gruyeresuisse

25/05/2019

Je ne vois que toit (XXVI)

I.pngChic to chic

Source chaude fraîchement cueillie. Nul ne sait où d’où sourdent les images et où la langue vient se poser. Aucun mot attendu n’y figure. Il pose sa petite tête de mort entre les cuisses de l'amante, par moment se décontracte la mâchoire, dénoue les tendons de ses bras, huile les articulations. Puis c'est elle qui lui décolle la peau du crâne, lui déchire le diaphragme et les branchies. Tout se met à rebondir de l'extérieur vers l'intérieur. Le ciel est blanc. Caché en bord de bord du Léman ils dansent la gigue jusqu'au vertige. Chacun habite le rêve des autres et cueille le fruit de leur vieille présence au monde.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

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24/05/2019

Felicia Murray : quand la nuit remue

Murray.jpgPour Felicia Murray, photographier est instinctif. Il s'agit d'exposer un familier du rêve d'exister. Le tout par divers effets de lumières qui traversent la nuit. La vie est saisie dans un éventail d'émotions. A perte d’espace ou dedans, le corps est déplié, enroulé, multiple, tracassé, ennivré.

Murray 3.jpgDepuis 40 ans l'appareil photo accompagne les dérives de l'artiste dans divers lieux. Elle ne cherche pas à les identifier précisément. L'objet est autre : faire éprouver un suspens du temps pour lui accorder une éternité là où pourtant tout demeure éphémère ou illusoire. Le mythe de la création rejoint la disparition perpétuelle. D'où ces effets de flou ou de décadrage afin de signifier la lutte contre l’absence à soi comme à l’autre.

 

Murray 2.jpgEntre gravité et humour la nuit respire et scintille. L'artiste capte une intimité là où les êtres s'offrent un moment de rêve ou de répit en donnant forme au presque rien foisonnant. Un chemisier ouvert, une robe étroite et courte dessinent parfois une nudité si forte que le désir ne supporte plus la douleur. Qu'importe si les fantômes n’ont étreint qu’une ombre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Felicia Murray «Eges fo Time», Préface de Larry Fink, Artiere éditions, 2019, 45 E..

Je ne vois que toit (XXV)

Cohen mère.jpgVoix parmi les voix

On tourne. Le dos comme un grand calme. Celui qui contient la tempête en quelque humeur attachée au chagrin. Je l’ai arraché car ce n’est pas trop loin qu’aller de la fureur et d’élan. On dit mordre. On dit mordue jusqu’au sang - les lèvres des promesses. Le souffle court du verbe aimer en sourd comme celui du verbe abandonner. Les yeux attendris n’attendent rien du noir. Sinon ce qui laisse sans voix.

On tourne sa langue. La mère est dans l’oreille. Pas question de hausser le voile. Sinon celui d'une jupe dès que le soleil - mais pas que lui - se couche. On dit que le temps passe. Sans destination. Le lieu reste le même. Il s’en trouve pas plus ému. Livre idem. On tourne (les pages) parce qu'il n'existe pas de perte dans le cercle la folie. Il demeure bien gardée. Et tue (entendons cachée). Même si la folie assassine. Pas d’enquête sur ce point. Reste une tête mutique sans chute ni tranchée. Juste roulée en boule.

 

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

Photo. de Michèle Divoy

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