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16/06/2019

Let's Dance - Fondation Fluxum

Danse 2.jpg"Danser Brut - Le corps instrument", Fondation Fluxum, Genève, jusqu'au 16 juin 2019.

La Fondation Fluxum présente une nouvelle version de son exposition "Danser Brut" de l'automne 2018 à Villeneuve-d'Ascq. Ce regard inédit et transversal sur la danse est illustré à partir de l'art contemporain (brut ou non) et du cinéma. Elle interroge les images sous le prisme du geste et du mouvement et de l'expressivité du corps lorsqu'il devient facteur de liberté et de résistance.

Les oeuvres sont multiples. Elles sont créés par des chorégraphes eux-mêmes ou des grands  cinéastes et photographes. Citons entre autres Charlie Chaplin, Merce Cunningham, Fernand Deligny, Martine Deyres, Albert londe, Vaslav Nijinski, Wilhelm Pabst, Arnulf Rainer.

Danse.jpgL'ensemble illustre combien le corps ouvre le réel . Il est débordé - comme les mots pour le dire. La danse offre une autre écriture. Elle repousse les réponses de la littérature et leur misérable grandeur. La tension du corps suspendu dans l'air rend le monde mobile. Non seulement il dit faire mais diffère. Ses mouvements ne correspondent pas forcément à l'attente : ils inventent des circulations, des errances. Une fois de plus ils tentent de rejoindre ce qui n’a pas encore de nom.

Jean-Paul Gavard-Perret

14/06/2019

Tristan Lavoyer : art et cinéma

Lavoyer.jpgTristan Lavoyer, "Ulysse l'handicapé", Quark, Genève, mai-juin 2019.

Tristan Lavoyer explore la part encore en cours des relations entre l’art et le cinéma. Ses images racontent ce qui est resté en des suites ou une mémoire d'un mythe pour en relever soit de l’utopie de certaines amnésies ou de divers types de ses "symptômes". C'est aussi la manière de changer la fonction du cinéma pour l'obliger à composer avec d'autres histoires et mediums qui dépassent les cadres historiquement admis. Le tout dans le but de provoquer la coexistence d’un temps historique (celui d'Ulysse) avec la période contemporaine.

Lavoyer 2.jpgIl s'agit moins de créer de nouveaux objets que de les réinventer en les distordant au moyen d’une histoire reprise, déboîtée. Lavoyer crée son propre "cinéma d’exposition" ou "troisième cinéma" dans une déflagration du présent dans le passé et vice-versa. Le spectateur est contraint à quitter la salle de cinéma et son dispositif pour une généalogie troublée de la représentation déplacée en lieu d'exposition. L’imaginaire est au service d'une transition fluide entre deux époques nettement différenciées dans ce qui tient ici à la fois de dénis de l'histoire d'Ulysse mais aussi de sa sur-vivance par les dispositifs artistiques et filmiques.

Lavoyer renoue avec une dimension performative en rapprochant l’entre-deux qui sépare les médiums jusqu'à transformer un mythe littéraire en métahistoire là où le temps prescrit d’une séance plus ou moins collective, est remplacée par une autre expérience de perception et de mémoire.

Jean-Paul Gavard-Perret

11/06/2019

Photo Basel : du virtuel au réel

Basel 3.jpg"Photo Basel", Volkshaus Basel, du 11 au 16 juin 2019.

"Photo basel" reste le premier salon suisse consacré à la photographie. Cette cinquième édition est organisée par Daniel Blochwitz . Il réunit réunit 41 galeries émergentes du monde entier.Citons entre autres les galeries Baudoin Lebon (France), Fabian et Claude Walter (Suisse), Ira Stehmann (Allemagne), Bildhalle (Suisse), Carlos Carvalho (Portugal), Ravestijn. (Pays-Bas).

Basel 1.jpgElle accueille le prix Alpa du nom du fabricant suisse d’appareils photo ALPA® attribuée en 2018 à Yoko Ikeda (galerie Ibasho d'Anvers) et la deuxième édition du «Cabinet principal» présentant des tirages vintages. Sont visibles aussi des expositions spéciales : une sélection d’oeuvres du photographe italien Mario Giacomelli,  la "i. collection: Poses et passion" organisée par le galeriste Baudoin Lebon. "Photo basel" accueille aussi les prix photobook awards de la fondation "Aperture" qui récompensent l'importance du livre dans l’évolution du récit photographique.

Basel 2.jpgUn tel salon affirme l'importance de la photographie comme à la fois masque et révélation. Elle immortalise des sujets qui sans elle passerait aux oubliettes. Certaines prises font penser parfois à des natures mortes ou à un magasin de curiosité. Pour cela, la photographie intègre des artifices et des décors afin de renforcer le côté humain du monde dans sa beauté marmoréenne ou son inquiétante étrangeté.

Jean-Paul Gavard-Perret

Photos de Loretta Lux, Michel O'Brien, Olivier Richon.