gruyeresuisse

14/06/2018

Olivier Mosset : on the road again

Wheels.jpgOlivier Mosset, « Wheels », Edité par Gianni Jetzer, Editions Patrick Frey, Zurich, 2018, 224 p., 60 E.

Ce livre revient sur le parcours d’Olivier Mosset à travers sa passion pour les motos et divers engins du même type. Gianni Jetzer montre leur influence sur l’œuvre à travers textes et entretiens. Est présente aussi la liste des véhicules possédés par l'artiste.

wheels 2.jpgLa figure incontournable de l’art suisse contemporain trouve là son portrait en motocycliste sans que ne disparaisse son identité de chef de file du mouvement BMPT dans les années 60 (Mosset y était accompagné de Buren, Toroni et Parmentier) puis celle de ses différentes époques. Mais ce n’est pas un hasard si celui qui est né à Berne en 1944 s’est installé depuis 1977 à Tucson, Arizona. La ville reste un des paradis des Bikers.

Wheels 3.jpgAu-delà des monochromes, l’artiste retrouve – par le biais de ce livre - une de ses assises majeures sur le siège des Harley-Davidson et autres monstres mobiles. Grâce à eux son travail se veut des plus concrets et cela lui permet de se concentrer sur sa propre pratique et les problèmes techniques qu'elle lui pose. Il ne faut pas à ce titre parler, même si beaucoup de critiques s’y engagent, d’art politique. Mosset reconnaît facilement que tout est politique. Mais l’art la dépasse à travers les divers modèles motorisés qui pimentent ce beau livre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Les mitrailles indociles de Christine Streuli

Streuli 2.jpgChristine Streuli, «smokescreen», Galerie Mark Müller, Zurich du 8 juin au 21 juillet 2018/

Avec « smokescreen » Christine Streuli poursuit son œuvre emplie de couleurs et de fausses ornementations sur de grandes toiles où les mirages de la représentation sont remplacés par d’autres arrimages dans un espace luminescent et un jeu de dégradations, de coulures. Des dermes évanescents de couleurs imposent leur règne.

 

 

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L’œuvre ravitaille en geysers colorés de danses des malachites. Des étoles permettent de soupçonner des effervescences et des jeux d’interférences. Le réel remue là où les couleurs créent une chorégraphie sauvage dont les formes n’ont rien d’emmuré. L’ensemble mitraille la surface de manière indocile. La peinture reste libre, elle déboute l’âpre comptine du réel en se décalant de tout effet du mime.

Jean-Paul Gavard-Perret

13/06/2018

Magali Ballet : évanescences et silences

Ballet.jpgMagali Ballet saisit des instants, sait trouver la bonne seconde de l’aperture pour aboutir à l’immanence des êtres, des choses, de l’instant qui n’appartient qu’à leur évanescence. Cette recherche est celle non d’un temps cessé mais révélé dans un entrelacs de gris.

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En de tels laps le langage photographique est objet plus de retournement que de reflet. Le regard y contemple des possibles au sein d’un mouvement. La créatrice tente de restituer l’envergure d’un impossible entre équilibre, répétition, rupture. Des mirages glissent dans l’espace.

 

 

Ballet 3.pngExiste là une respiration, une suffocation, une inspiration qui devient connivence entre l’artiste, les autres et le monde. Celui-ci se récite à rebours selon des orées étranges et l’arche des arbres où un chemin avance. Il existe là des ombres d’enfance, des matins obscurs, des soirs livides. L’image répand, en noir et blanc, sa beauté et ses doutes sur une vacuité irréductible.

Magali Ballet, « Paysage soi », Editions Unes, Nice.