gruyeresuisse

11/04/2019

Quand la lune est l'autre

Lune.pngEntre science et création artistique et au moment où se fête les 50 ans des premiers pas de l'homme sur la lune, l'exposition tente de tout embrasser sans rien de lunatique mais peut être de manière trop ambitieuse ou paresseuse parfois (les couvertures des albums de Tintin). Le tout sans que le sens à accorder à la lune soit précisée bien que l'astre nocturne soit un poncif ou un pilier des structures de l'imaginaire.

 

Lune 2.jpgHors parcours chronologique et en 5 parties se mêlent instruments scientifiques, cartographies et documents d'archives d'avant hier et d'aujourd'hui et oeuvres d'artistes contemporains (Philippe Fleury, Man Ray, Hergé, Turrell, Ange Leccia) sans oublier des œuvres plus anciennes  - du  romantisme notamment dont ce fut un éclairage et un miroir de la vie revêtue de songes.

 

Lune 3.pngIl existe là de beaux moments là où la création contemporaine est présente de manière heurtée mais réussie. Certaines oeuvres semblent mal ou peu justifiées, mais d'autres sont étonnantes. Côté peinture reste un effet d'accumulation parfois étrange entre Dali, Boudin, Manet, Philippe de Champaigne et bien d'autres encore. Le clair de lune se cache parfois derrière certaines croutes. Mais au delà de surfaces arides jaillissent de petits trésors entre science et poésie mais au sein de cohérences trop défaites pour faire réellement rêver  comme "dark side of the moon" de Pink Floyd le permet.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"'La lune : du voyage réel au voyage imaginaire", Le Grand Palais,Paris, jusqu'au 22 juillet 2019.

10:53 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (1)

10/04/2019

Saul Leiter : éros énergumène discret


Leiter 2.pngSaul Leiter dans ses photographies d'intérieur crée des compositions aux angles complexes qui tranchent avec ses photos de rue. Il se fait même parfois peintre, joue de divers effets de distance et reflets. Il y inclut au besoin des éléments abstraits pour troubler l'image où se mêlent du flou ou d'un  vide. Ses peintures comme certains clichés de nus, l'artiste refusa longtemps de les montrer.

 

Les couches de peinture se combinent en un mélange de lignes volatiles en hommage à Bonnard un des "maîtres" de Leiter. Celui-ci a par ailleurs pris des milliers de photos de femmes nues (amies et amantes). Ce choix de proches donnent à ses prise une légereté et un érostisme particulier là où certaines sont les plus osées (masturbation) par exemple.

 

 

Leiter 1.jpgLes clichés  "maximalistes" inclus dans cette exposition ont donc rarement été montrés. Entre autre la série de photographies prises en 1958 dans un chalet d’été à Lanesville. Ce sont les seules images nues que Leiter réalisa en couleur. Et s'y révèle tout l'art de la composition. Tout un aspect méconnu et parfois inédit de l'oeuvre est ainsi offert au regardeur.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"Saul Leiter: East 10th Street", galerie Fifty One, Anvers, du 7 mai au 29 juin 2019

08:57 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2019

Douglas Kirkland : un grand besoin d’amour

Kirkland.jpgPhotographe légendaire d'Hollywood (mais pas seulement), Kirkland a choisi les 60 photos de cette exposition qui couvrent ces 60 ans de carrière. L'une a plus de 12 mètres de haut (Marylin Monroe). L'artiste a commencé très jeune dans "Look Magazine" puis "Life Magazine" son travail au moment de l'apogée du photojournalisme puis il étend ses collaborations à de nombreux magazines. Il se retrouve sur plus de 2 000 projets dont de nombreux plateaux de tournage ("The Sound of Music", "2001 : Odyssée de l'espace", "Butch Cassidy et le Kid") et capta plus de 600 célébrités.

 

Kirkland 3.jpgLe photographe raconte l'histoire hollywoodienne mais avec beaucoup de grâce et selon des angles asticieux. L’œuvre associe à la fois le conceptuel et l’émotionnel par un effet métaphorique et parfois délicieusement ironique selon ses propres "mises en scène". Après avoir longuement réfléchi aux hypothèses de ses prises, il dégrafe un peu l'étoffe qui contient les beautés pour en répandre une "flaque" volatile. Ce peut être parfois juste le visage souriant d'un corps en mouvement. L'apparat devient convoitise et fête.

 

Kirkland 2.jpgA l'idée de Lacan : "l’amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas", il répond que si vous ne pouvez le donner, vous pouvez le posséder et être  surpris de la profondeur d'un certain amour par procuration. C'est un peu la gageure que Kirkland relève à travers ses prises d'éprises ou non. Il rameute de l’intime et un éros particulier. Le tout au sein d’une délectation joyeuse et l’acidité ironique des couleurs et des formes. La fascination glamour  joue à plein là où la photographie accorde à la figuration une valeur magique.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Douglas Kirkland, Centre d’art de Palos Verdes, Palos Verdes, Californie.