gruyeresuisse

16/03/2019

Paradis bleu de Reine Paradis

Reine Paradis 3.jpg

Après Los Angeles, Reine Paradis présente  en Europe ses paysages urbains et désertiques décontextualisés de "Midnight". Dessinant une maquette pour chaque prise, elle l'utilise comme référence afin de fabriquer accessoires et costumes nécessaires aux clichés dont elle est l'actrice. Le bleu est une constante dans ce travail : il est autant celui de "la nuit américaine" cher aucinéma que celui du ciel ou de la mer.

 

 

 

Reine Paradis.jpgAu dessus, des arpents de vert ou de jaune donnent un caractère féerique à ses poses là où réel et imaginaire "conceptuels" créent une drôlerie poétique. Reine Paradis invente une notion  d’espace-temps élastique. Le contexte l’est tout autant. La plasticité est dégagée de toute volonté psychologisante afin de laisser le champ libre à la fantaisie et à la séduction.

Reine Paradis 2.jpgLa femme demeure une énigme. Le corps devient aussi glorieux que ludique. La sensualité demeure certes présente mais elle n'est qu'un outil pour accentuer la fantaisie de farce à la beauté étrange. Reine Paradis devient une poupée ludique. Elle se joue du regardeur voyeur comme d'elle-même.

Jean-Paul Gavard-Perret

Reine Paradis,"Midnight", Hôtel Jules et Jim,  Paris, du 14 mars au 14 mai 2019.

13/03/2019

La religion de l'apparence : Giancarlo Botti

Botti.jpgGiancarlo Botti (1931 - 2008) a su photographier celles et ceux qu'on nomme désormais « people ». Il a saisi la vie privée (ou presque) des stars des années 60-70 : Romy Schneider, Bardot, Jeanne Moreau, Gainsbourg et bien d'autres. Maître des narrations photographiques léchées il remplaça le réel par un songe.

Chaque acteur et actrice deviennent des matières des rêves du regardeur. Chaque photo est un ex-votos capable d’édulcorer la crasse du réel.

 

 

Botti 2.jpgTrop vraie pour être prise comme argent comptant une féerie fait racine en des scénographies plus ou moins paradisiaques.

L'artiste cherchait moins une vérité qu'une manière de répondre, par l'apparence, à l'attente du voyeur qui se pollinise à de telles visions. Entre autres lorsque les Eve du star-système se dépouillent de leur "feuille". Elles deviennent des médaillons en fleurs ou des cierges d'un genre érotique qui nous sortaient pour un moment de la médiocrité du réel. Y prendre plaisir ne mangeait pas de pain. Ou si peu. Et apaisait des peines.

Jean-Paul Gavard-Perret

12/03/2019

Morgane Tschiember : art et matière

Tschiember.jpgMorgane Tschiember "Cocktail", du 15 mars au 4 mai 2019, Galerie Laurence Bernard, Genève.

 

Morgane Tschiember ne cesse de se confronter à la matière, la couleur, l'espace et les mouvements qui déplacent leurs surfaces ou leurs lignes. Héritière de Carl André et de Tapiès, l'artiste comme eux propose un art expérimental et premier.

 

S'intéressant aux qualités précisess des matériaux auxquelles elle s’attache et qu'elle teste de manière empirique,  loin de toute théorie Morgane Tschiember offre au regard une expérience sensorielle et formelle qui induit inconsciemment peut-être des rapports de surfaces et d'épaisseur, de couleurs, d’ombres, de lumières.

 

Tschiember 2.jpgMais l'aspect concret de tels travaux n'est pas le seul. Des motifs surgissent. Ils provoquent des impressions étranges entre abstraction, figuration et mouvement. Ils semblent surgir de manière instintive et spontanée mais de fait ils sont le fruit d'un travail de fond sur le matériau là où l'art échappe à toute ses classifications (minimalisme, spontanéisme, concrétisme, etc..)

 

Jean-Paul Gavard-Perret