gruyeresuisse

17/05/2019

Je ne vois que toit (XVII)

Abbou bon 2.jpgEden - Graal

 

Inversions des fiels des mots et des épines du chant des images. Dans chaque présence il y a une absence, dans chaque absence une présence. Tout homme - bois flotté prêt à sombrer- devrait dire à sa compagne : "tu as connu bien des choses que je ne pouvais savoir : la morsure de la pelle qui a creusé le puits, les raclements du maçon mélangeant son mortier, les femmes qui venaient avec des seaux de fer blanc comme des éclairs sur leurs ailes ébouriffées et au faible son métallique."

 

Chercher dès lors - par la substance des mots comme par celle des images, leurs couleuvres, leurs graines fragiles - l'énergie pour dire et montrer ce qui tente casse l'inhibition systématique des pulsions de bases entravées par un surmoi castrateur. Inventer la cosmogonie qui écarte l'espace du "je" et postule l'étreinte de l'autre. Emois, spasmes, appels. Tout vocable, toute image devraient pouvoir les dire pour créer demain. Devrait. Mais comment déserter le sens et faire douter des signes ? C'est dans leurs interstices que se cachent le réel absolu.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

(photo de Jonathan Abbou)

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16/05/2019

Maria Sauze et le burlesque californien

Sauze 2.jpgMaria Sauze hante les boîtes de nuit de Los Angeles pour photographier les danseuses d'un nouveau burlesque. Les saisir "c’est comme écrire de la poésie. Je capture le mouvement comme une métaphore pour exprimer la subtilité de "l’art de taquiner", comme j’utiliserais des mots pour exprimer l’empathie dans un poème." écrit-elle. Et elle y réussit parfaitement.

 

 

 

 

 

Sauze 3.jpgElle fait bouger des ombres jamais appesanties. Loin des sables humides de l'amertume la vie devient un roman photo. Mais pas n’importe lequel : un roman du regard dont les personnages divaguent. Leurs corps semblent n'offrir aucune résistance au plaisir de l'instant. L'effet de nuée contredit le réel. Existent des trajectoires inachevées et en suspens.

 

 

 

 

 

Sauze.jpgLa danseuse se révèle en son essence, elle y affirme sa différence comme présence puissante et immanente dans ses chorégraphies aguichantes et ludiques pour que, pendant un temps, s'oublie le dehors. Il n'y a rien à craindre et tout à rêver dans les courbes baroques de l'écriture photographique.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (XVI)

Monroe.jpgSainte glace

Demeure l'inconnu qui nous précède - éternel fugue de qui subodora de chauds jupons et un crâne paternel qui glissa dessous - caillou posé sur une berge. Puis sexe insolent mourant sans bruit là où il venait de faire état de sa force. Lit défait chacun reprend ses frontières et ferme ses paupières. Es-tu ici ? Jamais je ne le saurai. Chacun ignore ses origines et ses mythes. Il fait gris dans l'âme où la pluie s'invite. Son flot emporte toujours les fleurs coupées. Arôme dans les méandres. Quel bec s'y abreuve ? Qui y disperse tes atours ?

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

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