gruyeresuisse

18/05/2016

Quand Mylène Besson sauve les meubles des twin Sisters

 

 

Besson.png"Mylène Besson", Galerie Filambule, "Marie Morel", Galerie Humus, exposition duale du 27 mai - 26 juin 2016


Marie Morel a pensé longtemps que les plumes faisaient le plumage et la peinture matière leur collage. Mais peu à peu l'artiste a instrumentalisé son art dans une répétition roborative et lassante. Dans l'exposition en écho et duo au Filambule et chez Humus, Mylène Besson sauve la mise en proposant une dimension toujours plus pertinente selon des ouvertures atypiques et fécondes.

Besson 3.jpgL'orchestration duale permet donc un équilibre entre métissages et dissonances où les ricochets de Mylène sauvent les cadavres exquis de son alter-ego pour les transformer en des corps aux identités troubles et à l'ivresse fantomatique. L'assemblage entre les deux œuvres peut donc se faire à distance : il est avant tout mental. Mais là où Marie Morel est frileuse, Mylène Besson guide et détermine un sens plus ouvert et jouissif.

Besson 4.jpgDouce et provocante son œuvre nourrit des codes équivoques, des croisements interactifs, des effets d'optique et de cadence que Marie Morel semble avoir perdus. Elle devient en quelque sorte l'obligée de la première qui avec ses détournements audacieux jouent de sublimations mystiques et sexuelles. Dans ce jeu binaire l'une des twin-sisters cache l'autre. Reste néanmoins une gerbe commune aux effluves propre à rappeler que "tout le temps qui passe ne se rattrape guère... que tout le temps perdu ne se rattrape plus ”.
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Jean-Paul Gavard-Perret

 

(portrait de Mylène Besson par Maxime Godard)

10:52 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2016

Ina Sachsenheimer : l’abstraction poétique

 

 

AAAINA.jpgPlutôt que l’évidence, Ina Sachsenheimer préfère d’autres « figures » paradoxalement plus brutes denses, mouvantes, expressives. Surgit une « corporéité » tellurique et alchimique. L’œuvre se veut exaltation, elle est de l’ordre de la célébration mais demeure aussi en état de guet. Nous sommes dans la situation contradictoire d’avoir affaire à un monde et à son absence. Les éléments sont à la fois enfermés et ouverts selon des schèmes d’immanence, de dispersion et de concentration et aussi d’énergie constitutive de ce qui échappe au réalisme.

AAAINA 3.jpgNéanmoins chaque élément est inclus dans un ensemble propre à créer un contact sensoriel avec le regard. Cela permet l’épanouissement d’un phénomène de pollinisation spirituelle. La verticalité, l’horizontalité en passant par divers effets de labyrinthe créent le vertige attirant d’une possibilité « pure ». L’esprit est donc toujours présent pour l’apparition d’un paradoxal jardin des délices éloigné de toute trivialité physique. La puissance de l’âme que convoque l’abstraction constitue le rapport entre le visible et l’impalpable. Le premier devient la présence du second.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

15/05/2016

Bip ! Bip ! : Sputniko !

AAASP.jpgHiromi Ozaki (aka Sputniko !) est une artiste anglo-japonaise. Elle propose un travail critique en connexion avec les implications culturelles, sociales et éthiques des nouvelles technologies. Assistante en art et sciences des médias au M.I.T, elle développe  une réflexion autant sur les revendications féministes que sur la question du genre. Son approche lie un humour bon chic très british et celui plus déjanté et pop japonisant.


AAASP3.jpgExit les geishas : place aux Samouraïs au féminin que ne renierait pas (du moins à priori) Tarantino. Artiste multimédia elle pratique autant la vidéo, la photographie, la performance que la musique. Ses travaux projettent loin des réactions émotives. Des possibilités nouvelles de type « expressionnistes » s’inscrivent par la force des propositions.

 

AASP4.jpgLe mot d’ordre reste la liberté. Elle ouvre à de multiples interrogations sur l’espace, le temps et la civilisation mondialiste. Pas de certitude. Pas de symbole. L’art se mesure à ce qu’il est l’ébranlement de la pensée par les structures et leurs déstructurations au sein d’un résolument drôle, savant et inflexible qui donne autant de gifles que d’amour. Il apprend l’essentiel. A savoir que comme des brebis affamées les êtres ne broutent que leur ombre.

 


Jean-Paul Gavard-Perret