gruyeresuisse

05/12/2020

Adrien Couvrat : organisation de la couleur

Couvrat.jpgAdrien Couvrat, "Paragonie I", Galerie Heinzer Reszler, Lausanne, du 6 décembre 2020 au 12 février 2021.

 

 

Les peintures d'Adrien Couvrat attirent par de subtils jeux de juxtapositions de couleurs. Elles créent des effets de mouvementes et d’ondulations et donnent l’impression de volume par les variations de teintes et une forme d'art cinétique en trompe l'oeil.

 

 

Couvrat 3.pngChaque toile est une expérience à travers les gestes de création et les associations de couleurs. Celles-ci semblent à la fois être empruntées à des paysages naturels ou à des phénomènes optiques. Les rayons de lumière suggèrent la fuite, l’espoir, une ouverture par immersion dans des champs colorés. Ils  possèdent parfois - souvent même - une dimension sculpturale.

 

Couvrat.pngCelle-ci accentue les jeux d’illusions et l’impression d’un au-delà du tableau. Elle interroge la relation entre la peinture et la sculpture selon une exaltation particulière. L’œuvre sort la peinture de son confinement sans rien céder de ses secrets. L’innommable, l’indicible sont présents. Une disponibilité entière saisit là où tout est en place et où rien n’habite pleinement tant l’insaisissable domine et laisse volontairement le regardeur en attente.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

04/12/2020

Jérôme Stettler : Hue Topie !

Stetter 3 bon.jpgJérôme Stettler, "Topia. Un voyage dessiné", Graphisme photolitographie de Claire Goodyear, coll. Sonar, art&fiction, Lausanne, 2020, 160 p., CHF 27.

 

Jérôme Stettler s’intéresse principalement à la construction d’espaces imaginaires au moyen de projections, d’objets, de peintures, etc. Se développent de la sorte des bribes d’histoires entre un présent en constante métamorphose et un futur incertain mais où un passé quasiment préhistorique n'est pas oublié : des rochers deviennent des voiliers et qui de leur socle se moquent des rares étendues aquatiques.

Stetter 2.jpgLe dessin prend une  place majeure dans sa pratique, présenté tour à tour au mur ou dans l’espace du livre. En celui-ci, celui-là ressemble à une série de notes visuelles prises lors de divagations selon des temps obliques. S'y traverse une topographie des plus dystopiques et qui ressemblent aussi aux  paysages désertiques  de fins de parties à la Beckett.

 

 

Stetter.jpgEntre ellipse et errance les dessins deviennent "tout ce qui reste" mais aussi une sorte d'advenir d'un monde pas forcément rassurant. Néanmoins la merveille garde sa juste part entre le proche et le lointain là où toutes les peurs contemporaines de catastrophes et de fin des temps sont induites. Mais dans ce déjà au-delà,  jaillissent de nouvelles formes de vie avec  lesquelles va falloir apprendre à pactiser.

Jean-Paul Gavard-Perret

02/12/2020

Klavdij Sluban, Tereza Kozinc, Gianluigi Maria Masucci : états des lieux, caprice des temps

Go Sluba, bon 1.pngKlavdij Sluban, Tereza Kozinc, Gianluigi Maria Masucci, "Go inside", Galerie Analix Forever , Genève, du 4 au 23 décembre 2020.

 

Go Sluban 2.pngKlavdij Sluban avec "Entre parenthèses Lits Spasmes" , Tereza Kozinc et "The Swamp", Gianluigi Maria Masucci par "Cerca Dentro", créent d'étranges "lux ex tenebris" où la figuration humaine émerge de manière imprévue selon divers types d'enveloppes, décalages ou percées. Tout ici commence, suit son cours ou se dissipe.

Go Kozing 2.pngDes failles s'ouvrent loin des représentations classiques. Chaque artiste propose sa"science" nouvelle du regard là où des gouffres s'élargissent ou s'obèrent sur la vie (Sluban) et la mort (Masucci). Existe une réflexion par l'image face à "l'étant" là où les trois artistes se hasardent dans une sorte de nuit. Ils deviennent plus hardis que les philosophes et les poètes.

Go Masucci 3.pngExistent des tremblements du corps selon divers champs entre plaisir et désarroi. Le tout à l'épreuve du doute. Il y a là des forêts, des alcoves ou chambres. La réalité se décompose et se resynthétise instituant un sens - c'est à dire de l'être - de manière plus ou moins obscure. De la naissance à l'article de la mort, entre corps, vivant sa force ou affaibli, se créent des mouvements contre les ténèbres.

Jean-Paul Gavard-Perret