gruyeresuisse

22/02/2020

Passiflores que ça et autres plantes grimpantes

Pas si love.jpgLa galerie Bertrand Gillig saute sur la Saint Valentin pour offrir des oeuvres "caliente". Cette année sont mis à contributions matelamatiques  Erro avec des sérigraphies en rien innocentes (et c'est peu dire), Milo Manara, maître de la bande dessinée érotique, DOOL (Olivier Lelong et Diane Ottawa), MG et ses peintures pop éros, Pudeur Française et sa recherche sur la représentation des pratiques sexuelles atypiques et enfin Les Ombres de Juillet dont les dessins obscènes et non gentrifiés sont réalisés au stylo ou aux crayons de couleurs.

Pas si love 3.jpgLa sidération est offerte par un ignoré du corps rendu visible : non seulement par la façon dont il parle le désir mais dont il est exposé - voire et plus directement sexposé - avec indécence en divers défis. Le voyeur se retrouve prisonnier volontaire de toutes ses machines à fantasmer qu'elles fonctionnent ironiquement à vide ou plein pot.

Mais un fait est évident : si les liquettes restent au clou, toisons, seins-coquillages, fessiers, soieries des peaux rendent les effeuillées mystérieuses et vivantes. Le corps redevient un songe et matière de rêve. Les palpitations frisent avec l'indicible. Mais pas seulement. Et c'est peu dire en de telles règles des jeux de l'amour ou ce qui en tient lieu.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"Pas si love !" n°4, Galerie d'art contemporain Bertrand Gillig, Strasbourg, jusqu'au 24 février 2020.

 

20/02/2020

Les palpitations de l'indicible de Sara Punt

Punt 2.jpgLa néerlandaise Sara Punt crée par la photographie une expression du corps donc de l'humain. Ancienne danseuse, elle connait de manière intime le corps et ce qu'il peut suggérer. De telles images opèrent  en conséquence des révélations. Le geste de glissement de l'image fixe crée une palpitation indicible.

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L'angoisse d'être est là mais pourtant se dissout dans l'affirmation d'un corps qui suscite à nouveau le désir. L'artiste saisit des lignes brutes pour suggérer des mouvements calmes entre distorsion naturelle et mises en phases de l'organisme.

 

 

Punt 3.jpgEn relations étroites avec ses sujets, Sara Punt crée un espace où une certaine vulnérabilité est suggérée. Mais chaque égérie peut voir son propre corps sous un nouveau jour dans une introspection poétique. Les femmes vivent donc devant l'objectif une liberté reconquise. Elles s'affirment. La pression de la prise les pousse à exister d'une manière aussi simple qu'imprévue.

 

Jean-Paul Gavard-Peret

18/02/2020

Les métamorphoses montagnardes de Charlotte Perriand

Perriand 3.jpgEn prolongement de la grande exposition à la Fondation Louis Vitton, , l'Académie des Beaux Arts de Paris présente une sélection de photographies de l'architecte et designer Charlotte Perriand (1903-1999). La créatrice explore le monde paysan, la montagne savoyarde et donne à voir un aspect plus méconnu de son œuvre. Il révèle un sens de la composition et une poétique très singuliers empreints de douceur et d'éblouissements.

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Une telle femme libre, féministe, pionnière de la modernité se révèle admiratrice de la nature. Ses photographies reflète son étonnement face à la grandeur des paysages et la profondeur des regards des montagnards.

 

Perriand 2.jpgLa photographe transforme la texture alpine dans une langue plastique qui en ses représentations de l'espace fait de chaque construction un aître : à savoir l'endroit où la question du lieu se retourne sur la question de l'être. Elle inscrit la théâtralité d'un grand récit aussi plastique que poétique. Apparaissent des lambeaux de sérénité, des perles de nuages, des bouchées cosmiques de tranches de bois. Ces métamorphoses sont autant de bijoux qui honorent la montagne par rebondissements ou échos.

Jean-Paul Gavard-Perret

Charlotte Perriand : Photographies, Académie des beaux-arts de Paris, du 13 février au 22 mars 2020.