gruyeresuisse gruyere

24/11/2022

Sol air  

Tabitha Soren.jpgL'œil bouge dans le noir, palpe son corps et vient lécher ses pensées jusqu'à sa lézarde. A deux, longtemps trop seuls, écoutent battre leur fièvre. Ne plus s'endormir alors, ce n'est plus le moment. Se regarder à travers leur miroir sans tain. Mais si souvent incapables de s'atteindre - elle veut quand il ne veut pas, il peut quand elle ne peut pas. Ses seins fleurissent, éclosent contre son cœur et leur distance crée le temps. Chacun surfe sur l'hypothèse de l'autre. Mais un jour, encore vierge, elle a longuement caressé sa verge de minotaure - une goutte de rosée entre ses lèvres. Ecorné il ne bougea plus et maintenant c'est un vieil homme. Caïn et abeille désormais. Elle se veut femme sans visage, celle d'un récit qui attend que le remps passe. C'est pourtant bien sa tête que l'homme des bois tient sur ses genoux. Elle relie la pluie de la terre au ciel et il la dessine. Hors çà ils auront menti sur presque tout. Sauf le nécessaire.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Tabitha Soren
 

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