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08/05/2017

L’ « auto-célébration » de Fabian Boschung

Rats.jpgFabian Boschung , exposition au nouvel espace du collectif Rats, Vevey et publication de « Xamax- Tsar n°18 », 21 mai - 11 juin, 2017.

Né à Lausanne et installé à Neuchâtel, Fabian Boschung ne cesse de surprendre par ses constructions intempestives. Elles font de lui un artiste émergeant de la scène internationale grâce à une expérimentation transgressive, ironique de divers médiums (photographie, dessin, peinture, sculpture, vidéo). Légèrement provocateur, son travail porte une note auto-dérisoire et ironique. Elle s'affiche autant dans sa réflexion qu’au sein du processus de création et ses œuvres elles-mêmes.

Boschung.pngIl y fut question par exemple de trophées en coquilles de moule, d'huître ou d'escargot, mais aussi du chat de Schrödinger, d'un geste de peinture à la fois pétrifié et vivant et aussi d’un auto-dérisoire Manifeste de l'Excessivisme. Boschung cherche et trouve son identité par des systèmes d’appropriation de divers courants : Art minimal, Expressionnisme abstrait, Bad painting, Supports/surfaces, arts populaires et bricolages. Il se saisit à Vevey d’un archétype formel et idéologique : l’automobile décliné sous divers registres et qualités afin de tester ses limites et ses persistances avec un humour. Celui-ci renverse ce qui semble une « auto-célébration » à tous les sens du terme…

Boshung 2.jpgEfficacité visuelle et ironie se condensent dans l’œuvre. L'automobile engendre une culture et sa critique propre à la société de consommation. L'artiste propose une superposition d'effets et d’éclairages. Ils dissolvent les rapports spatiaux entre l’objet et ce qui l’envahit. Ces précis de décomposition sont poussés vers une sorte de géométrisme qui projette en un espace subjectif ou l’agencement des objets obéit aux caprices de la mémoire, du désir et de l'ironie.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

06/05/2017

Bernard Voïta : dans l'épaisseur


Voïta.jpgBernard Voïta, « Hétérotopies », Galerie Laurence Bernard, Genève, du 18 mai au 17 juin 2017

Convaincu qu’il existe non seulement une face cachée des choses mais que cette face cachée est nécessaire à leur « choséité » (Beckett), Bernard Voïta photographie des constructions accumulatives qu’il réalise lui-même dans son studio. Pour cette exposition il matérialise la géométrie des formes à travers des « tableaux-sculptures ». L’artiste pose la question de la visibilité de l’épaisseur par delà les jeux de surface. Voïta invente un réalisme particulier en jouant des effets de strates et des impressions que celles-ci peuvent offrir

Voïta 2.jpgCe travail transforme la photographie par le marmoréen. « Densifier » la valeur de l’image en 2 D. revient à cerner de plusieurs côtés sa perte et laisser le champ libre à tout ce qui pourrait advenir. Créant un pont entre le réel et ce qui lui échappe, entre l’art et son image espérée ou attendue, l’artiste plonge en un univers où - si la figuration fait loi - nous sommes toujours proches d’une abstraction. Toute l’œuvre s’appuie sur cette ambiguïté et son décalage. Elle fait du spectateur un être à la fois libre et aimanté. Dégageant des épaisseurs leur part d'ombre, l’auteur scrute les voies qui conduisent de l'obscur à l'illimité, explore les envers d'une réalité dont la face lumineuse ne contient pas tous les secrets.

Jean-Paul Gavard-Perret

01/05/2017

Sébastien Mettraux : machines et Eden


Mettraux.jpgSébastien Mettraux, « Ex Machina », sur le quai 3 de la gare, Vallorbe, du 21 mai au 18 juin 2017.

Celui qui a grandi dans une maison isolée et en pleine nature près de Vallorbe se lève dès que sa montre-réveil mécanique (ce détail a son importance) sonne. Solitaire, travaillant de jour comme de nuit dans son atelier situé dans la gare de sa ville natale, près de l’horloge (là encore le détail n’est pas anodin) , peu enclin aux vacances, il prend néanmoins le temps d’emmener mon fils au parc ou à la boulangerie du village pour boire un sirop. Pour celui qui est fasciné par les machines à compter les heures, le temps de travail ne compte pas ; Proche d’artiste tels que Jérôme Bosch, Félix Vallotton, Charles Sheeler, Erik Bulatov, le créateur amateur d’architecture et l’horlogerie poursuit sa peinture figurative

Mettraux 2.pngAvec « Ex-Machina » exit Adam et Eve. Les images cultivent une ambigüité non dénuée d’humour. Froids, parfaits, ironiques ses structures remontent le temps l’histoire de l’art. Et le créateur de remarquer : « Après de nombreuses recherches sur la représentation du paradis depuis la Renaissance, j'ai fait le constat que les images actuelles les plus proches de ces codes de représentation sont les visuels de promotion immobilière de luxe »…L’art se cache donc parfois dans des niches imprévues. Le bonheur qu’évoquaient les peintres florentins est donc désormais sublimé autant avec sérieux que dérision par des images d’une mécanique propres à mettre en évidence - qui sait ? - d’imprévisibles havres de paix là où les trains ne passeront pas.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:27 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)