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29/03/2022

Complexités et affinités de Jürg Stäuble

Stauble 3.jpgJürg Stäuble, "Affinities", avec Silvia Bächli, Franziska Furter, Eric Hattan, Edit Oderbolz,  Maya Rikli, Gelarie Mark Müller, Zurich, du 2 avril au 21 mai 2022.
 
Les sculptures et installations tridimensionnelles de Jürg Stäuble  proviennent généralement d’idées mathématiques, de dessins de construction et de modèles. Néanmoins un tel plasticien n’est pas un artiste constructiviste au sens propre du terme.
 
Stauble.jpgLa géométrie est pour lui un point de départ et non un but, même si ses œuvres suivent des règles du jeu précises. Basées sur des structures à six côtés ou circulaires, ainsi que sur des systèmes d’ordre tels que le séquençage, le déplacement, la superposition et l’interpénétration ses oeuvres interrogent les caractéristiques de l’espace et sa perception.
 
Stauble 2.jpgSes interventions artistiques  se déroulent souvent dans des lieux architecturaux ou publics. Elle chevauchent l’art minimal, le land art et de l’art conceptuel. Pour preuve l'artiste  présente ici ses "Affinities" :  Silvia Bächli, Franziska Furter, Eric Hattan, Edit Oderbolz et Maya Rikli. Tout un pan de l'art suisse des dernières décennies est ainsi présenté.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

Ivre S

teorema pasolioni.jpgA ma grande reconnaissance vous avez acceptez que je vienne devant vous. "Je suis sûr que vous en tirerez profit" avez vous ajouté. Un tel énoncé ne pouvait que m'intéresser. D'autant que personne que vous n'est plus qualifiée. Et d'autant qu'il y a là quelque chose d'assez précis. Certes, une telle proposition n'a rien de trivial. Elle est même, d'un certain point de vue, hautement invraisemblable.  Néanmoins quelque chose suit son cours vu ce qu'engage une telle proposition. Comment dès lors la refuser ? Sous sa surface existe une bascule. De même qu'un corollaire que je n'explicite pas et dont je ne m'explique pas forcément les raisons. Mais les mots agissent sur le corps en une telle assertion qui sauf erreur n'a rien de comique. S'insinue l'entrevoir sur le ton d'une certaine confidence. Il y a là invitation à un geste de salutation, de prosternation et l'occasion d'une admiration qui me laisse canaille et sans forcément de référence éthique. Me reste à suivre le consensus que vous avez initié par cette injonction qui résonne en moi et qui laissait prévoir un surgissement, le surgissement en abîme. Je peux alors espérer avoir affaire à quoi que ce soit de fini et c'est bien en effet de cela qu'il s'agit quand vous laisser prévoir une extension de la logique mathématique que je qualifierais alors d'intuitionniste. C'est pourquoi une formule serrée d'un simple "oui" devient la réponse à votre proposition. C'est tout ce que je peux en dire mais je ne pouvais pas me contenter de moins.

Jean-Paul Gavard-Perret

P.-P. Pasolini. "Teorema".

 

28/03/2022

Silvia Gmür : l'architecture comme machine à penser

Gmur 4.jpgSilvia Gmür (née en 1939 à Zurich) a étudié l'architecture de 1959 à 1963 à l'École Polytechnique fédérale de Zurich. Elle a mené sa carrière professionnelle de Zurich, Paris et Londres jusqu'à New York où de 1966 à 1970,elle a collaboré avec les architectes Mitchell-Giurgola.
 
Gmur.jpgEn 1972 elle a ouvert son agence à Bâle, en Suisse. De 1995 à 2001 elle collabore avec Livio Vacchini à Bâle et Locarno. En 2003, elle a fondé avec son fils l'agence Silvia Gmür Reto Gmür Architekten à Bâle. En 2011, elle a reçu le Grand Prix Suisse d'Art, Prix Meret Oppenheim. Parmi ses principales œuvres citons  l'agrandissement de l'hôpital Cantonal de Bâle (2003), le nouveau Pavillon de Pathologie et médecine légale de l'hôpital Cantonal de St-Gall (2011), le nouveau centre de réhabilitation de l'hôpital Zollikerberg (2012) ou encore l'hôpital Cantonal de Soleure (2021) et la maison de Paros (avec Livio Vacchini).
 
Gmur 3.jpgSon œuvre se caractérise par une constante recherche de perfection et par un questionnement perpétuel des principes fondamentaux de l'architecture et de sa construction. L'architecte sait mener pour chaque projet des raisonnements jusqu'à l'extrême et c'est dans ce sens là qu'elle est devenue innovante. Au delà de la recherche de l'utilitarisme une telle oeuvre permet de comprendre le fait de voir et   le fait de sentir.
 

Jean-Paul Gavard-Perret