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31/10/2022

François Burland : tout va finir par entrer dans le désordre

Burland.jpgFrançois Burland, "Gravures sur papier industriel", Galerie LigneTREIZE, Carouge, 5 novembre au 3 décembre 2022
 
François Burland propose des gravures dystopiques. Elles constituent des reprises et des suites aux planches de "Atomik Logbook" et "Atomic Bazar". L'artiste revisite l'imagerie marxistes ses affiches, ses slogans en les détourant.
 
Ce corpus n'est plus au service de la pseudo révolution bolchévique  mais pour une remise en cause du système capitaliste tel qu'il devient désormais. Existe donc une reprise et un renversement au nom de la situation plutôt catastrophique du monde.
 
La gravure propose une esthétique originale dans ses détournements et récupération. L’anticipation passe par un retour, là où l'un agitateur se sert des vieux pouvoirs et leur manipulation pour provoquer un trouble. Ce qui se laisse voir n'est plus un pur reflet du réel. Une autre réalité se découvre dans l'effondrement de l’apparence d’hier comme d’aujourd’hui
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Violaine Lochu : l'art d'amuser la galerie

Lochu.jpgViolaine Lochu, "MblaHa", Galerie Analix Forever, Chêne-Bourg, novembre 2022

Violaine Lochu a conçu un projet original  pour Analix Forever. Il s'agit d'une réponse en trois parties à la notion de crise artistique : "Manger-parler, Parler, Rire" . Ce sont là des activités qui nécessitent l’action d’organes communs (la bouche, la langue, l’œsophage, le larynx , poumons, ventre, etc.). Existe là une expérience qui enchante tout en confrontant à une nouvelle idée de la performance
 
Pour Manger-Parler Lochu la créatrice a organisé sept dîners à Paris, Genève et Cotonou. Ils réunissaient en espaces privés, artistes, commissaires d’exposition, critiques d’art, galeristes, etc. La retranscription de leurs conversations enregistrées ont servi à la création de sept dessins, véritables cartographies de ces repas, pour montrer le cheminement d’une pensée collective avec ses associations, ruptures, digressions.
 
Lochu 2.jpgPour "Parler", un entretien individuel avec les artistes qui évoquent leur pratique était tenu en amont des repas. Chacun est à l'origine d’une nouvelle sonore qui questionne la notion d’interviewé et intervieweur. "Rire" est une performance et une pièce sonore portant sur le rire accompagnent l’ensemble du projet. Là encore il s'agit de s'interroger sur sa nature : réjouissance, catharsis, moquerie, euphorie, etc... Existe dans les trois cas une parole avec énigmes et maximes dans les glyphes de telles discussions.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Elena Bibolotti : les unes et les autres

mature.jpgElena Bibolotti (aka SadAbe) saisit l’instant où par un érotisme hors de ses gonds les femmes envisagent quelque chose, font face à leurs angoisses ou partagent leur joie, ou simplement désirent vouloir être et veulent leur désir.
 
 
Se laissant faire elles échappent néanmoins à la prise. Les personnages deviennent les maillons d’une chaîne  d’un collier intrigant de perles afin de célébrer l’ampleur et la diversité des émotions humaines. Toutes les inspirations viennent d'un souci de l’érotisme et de la complexité inhérente à sa nature.
 
 
 
mature 2.jpgL'ironie n'empêche pas une certaine élégance dans le dérisoire comme dans le sublime. Se créent une circulation, une germination et une émotion imprévisible. Elle n'est pas celle d'un passage mais le trajet d'un éternel retour. Jouir permet de vivre afin de nier la mort par le jeu. Car l’érotisme est un jeu qui dépasse les autres activités. C’est donc l’aberration capitale, l’égarement sans limite. L’être ne se sent jamais si sublimement humain. L’attention autant à l’autre qu’à lui-même lui permet de vivre ébloui des ivresses que généralement sa pesanteur interdit.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

SadAbe, Mature, Kindle Edi­zioni, 2022, 160 p., 16,00 €..