gruyeresuisse

14/08/2020

Guido Guidi : bordures

Guidoi 3.pngGrand maître de la photographie italienne Guido Guidi échappe à la règle commune en se promenant sur de grands chemins de nulle part afin de crée run film muet où le temps semble arrêté et où les ombres jouent avec le réel et la lumière.

Marcello Galvani a tiré des archives du photographe italien 94 clichés petits formats en couleurs, la plupart inédit. C'est le moment où il quitte la photo noir et blanc irrévérencieuse pour explorer la couleur et le réel qu'il traitera ensuite en grands formats.

Sguido.png'intéressant à ce que les autres photographes laissent sur le bord des routes, Guidi en retire une magie aussi néo-réaliste que poétique et souvent ironique. Tout dans ce travail est subtil et prouve l'importance d'un tel créateur dans la photographie mondiale.

  • Guido 2.jpgLes murs écaillés font la nique aux ongles du vide, des arbres froissés semblent ébaucher un signe de la main. A peine effleuré l'espace défie l’éphémère près de la courbure du corps ou d'une ombre portée afin que s’épanchent des possibles là où l’illimité vertige de la provocation prend chez l'Italien un nouveau sens.

Jean-Paul Gavard-Perret

Guido Guidi, "Tra l'altro, 1976-81", Mack Editions, Londres, 2020.

13/08/2020

L'immobilité qui déplace les lignes : Lea Avital

Avital.pngLea Avital est une des grandes artistes de la scène israélienne. Elle crée à travers ses sculptures aussi minimalistes que baroques - ce qui paraît un paradoxe - des présences qui intriguent. Entre torsions, plis comme à travers des ready made le monde est inquiétant là où jouent le mouvement et l'immobilité.

 

Avital 2.pngRiche de tout un background culturel, l'artiste crée des pièces qui génèrent de nouvelles connexions avec la réalité. Le travail et sa structure sont parfois mis en évidence mais parfois les oeuvres parlent par elles-mêmes pour distiller des sensations mystérieuses d'un fort potentiel que l'artiste active.

 

Avital 3.pngChaque pièce dans sa torsion, son élasticité et des mouvement épouse l'espace sans s'y enchainer. Tout reste léger là où la plasticienne crée un monde dont la "tonalité" ne cesse de surprendre par une telle poésie de l'espace.

Jean-Paul Gavard-Perret

10/08/2020

Phénoménologie de la matière verbale - Philippe Jaffeux

Jaffeux.pngPhilippe Jaffeux en ses déconstructions instaure une attente où le formalisme apparent est au service d'une transformation de la littérature en sa matière langage pour aller au delà des mots et ce qu'ils cachent à travers pages, strophes, fragments, vocables jusqu’à l'apparition d'une sorte d'image pour montrer ce qu'ils ne peuvent dire.

 

En une telle expérimentation, au degré zéro de l'écriture se subsitue une plongée dans - et entre autres -  des suites d'énumérations chères jadis à Rabelais et aujourd'hui à Novarina ou Prigent. Mais selon une stratégie différente même si une sorte de spiritualité anime de tels "dramaturges" dans leur travail des mots matières.

Jaffeux 2.jpgLes divagations logomachiques et graphiques ne sont pas seulement farcesques, elles dépassent genres et arts dans ce qui tient autant d'une mise en espace "scénique" qu'une quête intérieure, là où le plus petit signe devient le germe et la "garde" d'une signification énigmatique au sein d'une sorte de nouvelle phénoménologie du sens.

Jean-Paul Gavard-Perret

Philippe Jaffeux, "Pages", Editions Plaine Page, 2020, "Mots", 2019.