gruyeresuisse

30/05/2019

Je ne vois que toit (XXXII)

 

Cauda bon.jpgMaigres dits des cendres

 

Que j'eusse dans mes coutumes et us l'occasion de respirer je ne sais combien de fois par minutes suffit à justifier de mon existence. L'idéal serait que la somme soit divisible par deux - histoire de donner à chaque poumon ce qui lui appartient. D'autant qu'avec le tabac que j'inhale depuis plus de cinquante ans le ténébron s'entarte. Mon trou qui parle est devenu caverneux et mon cerveau fumeux. Je ne veux pas expressément mourir mais simplement me venger d'avoit été et d'être tel que je suis. J'ai passé le plus clair de mon temps à fait les sans pas et bien de mes actions sont coupables. Elles résonnent en moi-même si bien que j'ai mal à mes animaux.

 

N'en doutons pas je suis une bête divisée en plusieurs ectoplasmes. Et pris dans mes fractures mentales il m'arrive d'oublier jusqu'à mon nom. Parfois en m'introspectant je ne trouve plus personne qui soit. Ce qui me fait de moi une hypothèse vague, un homme douteux voire de trop que la fumée égare. Si j'étais vraiment moi j'aurais mille et une raison de me défaire de mes méfaits. Mes défaillances sont notoires. Et le réel ne me correspond pas. Tout pour moi est atone à Thônes et j'ai du mal à m'émouvoir devant les Saintes du type François d'assises les jambes écartées. J'ai pourtant vécu d'abord enfant puis plus homme que femme mais je me suis quitté passant ma vie avant ou après qu'elle soit. C'est vous dire combien j'ai rarement été à ma place.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Peinture de Jacques Cauda

 

 

14:49 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

29/05/2019

Transparences et transfusions de Meg Webster

Webster.jpgMeg Webster, Anne Mosseri-Marlio Galerie, Bâle.

Meg Webster crée une oeuvre minimaliste mais d'un caractère particulier. Elle offre une expérience spécifique : le monde non seulement est inversé mais extérieur et intérieur se mélangent par effet de miroir ou de transparence. Ce travail complexe augmente ce que l’oeil perçoit de manière commune. L'aventure est spectaculaire mais dans le bon sens du terme.

Webster 2.jpgElle agit de manière poétique loin de toute version post pop d’un fétichisme de l'objet. Sans l'éliminer elle le métamorphose afin de lui donner une éloquence visuelle par la force des surfaces, leurs montages, le mouvement, les directions des formes, le jeu des vides, la vulnérabilité paradoxale. Une forme de légèreté ramène à un fait premier de l’art : la plasticité est avant tout une affaire de volumes plutôt que d'objets. Le "sujet" de l'oeuvre n'est pas un vestige mais un état naissant, un point de vie et de vue prenant éventuellement racine sur ce qui transparaît.

Webster 3.jpgL'artiste questionne les limites des formes afin d’en préserver des sensations subtiles et presque évanescentes. Ses représentations quoique très proches de projections littérales en échappent sous forme de subtiles mutations qui jouent des effets de la sculpture qui modifie ses propres données. S'érigent de fait le germe d'une langue plastique forgée en ses substrats ou matières et un monde aussi élégant que mystérieux afin d'interroger la visibilité.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Je ne vois que toit (XXXI)

Twist.jpgPippermint

En vieux pirates et grand-mères courages nous secouons nos tripes et sommes "mods" antiques dans nos Buffalo grill. S'y mange les boeufs à l'eau et en pépères Goriot nous retrouvons notre jeune S en nous tordant le dos.

Les sols mineurs du resto deviennent les piedestaux de nos fadaises. Sous gaines et Perfecto s'agitent popotintins et valseurs. Les Leatitia sont plus Castafiore que Casta et les Haddock n'ont rien d'aigles fins.

Bref il y a un hic : tout devient nostalgique. Au gel Cadoricin fait place des cadors rincés. Néanmoins il faut que vieillesse se passe avant qu'elle ne trépasse Allez vieil Hippocrate soigne ta fièvre de cheval par celle du samedi soir. Chubby Cheker secoue ta viande avant l'hypertension fatale.

Des gorges de plus en plus profondes mettent un peu de testicule dans nos pensées fatales. Solidifié par le sourire d'une veuve en noir le carapaçon se redurcit, prêt à serrer certains joints. Qu'importe si ça fuit un peu. Osons encore un tour de vice et de piste avec nos fées licites. Ne soyons pas austères : car si Oliver twiste, nous pouvons faire de même.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

08:28 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (2)