gruyeresuisse

28/03/2022

Les durations galactiques de Gaudenz Badrutt

Badrutt.jpgGandenz Badrutt, "In the Land of Ganglia",  performance sonore, Librairie Humus, Lausanne, mardi 5 avril 2022
 
Nommé parfois "Helvète activiste", Gaudenz Badrutt prouve  avec  "In the Land of Ganglia" (et dans un prolongement live du LP Ganglions -  Aussenraum Records en 2019) qu'il reste  l’agenceur de sculptures sonores sinusoïdales. Manipulant avec maîtrise feedbacks internes et externes ainsi que voix il  donne corps à sa musique électro-acoustique étrange et cybernétique.
 
Badrutt BON.jpgC'est comme si l’auditeur se retrouvait au milieu du système centrale d'un androïde.  Le créateur offre ici en live  un déploiement de sets et de samples de diverses natures - du bruitisme à un univers d'ondes sidérales. Et ce, en musicien électronique qui improvise et compose à l'aide d'ordinateurs (en particulier l'échantillonnage en direct) et d'autres appareils électroniques.
 
Badrutt 2.jpgExistent comme toujours chez lui des incursions nébuleuses dans l’entre-deux du son en variations, durations et pertes de repères entre résonance et distorsion pour recouvrir et noyer les espaces d’une envoûtante ouate sonore aux paradigmes qui échappent au commun des écoutants. Ils plongent ainsi vers l'inconnu. "In the Land of Ganglia" reste donc le modèle d'une musique électronique organique, improvisée et abstraite.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

27/03/2022

Dimanche

Rodia Bayginot.jpgVous êtes en doute Mais cela doit avoir une limite. Sinon quel sens vous donner ? Que ce sens soit sexuel peut être, justement, la raison de votre doute. Car il y a là nul dernier mot, c'est, sinon bouches cousues, du moins motus. Pas de réponse donc. Car ce qui fonde l'exercice du rapport sexuel n'est d'aucune façon inscriptible. Pourvu ou non des attributs de la masculinité, attributs qui restent à déterminer, le tout ne peut s'inscrire dans l'universalité qu'en tant que rien. Il y  là le tout et le pas tout des patauds partants que nous sommes. Vous le voyez : nous ne pouvons dès lors être spécifiés par l'esthétique qui en résulte et l'éthique qui s'en ordonne en tant que cinéma de récifs en rage. La pensée est du côté du sexe et le pensé de l'autre côté.  Ce qui se lit et dont le sexe est la parole, explique et rend raison de notre behaviorisme qui sort rarement d'un certain classicisme. Le dit sexe est dit manche. C'est le Dimanche de la vie. Et par lui  l'histoire de la pensée en sait un bout.  Du bouc en l'occurrence. Mais quelqu'un qui la reçut doit savoir le ranger. Qu'importe sa mention proprement dite, où  la mention du dit dans le genre  Évangiles, Tora, Coran. Nous ne pouvons pas dire plus mal qu'eux pour mieux dire. Nous ne pouvons pas même mieux faire jouer la dimension de la vérité et pousser plus avant la réalité dans le fantasme.  La suite de l'histoire des hommes l'a suffisamment démontrée…Vous savez, vous, étant reine, que  ce n'est jamais l'absolu qui les gondole d'aise lorsque, ne vous lâchant plus, il  vous asperge le coeur et sa dentelle.

Jean-Paul Gavard-Perret

Photographie de Rodia Bayginot

26/03/2022

Les "outrages" de Leigh Ledare

Ledare.jpgLe travail le plus célèbre de Leigh Ledare "Pretend You're Actually Alive"  a été prolongé par "Personal Commissions" repris ici avec les films Vokzal et Na Ja, les deux premiers volets d'une trilogie en cours, prenant pour objet l'espace public comme un microcosme allégorique de la société Dans la première série et pendant huit ans il a photographié sa mère (l’artiste Tina Peterson). Le « modèle » maternel a été saisi dans toutes les situations : nue, en dessous chics ou habillée, seule ou avec des amants, malade ou en bonne santé. Cougar elle fait l’amour avec des éphèbes trouvés dans des journaux de petites annonces hot.
 
Ledare 2.jpgLeigh Ledare prend désormais lui-même pour modèle afin de travailler à la croisée de l'observation anthropologique, de l'art conceptuel et de l'autofiction. Ses travaux interrogent les notions d'intimité et de consentement, plaçant le spectateur dans une position de voyeur. Il utilise la photographie, le cinéma, l'archive, le langage et met en parallèle des constructions sociales avec des acceptions qui leur seraient associées.
 
Ledare 3.jpgL'artiste s’en amuse. Elles sont pour lui aussi importantes qu’anecdotiques. Elles permettent à Ledare de questionner le masculin, de le déconstruire afin d’amorcer une réflexion que l’artiste espère fertile. Face au mâle dominant Leigh Legare se fait utopique, conquérant. Il multiplie des attaques en règle contre les figures et formes d’autorité dans le théâtre des forces idéologiques prépondérantes. Histoire de remettre en hiver le printemps annoncé.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Leigh Ledare, "To you who make the springtime, I send my winter", mfc-michèle didier, Bruxelles, du 25 mars au 22 mai 2022.

11:38 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)