gruyeresuisse

19/08/2019

La vie en rose selon Nici Jost

Jost.jpg"Nici Jost | To be continued….", Balzer Projects, Bâle, du 18 juillet au 24 août 2019. et "Instinctive Desire", Volume 8 de la serie Primeur, Editions Fink.

Jost 2.pngInstallée à Zurich et Bâle, la canadienne Nici Jost est une praticienne de la photographie conceptuelle. "To be continued..."  présente ses photos et le livre "Instinctive Desire" qui fait le point sur son parcours et  dont un essai analyse le rôle du rose dans son oeuvre.  Par cette couleur la plasticienne explore les tensions entre la technologie et la nature, l'espace et la perception et ce non sans humour dans ses transfiguration. Ce travail multimédia est induit par les construction sociales dans lesquelles chaque individu est imbriqué.

 

Jost 4.jpgQuand le "rose est mis " il devient le référent de son travail. Nici Jost en explore la puissance psychologique, sociale au sein de l'art, de la poésie et de la littérature. Pour elle cette couleur polarise beaucoup plus que toutes les autres du spectre optique par les imbrications sociopolitiques, genrées et symboliques qu'elle suggère.

 

 

Jost 3.pngLes photos conceptuelles de la créatrice superposent différents éléments pour attirer l’attention sur le processus même de création photographique et offrir un «commentaire optique» ludique sur la vérité et l’illusion. Les expérimentations interrogent le médium et rejettent l’illusion de réalisme au moyen des parodies critiques que le rose produit et qu'il entretient dans son rapport au monde en tant que chambre dans l'énigme de l'obsession comme de l'écart.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 
 

17/08/2019

Les douceurs de Laurence Jenkell

Jenkell 3.pngC'est à Chambéry, après New-York, Venise ou Shangaï, que 7 des œuvres monumentales de Laurence Jenkell prennent place au cœur du centre historique de la ville. Sont exposés dans son Musée des Beaux-Arts des travaux plus anciens. Entre autres ses différents « tableaux - pièges » où de véritables bonbons sur toile sont emprisonnés dans de la résine et mis sur plexiglass.

Jenkell 2.pngLes délices accueillent les promeneurs et les citadins pour le plaisir des sens excités par de tels rappels à l'enfance ou au plaisir. Se produit de manière quasi inconsciente une appropriation secrète de la douceur par la présence de tels bonbons "arrêtés" et qui s'érigent démesurement pour faire sourire sur divers places de la ville savoyarde dans une perspective que Jeff Koons ne dénigrerait pas.

Jenkell.jpgChaque bonbon est tendu dans une étonnante tranquillité, une poussée ardente et un pliage noueux. L'humour est léger tant les bonbons produisent d'ardentes floculations suspendues entre la chaussée et de ciel. Se retrouve la luminosité d'un plaisir suggéré. Elle s'ouvre à tout ce que les gourmands disent.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jorinde Voigt et la nature des images

Voigt 2.jpgL'artiste allemande Jorinde Voigt est connue pour ses dessins en grand format composés de lignes, d’annotations et de formes colorées. Elle est toujoiurs à la recherche d'un système complexe de reférénces à la fois théoriques et plastiques. Avec "Immersion" elle explore le processus de perception dans son essence et à travers ses propositions visuelles et ses cristallisations de leurs substances "imageantes".

Voigt.jpgSans tomber dans la mythologie de l’altérité forcée de la matière, de la quête de l’exotisme par la forme ou encore de la croyance en un art engagé, l'artiste cherche à préserver une nature primitive des la perception. Le tout dans une certaine floculation et l'aspect phosphorescent de son approche. La réalité se retrouve métamorphosée pour que le mental retrouve une communication avec ce qu'il saisit par les images. 

Voigt 3.jpgDe telles oeuvres sont dressées sans faux-fuyants et dénuées de romantisme. Autour de zones colorées qui peuvent rappeler certains jeux de surface jaillissent des visions bien différentes de ce qui est souvent donné à voir en fausse dilution. L'image ne se réduit plus à une peau de chagrin. L'artiste ouvre les archives du temps et de l’esprit des images en perpétuel mouvement. 

Jean-Paul Gavard-Perret

Jorinde Voigt, "Immersion", Hatje Cantz, Berlin, 2019.