nécessaire  de la féminité plus que du féminisme.

 

Callaghan.pngL’œuvre acquiert une vibration mentale tout autant charnelle. Il ne s'agit plus de la mettre au service de quelque chose. Il ne s'agit pas non plus de lui attribuer une simple grille de lecture symbolique. La forme poétique se génère par elle-même à travers la force "intérieure" dont témoigne la créatrice.  En  parfaite liberté elle métamorphose le monde selon une vision  aussi ironique que douce, empreinte d’une volupté sans abandon. Il y a là des rires, de la jovialité, de la camaraderie sans la moindre provocation de façade.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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