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15/12/2020

Chris von Wangenheim : Répulsion et vertige

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Pour la création de son esthétique, Chris von Wangenheim noue glamour extrême et de violence en  jouant  sur deux tendances : le «Film Noir» au cinéma et le «Sublime» dans l’Art. Les femmes y sont fatales, classieuses. Mais existent l'opposition et le décalage entre l’élégance et  la décadence de la société privilégiée sous forme d'un sado-masochisme implicite.

Vaneigeim 3.jpgLe photographe scénarise,  à l'aide de ses images de violence animale ou autres,  des peurs et des désirs les plus profonds de la société. Ses prises provoquent toujours un choc  entre songe et réalité dans un mixage de crainte et de vénération. Et la photographie de mode - médium apparemment lisse - est soudain comme vérolée par des questions de la violence, de la sexualité et du voyeurisme,

Vaneigeim 2.jpgRépulsion et vertige du plaisir sont créés par des photographies de haute couture qui traduisent  de manière symbolique l'atmosphère des années 70 et 80 jusqu'à la mort tragique du photographe. Il a toujours su casser l'élan du désir par la présence de la violence. Elle reste pour lui  le destin des êtres et de la société.

Jean-Paul Gavard-Perrett

Chris von Wangenheim "Glamour and Danger", The Select Gallery, New-York décembre 2020

 

14/12/2020

La peinture autonome de Fabian Treiber

Treiber.jpgFabian Treiber, "Painting the Night Unreal", Galerie Mark Müller, Zurich, jusqu'au 19, 2020.

Ni véritablement réalistes, ni complètement abstraites, les oeuvres de Fabien Treiber constituent à elles seules un genre particulier. Le  plasticien utilise souvent diverses matières pour créer des compositions dynamiques. Intéressé par les relation entre l'artiste et le médium, le premier veut que son expérimentation des matériaux reste au fondement de sa pratique.

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La peinture devient en conséquence à multifacettes. Les surfaces des toiles apparaissent comme possédant une diversité de textures à travers des assemblages qui rappellent ceux de Robert Rauschenberg. Il s'agit pour Treiber de "trouver des images plus que de les créer'" écrit-il et ce afin de tester une nouvelle manière de faire art.

 

 

Treiber.pngD'abord dessinateur, le "testeur" est de plus en plus peintre à part entière tout en utilsant aussi des formes d'installations. Il utilise autant l'acrylique, l'encre que des résines synthétiques  pour atteindre les textures et les tonalités qui fomentent un impact sur le regardeur en ce qui pour lui représente la "pure peinture" (comparable à la "poésie pure" de l'abbé Brémond) capable de créer ce qu'il nomme des "dérangements positifs".

Treiber 3.jpgLa narration picturale prend un nouveau sens dans le dialogue que l'artiste entretien avec la peinture. Le premier, par la seconde,  exprime quelque chose directement tout en créant physiquement des affects que chaque tableau impose par des formes qui se désirent autonomes.

Jean-Paul Gavard-Perret

13/12/2020

Bruno Stettler et l'Ardente

Stettler 2.jpgBruno Stettler, Corinne, Everyedition, Zurich, 2020

Ce livre est un hommage à la muse du photographe : Corinne (aka Colli, Coco, Acid), avec laquelle il a travaillé de 1980 à 1986. Se retrouvent des scènes "hot" dans diverses parties privées ou publiques. La jeune femme y jouait un rôle majeur. Elle permit au photographe de rencontrer bien des figures emblématiques de la culture et musique pop : David Bowie, Public Enemy, Motorhead et the Beastie Boys entre autres.

Stettler.jpgCorinne est morte en 2016 à 53 ans. Mais elle ne fut pas seulement une "party girl", une groupie et un modèle. Elle pouvait prendre différentes personnalités. Par ses portraits privés et ses clichés des coulisses des concerts ou de la ville, Stettler capture ses multiples facettes, son personnage cinétique et unique en son genre et son allure de femme fatale.

Stettler 3.jpgElle reste ici bien vivante et telle une galaxie peuplée d'étoiles qui venaient de naître. Le photographe la montre merveilleusement indélébile par delà le temps. Une insouciance remplissait alors des nuits palpitantes dont Stettler ramène le battement lumineux au moment où Corinne en était l'Ardente.

Jean-Paul Gavard-Perret