gruyeresuisse

20/08/2015

Maxine Helfman faces et interfaces

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Par ses portraits subversifs Maxine Helfman  réinterprète  les notions de couleur, genre et classe. Dans sa série des « geishas » elle remplace les japonaises pas des afro-américaines. Dans sa série « Fabrication » elle propose des portraits de jeunes noirs qui portent des habits féminins. Dans la plupart de ses séries il s’agit de revisiter l’art du portrait tel qu’il était décliné dans l’art occidental. Inspirée par différentes périodes de son histoire elle la réinterprète selon un point de vue contemporain. « Les modes et les cultures changent désormais tellement que les diverses influences et catégorisations sont de plus difficile à définir » écrit l’artiste. Helfamn 2.jpgEt plutôt que d’en tenter une impossible nomenclature elle préfère offrir une surenchère iconoclaste afin de créer de manière pertinente une série de fausses pistes.

 

Genres et «races » sont redéfinis dans une entreprise qui montre combien les vieilles normes sont de moins en moins opérationnelles. Ce qui est d’une certaine manière réconfortant. L'artiste reste autant provocatrice qu’habile stratège. Son théâtre  qui ne bascule jamais dans l'obscène propose même l'inverse : helfman 1.jpgune rédemption réparatrice aux vieilles nomenclatures. Elle se double d’un pied de nez au monde de l’art. Mais il faut moins y voir une farce que la création d'une œuvre  "classique" dans sa forme et originale par son propos. Il pousse à bout ses ambiguïtés en donnant à l'humanisme et/ou à l'humanité un nouveau sens.

 

 

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

19/08/2015

Les architectures ouvertes de Nathalie Delhaye

 

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 L'architecture comme la vie : en attente. Reste l'état où l'union où le construit, le brut, et l’intervalle entre les deux interagissent en une gestation. Comment peut-on la qualifier ? Il; 'agit d'un work in progress que l’artiste transforme, dans le suspens même, comme œuvre à part entière. S’y font ressentir la lenteur et vitesse en un travail de tranchée. Il s’agit  de séparer et unir. Séparer pour unir.  Pans lisses presque comme s'ils ne voulaient pas être lâchés tant la douceur du façonnage les retient. Blocs bruts exagérément forts. Ils peuvent signifier  une intensité qui accapare, déborde. Les formes ne se ferment pas. Il faut donc imaginer l’artiste comme une Sisyphe qui reprend toujours son récit par ce qu’elle propose.

 

 Delhaye.jpgL'architecture s'arrache au néant et sa confusion. Les laisser à proximité de l’œuvre montre le savoir et l’emprise. Tous les éléments de la nature et  de la sculpture sont en un même mouvement d'envol. L’attente et espérance sont proches l'une de l'autre. On ne le remarque pas au début, il y a ce terre plein du monde à côté de ce dont Nathalie Delhaye devient l'ordonnatrice. Ses avancées contiennent forcément des abandons, une complétude qui sont presque les rênes de l'attelage  de la création. De telles œuvres  donnent à voir des commencements, des naissances. Celle ou celui qui regarde fera le “ reste ” là où la matière semble riche par superposition de solutions parfois opposées et surtout parce que le côté convaincant existe déjà. La force vitale accapare ; elle se passe de tout  discours.  Et ce dans le fait que la créatrice laisse en suspens la totalité de ce qui pourrait être donné. L’œuvre en cours  dit : « souviens-toi d’où tu viens » en une suite  d’énigmes disparaissant sans cesse pour renaître et pour qu’on aille de l'une à l'autre, évitant toute disparition.

 

     Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

15/08/2015

Julie Safirstein l’enlumineuse

Safirsstein 2.pngJulie Safistein a exposé au Musée des Beaux Arts de Locle dans le cadre de « L’art se livre » (2015).

 

Julis Safirstein n’a pas d’autres ambitions que celle d’embellir le monde de taches de couleurs.  Fidèle à la « peinture-peinture » elle  lui permet de combler les fêlures de l’existence. L’espace se remplit par formes colorées à la frontière du réel et de l’imaginaire. Les fameux « champs magnétiques » chers à Breton  trouvent là une réalisation originale porteuse de paix plus que l’inquiétude. Elle assure la liberté au regard. C’est une stratégie imparable. Beaucoup d’artistes devraient la méditer - encore faudrait-il que contrairement à Julie Safirstein – ils ne fassent pas étalage de leur bagage. L’artiste ne les exhibent pas. Elle développe la simplicité de la langue plastique ce qui demeure le plus difficile. C’est un art sans illusion diront ceux qui ne savent pas regarder

Safirstein.pngLa  poésie occupe l’espace que l’artiste se choisit afin de créer de nouvelles pistes. C’est là le secret d’une oeuvre  qui avec son air d’aller nulle part  n’est jamais piégée par le détail des choses sans basculer pour autant  l’abstraction totale.  Ce travail est donc plus que nécessaire dans une société qui se laisse envahir d’un seul rêve consumérisme et stéréotypique. La mesure et la raison que cultive Julie Safirstein  ouvrent les territoires de l’imaginaire afin que la vie soit à réinvestir, à approfondir. L’avenir s’ose et qu’importe si personne ne sait vraiment ce qu’il sera. L’artiste lui accorde un supplément de couleurs et d’âme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret