gruyeresuisse

21/09/2016

En revenant de l'expo : Ben à Maillol

 

Ben.png« Tout est art ? Ben au musée Maillol », du 14septembre 2016 au 15 janvier 2017.

 

 

 

Ben 2.pngBen a trouvé au Musée Maillol un lieu idéal même s’il a été privé du lot d’assiettes qu’il voulait laisser à la disposition des visiteurs afin qu’il puisse pratiquer de mini-performances à leur main. Si bien que l’exposition ne  contient « peut être pas le Ben libre que j’aurais voulu être » dit l’artiste. Mais qu’importe son « ego » trouve de quoi se repaître et l’artiste peut tenir son débat sur l’art et le pouvoir, l’argent et la gloire. Qu’importe si « les gens ne m’écoutent pas, ils veulent le pitre ». Mais celui-ci continue à faire bouger les lignes et les médias lui font écho : d’Europe 1 à France-Culture (que l’artiste n’hésite pas à fustiger sur l’antenne qui l’invite).

Ben 3.pngLe Franco-suisse prouve que tout reste possible à qui le veut et qu’importe si « trop de Ben tue Ben ». Preuve que Fluxus garde la vie dure. Dans l’exposition, Sixtine ressemble à la fée magique de Cendrillon. Elle tient à la main une baguette magique noire et un carrosse noir peut arriver pour emmener Ben où il doit aller. Et ce avant qu’il ne devienne un empereur ou le moine Citrouille qui s’angoisse toujours. Ben est là sous toutes ses formes : érotomane, ethnique, etc.. Et qu’importe si « personne ne mérite la gloire même pas Jésus ». Elle fait plaisir à l’artiste. Pour autant il n’en fait pas une choucroute. Il en profite pour se faire au passage non seulement « théoricien de l’égo, hâbleur, poète raté, chanteur de blues et pute » mais critique d’art. Pas n’importe lequel : « extra lucide » dit-il. Et il ne se trompe pas et montre qu’il a envie de vérité et rappelle qu’il s’agit toujours de trouver du nouveau. Suivons donc son conseil « Passez voir l’expo ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Du déjà au pas encore vu : Didier Rittener

 rITTENER.pngDidier Rittener », Libres de droits », Musée de Moutier, di 19 juin au 28 aout 2016.

Le plasticien lausannois Didier Rittener transforme le dessin en modalité de disparition et d'apparition des choses et du monde. A partir d’images exogènes (fragment publicitaire, tableau de la Renaissance, ses propres photographies, etc.) il s’empare de certains éléments dans le sens à la fois d’un art conceptuel et de la trouvaille surréaliste. rITTENERé.jpg« Libre de droit » chaque œuvre repose la question du point de vue en jouant du jeu de la disparition et de la réapparition dans des œuvres parfois monumentales parfois au format A4 où la substitution suit son cours. Une poétique de l’effacement rejoint le lieu de la mentalisation. Le travail procède de la déconstruction et de la pression en des circonvolutions implicites de paysages au sein d’une assomption d’un sensible particulier et plutôt rare dans l’art du temps. Entre ressac, ombre et - bien sûr - lumière.

Jean-Paul Gavard-Perret

10:32 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2016

Valérie Reding : vivre d’une autre vie

 

 

Reding 3.jpgValérie Reding, « Smile ! Other portraits, LAC Scubadive, Vevey, le 20 septembre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reding.jpgValérie Reding est une artiste multimedia qui travaille à Zurich. Elle joue des maquillages et de la chorégraphie afin de transformer les genres, identités, stéréotypes et normes pour continuer le mouvement des théories féministes et LGBT. Elle prouve combien franchir les frontières du genre, changer de corps touche au plaisir, à la jouissance mais aussi à la peur de celles et ceux qui face à de telles images se voient interpellées. Elle suggère que le corps « ensemencé » n’est pas incorruptible voire qu’il n’est pas le bon : il peut être simplement mal « programmé » et doit ressusciter pour devenir glorieux en quittant la distribution des genres.

Reding 2.pngA travers ses « queers » Valérie Reding, au désir contourné, à l’empêchement substitue la possibilité - hors culpabilité - de jouir du même et d’être soi-même. Ce changement extrait de la pure illusion comme de l’errance et de la répétition. Accepter une forme de « perte », c’est regarder du côté de l’autre en soi et d’en oser le risque. Cela n’a rien d’une forme de schizophrénie mais d’un rêve bien éveillé.

Jean-Paul Gavard-Perret