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19/11/2015

Le temps qu’il fait : François Burland et la Nativité

 

Burland bon.jpg« Comète Suprême, la Nativité selon Burland », Eglise Saint François, Lausanne, décembre 2015 - Janvier 2016. Livre « Comète Suprême, La Nativité selon Burland » de Jean-François Ramelet et François Burland, art&fiction, Lausanne, 2015.

Souhaitant faire résonner les textes bibliques par l’intervention d’artistes, Jean François Ramelet - pasteur de l’Esprit Saint Créateur d’une nouvelle association (L’Hospitalité Artistique) - a demandé pour une première exposition l’intervention de François Burland. Aidé du théologien Daniel Marguerat l’artiste a puisé dans les textes sacrés les ferments propices à sa réinterprétation de la Nativité. Il a créé pour l’occasion sept gravures qui placent l’évènement fondateur de la religion chrétienne au sein de l’histoire « entre cosmonautes et zeppelins, humain et divin ». A partir des collages, les élèves du gymnase du Bugnon et leur professeur, le peintre Olivier Saudan, ont gravé sept panneaux en bois qui ont servi de matrice pour les gravures. L’ensemble (imprimé à trois exemplaires) sera présenté dans le chœur de l’Eglise Saint-François jusqu’à la fin du mois de janvier.

Burland 2.pngInfluencé par les fresques de Giotto, Fra Angelico comme par le   « Masacre des Innocents » de Poussin Burland a choisi le collage en découpant des images des grands maîtres afin de les recomposer : des aéronefs planent au milieu des anges et le premier cosmonaute (Youri Gagarine) protège l’enfant Jésus. Les symboles communistes jouxtent Captain America. De telles références - on s’en doute - sembleront à plus d’un intempestives. Burland bon 2.jpgMais c’est le moyen de réactiver non seulement le Nouveau Testament mais de réanimer des œuvres du Moyen-Age occidental. Le divin est relié à terre et les humains s’élèvent vers le ciel. Manière aussi de sacrifier les images naïves de l’évènement à une vision plus coruscante et à la violence sourde adaptée à un monde en bouleversements.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

08:15 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2015

Claire Nicole & Ginette Mathieu : visitations

 

Mathieu.jpgGinette Mathieu  & Claire Nicole, « Refuge », Passage d’encres, Moulin de Quilio, 300 e.., 2015.

 

Dans les dessins de Claire Nicole se découvrent la lumière et l’obscur. Leurs deux théâtres se superposent. Ginette Mathieu y a trouvé un abri proche de celui qu’elle cultive en Ardèche. Et dans l’hymen des mots et des images existent deux inscriptions, deux étendues continentales. Le texte n’est plus tout à fait à l’intérieur de lui-même. Mais il n’est pas pour autant à l’extérieur à lui. Idem pour l’image.

 

En pénétrant l’un, l’autre s’ouvre en un mouvement réciproque. Ginette Mathieu parle dans les images et Claire Nicole dessine - comme souvent - à travers les mots. Il s’agit de lire, de regarder, de respirer et de méditer dans un espace et un temps clos et ouvert. Existent la chair du monde, celle de l’être et leur énigme laissée vacante. Les mots viennent de l’intérieur des dessins : d’où leur abri. Ils n’y pénètrent pas en simple « visiteurs » mais pour les épauler. Ils témoignent du mystère de la création de l’artiste vaudoise comme l'ombre "parle" de la lumière.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

16/11/2015

Le rock et ses exterminateurs

 

 

Bataclan.jpgL'extase métaphysique meurtrière des fous de Dieu sert d’alibi à leur asservissement aux théolochiens (que la gente canine me pardonne) dont toute la lumière est une introduction au néant. Il s’agit pour eux d’écraser l’infâme dont un des avatars majeurs est la musique de Satan. Depuis l’été 2015 les décervelés en leur crapulerie « punitive » avaient décidé de frapper fort là où le rock sévit pour le faire rentrer dans la terre. Ils ne peuvent en effet supporter une musique qui les dépasse : depuis son origine elle répond entre autre à la démence moyenâgeuse. Il fallait donc exterminer ceux qui préfèrent la vie au sommeil de lois divines interprétées par des esprits atrophiés.

 

Bataclan 2.jpgA la cruauté des vidangeurs de l’existence, des machines à briser de l’être de la manière la plus lâche et servile le rock répondra non par la force (ils seraient trop contents) mais par sa liberté. Il écorchera encore longtemps les oreilles et la langue de ceux qui font de leur rhétorique obscurantiste un fatras d’immondices. Certes ils ont dû bien s’amuser au Bataclan en faisant sombrer dans la mort les « impies ». Face à de tels funèbres exterminateurs paranoïaques le Rock restera le grand mécréateur garant de la destruction des croyances le plus éculées en déplaçant musique et langage vers la liberté. L’horreur et la cruauté infligées à ceux qui venaient partager une jouissance ne la jugulera pas. Elle répondra à ceux qui au nom d’une « science de dieu » et de la prétendue « lettre » d'un très antique alphabet aphasique vomissent leur bile par une rate épouvantablement refoulée.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret