gruyeresuisse

22/12/2019

Les émancipations d'Antigoni Papantoni

Papantoni.jpgAntigoni Papantoni est une jeune phorographe grecque qui vit à Lausanne depuis 2011. Après des études en informatique elle travaille dans le cinéma ( entre autre pour le Réel Documentary Film Festival). En 2014 elle est déplomée de l'école de photographie de Vevey. Son travail se concentre sur le portrait humain et ses racines sociales.

Papantoni 2.jpgElle cultive par ce qui est devenu une double culture à la fois athénienne et vaudoise une sorte de distanciation géographique et temporelle. Elle joue moins sur la nostalgie que l’appréhension critique dans des constructions où le corps garde une prégnance incontestable.

Papantoni 3.jpgC’est pour l’artiste une manière de mettre en abîme - sans jamais s'éloigner de l'une et de l'autre - la vie vaudoise et athénienne. Un tel travail ouvre des réflexions non seulement sur la condition féminine, mais sur rapport au corps, sur la transgression, l'émancipation, la liberté, l’enfermement fantasmatique et la présence à la nature.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

12/12/2019

Blaise Cendrars au-dessus des ténèbres

cendras.jpgLes éditions Fata Morgana ont la bonne idée de republier le livre qu'elles éditèrent en 1997. Ce livre - le premier écrit par Blaise Cendrars (qui n'avait pas encore pris son nom de guerre) - personne ne l'avait jamais vu ou lu dans son édition originale. Le poète en n'eut jamais un exemplaire. Il est vrai qu'âgé de 18 ans il avait d'autres chiens à battre et qui plus est une amoureuse à caresser. Dès lors certains spécialistes de l'oeuvre finissaient par douter de l'existence d'une telle publication.

Cendrars 2.jpgMais des passionnés ne renoncèrent pas à la retrouver. Et c'est en 1995 que le poète et bibliophile bulgare Kiril Kadiisky découvrit en quasi lambeaux ce premier livre écrit en russe sous le titre : "Frederic Sause(r), légende de Novgorod, traduit du français par R.R. - Sozomov - Moscou - saint Peresbourg - 1907". Le livre est restitué en français sous la direction de Myriam Cendras et cela avec une impeccabilité rare. Il est par ailleurs illustré par Pierre Alechinsky qui, après un temps d'hésitation, se ravisa afin de donner une vision astucieusement illustrative à ce texte déjà futuriste et d'amour.

Cendrars 3.jpgTout Cendrars  est déjà présent dans cette oeuvre première. L'auteur s'y affirme ainsi :  "Le poète est un Suisse aux lourdes portes entre le paradis et l'enfer - pour que le bien ne puisse se changer en mal et que le mal soit éternellement contenu". Celui qui se revendique déjà aventurier et vagabond y inscrit  l'art poétique qu'il ne cessera de défendre et d'illustrer au sein des affres du monde :  en Russie "où le ciel renversé comme un baquet inonde tout de lait", comme ailleurs, entre autre chez lui en Suisse, mais bientôt aux USA où il écrira à New York sa première œuvre "officielle".

Jean-Paul Gavard-Perret

Blaise Cendrars, "la légende de Novgorode", editions fata Morgana, Fontfroide le Haut, é019

11/12/2019

Vincent Pérez : l'habit fait le moine

Pérez.jpgVincent Perez "identités", Musée suisse de l’appareil photographique, Vevey du 7 novembre 2019 au 26 janvier 2020

Le comédien a d’abord voulu devenir photographe. Il a commencé des études de photographie à Vevey puis fut assistant chez un photographe de Lausanne où il découvrit la science de la prise de vue. Mais très vite il bifurque vers le métier qui le rendit célèbre. Peu à peu il est revenu à la photographie à travers le portrait qu'il traite toujours de manière atypique souvent en retour vers l’argentique et son Leica même s'il utilise aussi le numérique grâce au Pentax 645 : les deux outils lui permettent de retrouver des sensations premières de sa jeunesse.

Pérez 2.pngRefusant l'aspect conceptuel d'une certaine photographie contemporaine il cherche à retenir ce qui provoque chez lui des petits pincements au cœur non sans un goût du jeu là où le vêtement garde une grande importance et crée par lui-même une forme de mise en scène. Preuve qu'il existe un lien entre photographie et cinéma. Vincent Perez possède un œil est attentif aux autres. Ses photos sont avant tout expressionnistes et le plus souvent enjouées là où l'identité est soumise aussi à l'importance des accessoires et à la relation d’un corps avec l’espace.

Pérez 3.jpgBeaucoup de ses prises ont été réalisées dans une communauté du quartier de Barbès à Paris adepte de la "Sapologie" héritée d'une tradition africaine instigatrice d'un style de vie qui témoigne d'un art vestimentaire consumé avec ses codes. S’y joignent les portraits réalisés en Russie ( issues de son « Un voyage en Russie » de 2017) et une salle où est projeté sur grand écran l’ensemble des ses oeuvres photographique. Cet un bel hommage que rend enfin la Suisse à son "natif".

Jean-Paul Gavard-Perret

10:34 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)