gruyeresuisse

20/04/2017

Vasarely à Neuchâtel

Vasarely.png« Victor Vasarely au Palais », Galerie du Griffon, Neuchâtel, du 22avril au 21 mai 2017.

La galerie du Griffon s'introduit au « Palais » afin de présenter les planches historiques de Vasarely. Il a laissé son empreinte majeure au sein du canton et demeure un créateur en fuite par rapport aux canons de son temps. L’art fut pour cet homme généreux (comme il l’a prouvé tant de fois) la chose la plus importante du monde. « C’est en sortant du cercle qu’on peut voir le cercle et qu’on s’évade de la bête humaine » écrivait celui qui voulut dégager l’homme de la pesanteur par son travail. Peu avant sa mort en 1997, il réaffirmait qu’il fallait envisager l’art comme « l’acte le plus généreux car c’est par là que l’homme peut monter sa solidarité profonde avec le meilleur soi des autres ».

Vasarely 2.jpgVasarely aura donc déplacé la peinture aussi physiquement, moralement que socialement. Il lui a donné un épanouissement moins daté qu'il n'y paraît. D'où l'importance d'une telle exposition. Vasarely a su créer des images universelles aux substances de liberté. Ses « mirages » sont bien moins trompeurs que des images certes plus réalistes mais qui ne font pas considérer la re-présentation sur un plan aussi élevé où il l’a portée. Au cœur de "l’illusion cinétique" il a anticipé bien des recherches formelles. Et c’est parce que la position de l’homme n’est jamais fixe, qu’il a établi dans l’histoire de l’art contemporain des images mouvements inoubliables.

Jean-Paul Gavard-Perret

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19/04/2017

Aperti - Lausanne : 10 ans d’intimité

Aperti Livre.pngAperti, « Atelier et intimitié », Le livre des X ans, Textes: Corinne Currat, Françoise Jaunin et Fabien Ruf, Éditions À l’Envers, 220 pages, 2017. Ouvertures des ateliers : 13 et 14 mai 2017.

 

Aperti Bon 2.jpgDe manière quasi institutionnelle Lausanne, grâce à Aperti, permet chaque année et au milieu du printemps de rentrer dans l’intimité de l’atelier des artistes lausannois. C’est là sans doute une des meilleures manières de comprendre les processus créatifs et les œuvres. Le visiteur par ce qui se présente à lui, à travers l’atelier et son atmosphère, peut « éprouver » une œuvre en oubliant bien des interprétations voire ses a priori.

Dans le formidable  cortège des différents lieux un apprentissage du regard se crée au moment où les artistes permettent de s’ouvrir à une certaine part de risque. Si bien que ceux qui se sentent égarés parfois au sein d’œuvres contemporaines ne le seront plus ou moins. Une telle confrontation rend l’art plus profond que par le seul culte de sa mise en scène officielle. C’est aussi la manière de se dégager de la maladie de l’idéalité de l’art : franchir le seuil des lieux de sa création lui donne un caractère plus concret et vivant.

Amerti bon 3.jpgMettre son nez partout et au besoin affronter les flammes des artistes incitant à se rapprocher de l'affolement dont elles sortent. Ce n'est peut-être pas tout mais un pas est offert. Apparaissent parfois, par les hantises d'un lieu, celles qui nous hantent. L'atelier rapproche le regardeur de l'artiste. Le premier peut trouver en lui un ou une semblable capable de révéler ses fantômes. Cette invitation - a priori de courtoisie reste - donc une formidable propédeutique. Elle rapproche de bien des "magasins de curiosité".

Jean-Paul Gavard-Perret

Ateliers de E. Gervasoni et M. Lavanchy.

13/04/2017

Dermotypies de Mirko Baselgia : les hirsutes

Baselgia.jpgMirko Baselgia, « Membrana », Galerie Heinzer-Reszler, Lausanne, 21 avril-27 mai 2017.


Mirko Baselgia tire le monde de son tissu de ronces pour en relever des morceaux et pans. Il existe des pliures d’ombre, des chemins tapissés de gris. Les coupes franches vont montant ou tombent horizontalement : elles sabrent la vue sur les plans morcelés en largeur, en longueur. Tout fait nappe et chaque pièce s’offre, s’étoffe, montre sa « jupe ». La raison vole. Chaque proposition devient carte, paysage en fragments. Plan fixe et mouvement. Suite ajourée ou hirsute. Soule de matière et de poils. Le regard se fait tactile par la magie de la dermotypie avec accord tacite pour un corps partagé. L’image a besoin de place en devenant « sculpture ». Du ventre aux épaules en passant bien sûr par le cœur. Se succèdent des  passagères moelleuses, démesurées - quoique d’une taille des plus raisonnable. Au regard d’en franchir le seuil.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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