gruyeresuisse

26/08/2018

Cécile Mainard/i l’effeuillée rose

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Pour Cécile Mainard/i les mots coulissent et se répartissent sur la profondeur d’une scène dérobée. L’intensité de l’attente des spectateurs lecteurs fait le reste : ils éprouvent des sensations qu’ailleurs ils auraient jugées inopinées.

 

Cecile 2.jpgLa langue est donc soumise à une force particulière et une contrainte. Celles du son. Le silence en fait partie. Car le langage est habité de pauses, d’un se taire fixateur, initiateur, fondateur : celui qu’on laisse aux morts ou aux autres. Et l’auteur à travers diverses références littéraires, artistiques et de couleurs de se demander qui d’entre eux nous parlent le plus ?

Cecile 3.jpgPour elle la poésie sonore permet des découvertes au-delà du sens Jaillit ce qu’on ne soupçonnait pas. C’est pourquoi dire c’est franchir des seuils afin d’atteindre les creux et les failles féminines et cosmiques. C’est créer la structuration d’un collectif qui amplifie le « je ». Il s’y pluralise, il re-contextualise le flux continu (renouvelé) d’une parole qui plutôt que de finir advient, se plaçant au bord, en déséquilibre, dans une visée orale (et son plaisir) afin d’effacer les relations complexes qui dissonent et consonent en des situations de négations et de confrontation.

Jean-Paul Gavard-Perret

Cécile Mainard/i, « Le degré rose de l’écriture », Collection ekphrasis, 2018, 56 p., 7 €

 

25/08/2018

Quand la lumière emerge des eaux ; Gianluigi Maria Masucci

Masucci.jpgGianluigi Maria Masucci , “Phosphènes”, Galerie Analix Forever Genève, "Parédolie" Marseille, 1-2 septembre, Marseille.


Masucci 2.jpgOriginaire de Naples, Masucci reste fasciné par la nature, l’écoulement de l’eau comme du temps infini. Imprégné par ce cosmos premier, le corps de l’artiste devient central. Le créateur se met en acte afin de transmettre le mouvement. Il se développe pour Masucci  au travers de pratiques de travail quotidiennes qui partent de l’observation d’un sujet. Elles sont dirigées grâce à une pratique physique qui permet comme l’écrit l’artiste de « Regarder l’autre dans les yeux / comme une caverne obscure / attendre que scintille / la mise en mouvement / l’oscillation entre énergie et mouvement / entre l’encre et le papier / l’eau coule comme l’encre / en cercles concentriques / traverse mon corps et / s'échoue sur le papier ». Mais pas seulement : pour preuve cette
 performance de trois heures, création d’un univers de signes multimédias. Elle  dérive ou jaillit en dialogue entre le lieu de la recherche, celui du  corps et l’espace de travail comme d'exhibition. L’espace devient un laboratoire expérimental continu et fluide de perception, de mémoire et de création.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

23/08/2018

Formento + Formento : in the mood for love

Formento.jpgFormento + Formento est le nom d’artistes du couple constitué par Richeille Formento à la mise en scène plastique et BJ Formento aux lumières et à la prise. Ils sont réputés pour leur style à la fois romantique et érotique où ils explorent ce qu’il en est de l’amour, de sa perte, de  son absence et des charges de la mémoire collective ou individuelle. Leurs narrations révèlent un goût certain pour la mise en scène qui fluctue entre fiction et réalité ou si l'on préfère entre « pulpe fiction » et irrévérence de scènes souvent provocatrices.

Formento 2.jpgLes visages restent toujours au centre des scénographies riches en « mood » et textures comme en couleurs saturées. Qu’importe qu’elles soient prise en Europe, aux Usa, à Cuba, au Mexique, en Inde ou au Japon : l’amour reste au centre des prises. Le duo sait saisir l’atmosphère de chaque lieu dans des photos originales quant à leur esprit subtilement décalé.

Formento  3.jpgApparaissent des situations où l’amour prend diverses situations. Toutes suggèrent qu’il s’agit de la chose la plus rare et la plus mystérieuse qui soit et qui peut prendre diverses figures. Elles peuvent jouer autant du lascif que d’une sorte de venin là où le silence parle encore le silence à l'extrême du soupir, en un lieu où l’image, tel un fantôme, ramène aux ombres appesanties.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Formento + Formento, The Little Black Gallery, Londres.

Copyright Galerie Frank Elbaz, Paris.